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Alexandre Soljénitsyne est né le 11 décembre 1918

Écrivain russe, lauréat du Prix Nobel de littérature en 1970. Il né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk, dans le Caucase. Il ne connaît pas son père, mort six mois avant sa naissance.

Soljenitsyne fut élevé par sa mère à Rostov-sur-le-Don. Après des études de mathématiques et de physique à l’université de Rostov, il suivit des cours de philosophie, de littérature et d’histoire à l’Institut de Moscou.

Il fréquente un groupe de jeunes, notamment Natalie Rechetovskaia qui deviendra sa femme en avril 1940. En 1941, Soljenitsyne passe avec brio ses examens de mathématiques et de physiques. Il obtient la "bourse d’étude Staline", mais, à la grande déception de ses professeurs, il décide d’interrompre ses études et accepte un poste d’enseignant dans une école de la petite ville de Morosovsk, au nord de Rostov.

Alors que Soljenitsyne entame une vie d’enseignant classique il est mobilisé en octobre 1941 comme soldat. Il entre dans l’armée où il est décoré à deux reprises. En 1945, après avoir été promu capitaine, Soljenitsyne est arrêté et condamné à huit ans de travaux forcés par suite de l’interception d’une lettre à un ami, dans laquelle il critiquait Staline...

Il a été condamné à huit ans de goulag ; et c’est dans ces camps qu’il va commencer son travail d’écrivain qui est basé sur son expérience des camps.

Après avoir survécu à un cancer il est réhabilité en 1956 avec l’arrivée au pouvoir de Khrouchtchev et sa politique de déstalinisation. Ainsi il commence son premier roman.

En 1962, Khrouchtchev autorisa la parution d’Une journée d’Ivan Denissovith, une description du goulag. Cette publication fit sensation dans le monde entier et valut à son auteur une célébrité immédiate.

Mais à cause de son engagement il est arrêté et expulsé d’URSS. Après s’être exilé en Suisse il part dans le Vermont, aux États-Unis où il continue d’écrire.

En janvier 1988, une revue semi-clandestine soviétique, Vybor, publie sa Lettre aux dirigeants, écrite en 1973. À partir de 1990, dite « année Soljenitsyne », l’écrivain commence à être réhabilité en Union soviétique et son œuvre, interdite et censurée jusqu’alors, est publiée.

Dans le cadre de la Glasnost menée par Mikhaïl Gorbatchev, sa citoyenneté soviétique lui est restituée, et L’Archipel du Goulag est publié en URSS à partir de 1989. Après la dislocation de l’Union soviétique, il rentre via la France en Russie le 27 mai 1994, en arrivant par l’est, à Magadan, jadis grand centre de tri carcéral. Il traverse en un mois son pays en train. Il se rend notamment en compagnie de son ami Boris Mojaïev sur le lieu de l’insurrection paysanne menée par Alexandre Antonov en 1920-1921. Il résidera en Russie jusqu’à sa mort. Jusqu’en 1998, il conserve une activité sociale, anime une émission de télévision, voyage en Russie, rencontre des personnes et d’anciens déportés. La maladie interrompt cette activité.

Soljenitsyne vit ensuite retiré près de Moscou, au milieu de sa famille. Le Fonds Soljenitsyne aide les anciens zeks (prisonniers du goulag) et leurs familles démunies en leur versant des pensions, en payant des médicaments. Après avoir pensé pouvoir jouer un rôle cathartique dans la Russie post-communiste, Soljenitsyne réalise que la nomenklatura a simplement changé d’idéologie, passant du communisme au nationalisme, mais qu’elle s’est maintenue aux affaires et que les démocrates, s’ils veulent convaincre, ne peuvent agir que sur les plans associatif et culturel, le plan politique étant entièrement verrouillé par Boris Eltsine, puis par Vladimir Poutine.

Un colloque international a été consacré à son œuvre en décembre 2003 à Moscou. Le 12 juin 2007, le président Vladimir Poutine rend hommage à Soljenitsyne en lui décernant le prestigieux prix d’État.

L’ancien dissident Viktor Erofeev estima que « c’était vraiment un paradoxe douloureux de voir comment l’ancien prisonnier pouvait sympathiser avec l’ancien officier du KGB ». Malgré plusieurs rencontres privées avec Poutine et des marques de sympathie réciproque, Soljenitsyne accusa la politique impérialiste du président russe d’épuiser à l’extérieur les forces vives de la nation et reprocha à son nationalisme de détourner les Russes des vrais enjeux de leur avenir. Ces positions sur la politique de la Russie sont expliquées dès 1990 dans son essai Comment réaménager notre Russie.

Il meurt à son domicile de Moscou à 89 ans dans la nuit du 3 au 4 août 2008 d’une insuffisance cardiaque aiguë. Il est enterré au cimetière du monastère de Donskoï. Ses funérailles sont retransmises en direct à la télévision russe.

A Moscou, au numéro 12 de la rue Tverskaïa a été posée une plaque commémorative en l’honneur de l’auteur qui a révélé au monde la vérité sur le système concentrationnaire soviétique. Dans cet immeuble se trouve l’appartement, où le 12 février 1974 Alexandre Soljénitsyne fut arrêté pour avoir publié aux éditions Ymca-Press le livre L’Archipel du Goulag.

© dimanche 10 décembre 2017, par Russie.net

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