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3ème Quinzaine du Cinéma Russe à Strasbourg

Du 23 Mars au 05 Avril 2005

Cette Quinzaine a une dimension particulière grâce à la participation du cinéaste connu Piotr Todorovsky qui a réalisé de nombreux films traitant de la Deuxième Guerre Mondiale dans sa dimension humaine, dont le très beau ’Romance du front’ au programme de cette 3ème Quinzaine. Une rencontre avec ce cinéaste qui a participé à la 2nd Guerre et qui a vécu l’aventure de l’occupation nazie et la joie de la victoire, sera intéressante pour les strasbourgeois.

PROGRAMME

Du 23 Mars au 05 Avril 2005 / Les séances :

- Baboussia (Babusya) de Lidia Bobrova avec Nina Choubina, Anna Ovsiannikova, Vladimir Koulakov, Sergueï Anoufriev
Russie/France-2003-1h37-VOST.

Baboussia est une typique grand-mère russe, qui a traversé sans broncher l’histoire de son pays, et élevé seule les générations successives de sa famille. Après avoir vendu sa maison pour distribuer l’argent à ses petits-enfants, elle vit chez sa fille. Lorsque celle-ci tombe malade, son gendre Ivan en profite pour se débarrasser de Baboussia et l’envoie chez sa sœur Anna, qui vit dans un petit village avec son fils alcoolique. Baboussia ne tarde pas à recevoir la nouvelle du décès de sa fille. Puis lorsqu’Anna se casse la jambe, il devient clair que Baboussia doit trouver un autre foyer.

Six ans après "Dans ce pays-là", la réalisatrice L. Bobrova poursuit son exploration de la Russie post-URSS et livre une œuvre touchante, à la fois pittoresque et universelle. Sur les pas de "Baboussia", on découvre une galerie de personnages révélateurs de l’identité russe d’aujourd’hui : les vieux qui s’adaptent tant bien que mal aux derniers soubresauts de l’histoire, les jeunes villageois qui perpétuent les traditions (fantaisie pour l’un, alcoolisme pour l’autre) et, enfin, les "Nouveaux Russes" des villes, qui ont réussi et ne veulent surtout pas se retourner sur le passé. Sans jamais juger ses personnages, L. Bobrova confronte habilement le passé et le présent pour décrypter cette société émergente mieux que bien des reportages.

- Je suis mort dans l’enfance... (Ya umer v detstve...) de Georgiy Paradjanov
Russie/Géorgie-2003-1h00-VOST.

"Je suis mort dans l’enfance...", c’est un film consacré à Serguei Paradjanov, un des plus grands cinéastes du XXème siècle. L’authenticité incontestable de ce film consiste principalement dans sa conception qui revêt un caractère de confession du grand réalisateur. Dans ce film sont présentées des séquences uniques et des photos de la vie de Serguei Paradjanov où il est sur le plateau de tournage, chez lui, en prison. Le commentaire de ce film est un monologue composé de ses lettres, de notes exclusives, d’extraits du scénario de son film inachevé intitulé "La Confession". La scène clef de ce film c’est l’enterrement de la fille du voisin, le seul épisode de "La Confession" que Paradjanov a tourné et dans lequel il a prédit sa mort.

C’est le neveu du cinéaste qui a réalisé ce court (51 minutes) et magnifique hommage. Des extraits de films semblent constamment s’appuyer sur un texte lyrique et triste : les lettres écrites en prison par un Paradjanov désespéré, mais désireux de dénicher, en dépit de tout, la beauté des êtres et des choses dans la stupidité et la brutalité qui l’entourent. Le film se clôt sur cette formule très slave : "Salut à tous ! Au fait, et si Dieu existait".

- Ballade du Soldat (Ballada o soldate) de Gregori Tchoukrai avec Vladimir Ivasev, Zanna Prohorenko, Nicolas Krjuchov
URSS-1959-1h32-NB-VOST.

1941. Aliocha, mobilisé à dix-neuf ans dans les transmissions, a détruit presque malgré lui deux panzers nazis. Proposé pour une décoration, il préfère une permission pour aller embrasser sa mère et réparer le toit de la maison. Il a six jours pour faire le voyage et revenir. Un soldat qui monte au front lui confie deux morceaux de savon à remettre à sa femme. Rencontrant un invalide qui n’ose rentrer chez lui, il l’engage à aller trouver sa femme, puis, dans un wagon de foin où une sentinelle l’a laissé monter, il découvre Choura, qui essaie de rejoindre son fiancé. Parti lui chercher de l’eau, il rate le train, mais la retrouve l’attendant à la gare suivante. Ils vont porter le savon à la femme, mais constatant qu’elle a un amant, c’est au père du soldat qu’ils donnent finalement les morceaux. Puis ils se quittent. Son train est bombardé et Aliocha retardé encore une fois, n’aura, à l’arrivée, que le temps d’embrasser sa mère avant de rejoindre le front d’où il ne reviendra pas.

Dans ce film, dit Tchoukrai, j’ai voulu parler de mes camarades, des hommes de mon âge devenus soldats en sortant de l’école. Renonçant aux scènes de batailles, aux accessoires des films de guerre. J’ai cherché un sujet qui flétrit la guerre. Propos de Gregori Tchoukrai.

- Quand passent les Cigognes (Letiat Jouravly)
de Mikhaïl Kalatozov avec Tatiana Samoïlova, Alexeï Batalov, Vassili Merkouriev
URSS-1957-1h40-NB-VOST.

Moscou 1941. Véronika et Boris regardent passer un vol de cigognes et tardent à se séparer. On apprend bientôt que la guerre est déclarée. Boris, malgré l’avis de ses parents, s’est engagé comme volontaire. Il part précipitamment, Véronika, perdue dans une foule très dense, ne parvient pas à le joindre. Elle n’a pas trouvé la lettre d’amour qu’il avait cachée dans un écureuil empaillé portant un panier de noisettes. Moscou subit maintenant les effets de la guerre. Les parents de Véronika sont tués au cours d’un bombardement. La jeune fille est recueillie par la famille de Boris. Très affectée par la violence d’une attaque aérienne, Véronika se laisse séduire par Mark, un musicien cousin de Boris. Elle l’épouse. Sur le front, Boris est tué. Sa dernière vision est celle de Véronika en robe de mariée. Réfugiée en Sibérie, Véronika aide le père de Boris, médecin-chef d’un hôpital, tandis que son mari mène une vie oisive et débauchée. Après une tentative de suicide, elle trouve la lettre laissée par Boris. C’est la victoire. Les familles attendent l’arrivée des trains qui ramènent les soldats. Après avoir encore espéré contre toute évidence, Véronika offre une à une les fleurs de son bouquet... Des cigognes passent dans le ciel...

Tourbillonnant, échevelé, pathétique et douloureux, "Quand passent les cigognes" est peut-être le film le plus romantique jamais tourné !

- Romance du front de Piotr Todorovski avec Inna Tchourikova, Zinovy Guerdt, Nikolaï Bourliaev
URSS-1983-1h35-VOST.

Le jeune soldat Sacha, tout juste arrivé au front (pendant la deuxième Guerre Mondiale) tombe amoureux de Liouba Antinova, la belle et gaie compagne d’un jeune officier courageux et apprécié. Soucieux de ne pas troubler le couple, Sacha déclare son amour platonique et discret. Plusieurs années plus tard, Sacha rencontre Liouba qui vend des gâteaux sur le trottoir. Il apprend que le jeune officier est mort au combat avant qu’ils aient eu le temps de se marier et qu’elle est seule pour élever leur fille. Sacha est marié à une femme bonne et intelligente qu’il aime et pourtant il n’a jamais oublié Liouba et ne peut la laisser dans la peine.

Premier prix du festival national du cinéma de l’Union soviétique en 1984. Prix de la meilleure actrice (Inna Tchourikova) à Berlin en 1984.

- Je t’aime toi (Ia Lioubliou Tebia) de Olga Stolpovskaya et Dmitry Troitsky avec Damir Badmaeu, Lubov Tolkalina, Evgeny Koryakovski
Russie-2004-1h23-VOST.

Moscou. Le jeune et fringant publicitaire Timofei Pechorin file le parfait amour avec la séduisante présentatrice de télé Vera Kirillova. Un soir, la voiture de Timofei renverse Uloomji, un jeune ouvrier débarqué de sa campagne qui travaille dans un zoo. C’est le coup de foudre ! Malgré la personnalité un peu simple d’Uloomji et leurs différences tant sociales que culturelles, Timofei se découvre homosexuel. Tiraillé entre cette nouvelle passion et la peur de perdre Vera, Timofei fait part de son dilemme à la jeune femme. Commence alors une sorte de ménage à trois qui ne tendrait qu’à s’épanouir si la famille d’Uloomji, révulsée par son homosexualité, ne se mettait de la partie.

"Je t’aime toi" est loin d’être parfait, mais il est d’une fraîcheur totale sur Moscou et ses habitants, loin des clichés slaves. L’esprit des premiers Almodovar traverse le film et son cocktail mélo-comique reflétant l’ivresse de l’époque dans un pays peu stabilisé.

- Bénie soit la femme de Stanislav Govoroukhine avec Alexandre Valuev, Svetlana Khodchenkova, Irina Kupchenko
Russie-2003-1h59-VOST.

Le film se déroule sur vingt ans, de 1935 à la fin des années cinquante : l’arrière-plan historique donne au mélodrame sa dimension dramatique. Tout commence sur la plage la rencontre entre une jeune fille gracieuse et naïve, et un officier de passage, au regard d’aigle. Le héros enlève l’héroïne à sa famille (sa mère et ses deux petits frère et sœur), l’épouse et l’emmène dans sa garnison, loin de tout. Projetée brutalement dans l’univers rude des militaires, soumise à des tâches serviles éprouvantes, le jeune femme affronte l’exil avec un courage héroïque. Les souffrances morales qui l’attendent ne viendront pas à bout de son amour, fait d’humilité et de loyauté. La deuxième Guerre Mondiale, cependant, met une nouvelle fois sa force à l’épreuve : elle doit affronter, seule, les hasards de la vie des réfugiés. Elle y forge sa liberté, alors que son mari voit sa carrière détruite par les intrigues de chefs ambitieux. L’après-guerre les rend l’un à l’autre, et au pays natal de l’héroïne, mais profondément transformés.

Histoire d’un amour réciproque inaltérable, le récit s’attache à souligner l’abnégation féminine face à l’autorité brutale d’un époux qui exige de sa femme qu’elle sacrifie ses rêves de bonheur à sa volonté. Dans son éloge des vertus féminines, le film suggère, par le renversement de situation qu’opère le récit, le passage d’un univers masculin à un univers féminin, la victoire de l’humilité des femmes sur l’orgueil mâle. Elles y apparaissent comme les dépositaires de la continuité et de la fidélité au bonheur.

- Malheur pour l’esprit ou Eisenstein et Meyerkhold : le double portrait dans l’intérieur de l’époque de Galina Evtushenko. 0h52
Le film a quelques sens. Le premier : deux génies qui sont réussis à garder l’humanité et l’esprit, vivent à la folle époque éliminant tout ce qu’est génial. La deuxième et principal sens - c’est l’examen des relations mutuelles de Meyerkhold et Eisenstein comme maître et disciple qui n’était jamais étudiés auparavant. En résultat les spectateurs apprennent beaucoup de faits intéressants sur les relations de deux génies.

- L’Histoire du Grenier (Attic) de Galina Evtushenko avec Yaroslav Boyko, Ekaterina Rednikova, Alexander Porokhovchtchikov. 1h40
L’action du film se passe pendant les jours inquiétants d’octobre 1993 quand le bâtiment du Gouvernement à Moscou était sous le feu. Les héros du film, Sergueï et Lisa rencontrent dans les circonstances étranges. Tout de suite ils sont tombés amoureux si fort qu’ils sont prêts à donner sa vie pour leur amour. Les destins des héros développent parallèlement à l’histoire de la lutte entre le sens et devoir de haute fonctionnaire Fedoulov pendant les jours quand le sens et le devoir des milliers se heurtent...

"Je suis heureux que dans l’une des plus belles capitales de l’Europe - Strasbourg - nous présentions la Troisième Quinzaine du Cinéma Russe. Cette année elle est dédiée à la mémoire de nos parents, qui ont défendu il y a 60 ans la paix contre la peste du nazisme...

Cette Quinzaine a une dimension particulière grâce à la participation du cinéaste connu Piotr Todorovsky qui a réalisé de nombreux films traitant de la Deuxième Guerre Mondiale dans sa dimension humaine, dont le très beau "Romance du front" au programme de cette 3ème Quinzaine. Je pense qu’une rencontre avec ce cinéaste qui a participé à la 2nd Guerre et qui a vécu l’aventure de l’occupation nazie et la joie de la victoire, sera intéressante pour les strasbourgeois.

J’espère qu’une autre rencontre avec la cinéaste Galina Evtushenko sera également intéressante. Elle présentera son film documentaire et l’exposition de photos sur l’œuvre de Meyerhold et Eisenstein et en même temps donnera le "master-class" pour ceux qui s’intéressent professionnellement à l’œuvre de ces hommes d’art célèbres. Mme Evtushenko présentera aussi son film "L’Histoire du grenier" sur les problèmes de la vie de nos jours. / Vladimir Korotkov,
Consul Général de Russie à Strasbourg.

Les Projections-Débats :

- Mardi 22 mars 2005 à 20h40 en présence du réalisateur.

Romance du Front de Piotr Todorovski / URSS-1983-1h35-VOST.

- Vendredi 25 mars 2005 à 18h10 en présence de la réalisatrice

Malheur pour l’esprit ou Eisenstein et Meyerkhold : le double portrait dans l’intérieur de l’époque
de Galina Evtushenko.

- Samedi 26 mars 2005 à 20h00 en présence de la réalisatrice

L’Histoire du Grenier (Attic) de Galina Evtushenko.

Le Festival du cinéma russe
Rencontres cinématographiques d’Alsace
3, rue des Francs Bourgeois
67000 STRASBOURG

Pour vous rendre

En voiture :
- le centre ville de Strasbourg n’est guère accessible en voiture, cependant de nombreux parkings sous-terrains ou à étages sont répartis tout autour du centre (parkings Kléber, Tanneurs, Gutenberg, Opéra-Broglie). Garez-vous dans l’un d’eux et rendez vous à l’Odyssée à pied. Vous pouvez également garer votre véhicule dans l’un des parkings "Relais Tram" (Étoile, Rotonde) et emprunter le tram jusqu’au centre ville.

En train :
- La ligne A du tram direction Étoile/Illkirch Lixenbuhl passe à la gare centrale de Strasbourg. Empruntez le tram jusqu’au centre ville.

En tram :
- empruntez la ligne A du tram en direction de la Place de l’Homme de Fer, descendez à l’arrêt "Langstross - Grand’ Rue" et remontez la rue des Francs-Bourgeois sur 300m environ en direction de la Place Kléber.

© dimanche 20 mars 2005, par Russie.net

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