Russie.net

La communauté russe en France et infos sur la Russie

Accueil > Archives > 2004 > Ballet ’Le Lac des cygnes’ du Théâtre Bolchoï de Moscou à Paris (...)

Ballet ’Le Lac des cygnes’ du Théâtre Bolchoï de Moscou à Paris !

Du 07/01/2004 au 24/01/2004 , Paris-Moscou

En 1969, le Ballet du Théâtre Bolchoï devait présenter, en tournée à Londres, Spartacus, Casse-Noisette et Le Lac des cygnes. Jamais remonté depuis 1956, la Direction artistique du Bolchoï jugea nécessaire de réaliser une nouvelle production du Lac des cygnes. Le ballet souffrait de l’accumulation de différentes versions : une surabondance de détails et une emphase excessive. Iouri Grigorovitch, chorégraphe principal du Bolchoï depuis 1964, fut chargé de remonter le ballet. Soucieux de se rapprocher au plus près de la partition de Tchaikovski, il proposa une relecture complète de l’oeuvre.

Premier programme

Le Lac des cygnes

Argument de Iouri Grigorovitch d’après le sujet de Vladimir Begichev et Vassili Geltzer

Créé le 25 décembre 1969 par le Ballet du Théâtre Bolchoï à Moscou

Nouvelle version le 2 mai 2001

DE L’OEUVRE DE TCHAIKOVSKI AU BALLET DE PETIPA

Lorsqu’en 1875 le Théâtre Bolchoï de Moscou demanda à Tchaikovski d’écrire la partition d’un ballet qui s’inspirerait des légendes nordiques de princesses métamorphosées en cygnes, celui-ci accepta aussitôt même si composer pour la danse n’était pas considéré, dans le milieu musical, comme un travail sérieux. Des compositeurs de musiques de ballets qui l’avaient précédé (Adolphe Adam, créateur de Giselle en 1841 et Léo Delibes, auteur de Coppélia en 1870), Tchaikovski retint l’idée d’attribuer aux personnages principaux des thèmes mélodiques qui reviendraient et se développeraient à chacune de leurs apparitions (leitmotiv), et le souci d’une composition globale homogène à caractère symphonique. La création du Lac des cygnes eut lieu à Moscou en 1877... et fut un échec, en raison d’une mise en scène et d’une chorégraphie - de Wenzel Reisinger - jugées médiocres par la critique. Il fallut attendre la reprise du Lac à Saint-Pétersbourg, dans une production de Marius Petipa et Lev Ivanov, pour que la partition de Tchaikovski soit enfin mise en valeur. C’était en 1895 : gloire posthume pour le compositeur, mort deux ans plus tôt.

DE PETIPA A GRIGOROVITCH

En 1969, le Ballet du Théâtre Bolchoï devait présenter, en tournée à Londres, Spartacus, Casse-Noisette et Le Lac des cygnes. Jamais remonté depuis 1956, la Direction artistique du Bolchoï jugea nécessaire de réaliser une nouvelle production du Lac des cygnes. Le ballet souffrait de l’accumulation de différentes versions : une surabondance de détails et une emphase excessive. Iouri Grigorovitch, chorégraphe principal du Bolchoï depuis 1964, fut chargé de remonter le ballet. Soucieux de se rapprocher au plus près de la partition de Tchaikovski, il proposa une relecture complète de l’oeuvre. Conformément aux indications du compositeur, son Lac des cygnes se terminait sur une note tragique ; le héros principal était le Prince Siegfried ; et le ballet était conçu comme un drame lyrico-psychologique. Cependant, la nouvelle production déplut au Ministère de la culture et ce fut l’ancienne version qui fut présentée à Londres. La même année, Grigorovitch apporta quelques corrections à son Lac. Il supprima notamment le finale tragique mais parvint à conserver l’esprit de la création. La première eut lieu le 25 décembre 1969 avec - dans les principaux rôles - Natalia Bessmertnova, Nikolaï Fadeyechev et Boris Akimov. Son unité dramatique et les innovations chorégraphiques - fidèles à la musique et aux idées du compositeur - furent à l’origine du succès de l’oeuvre (qui devait rester au répertoire du Théâtre Bolchoï jusqu’en 1997). Dans la version qu’il remonte au Bolchoï en 2001, Grigorovitch réinsère les passages chorégraphiques et le finale qu’il avait dû supprimer en 1969. Cette version, qui est présentée à l’Opéra de Paris, est conforme au voeu de Tchaikovski : un poème lyrique au contenu philosophique.

LE LAC DES CYGNES DE IOURI GRIGOROVITCH

« Ma version du Lac des cygnes a d’abord été créée au Théâtre Bolchoï de Moscou en 1969. J’ai dû, par la suite, la remonter à plusieurs reprises - en Russie et à l’étranger - en jugeant nécessaire de la rendre, à chaque fois, un peu plus précise et parfaite, mais rien de plus : les principes de base sont restés inchangés. L’un de mes principaux soucis, pour le nouveau livret, était de faire glisser Le Lac des cygnes du conte de fées vers un drame romantique. J’ai gardé la structure, en quatre scènes, de la partition de Tchaikovski. Mon ballet alterne monde réel et monde fantastique. Ces mondes ne sont pas cloisonnés : ils se fondent l’un dans l’autre, comme cela se produit dans l’esprit du Prince. Le ballet comporte, dans la mesure du possible, les meilleurs passages chorégraphiques de mes prédécesseurs - Marius Petipa, Lev Ivanov et Alexandre Gorski. J’ai retravaillé la scène 1, sauf le pas de trois de Gorski (où j’ai cependant inséré une variation pour le Prince). La scène 2 reprend les chorégraphies des trois auteurs : l’entrée et la valse, l’adage du Prince et d’Odette, la variation des quatre cygnes et la coda des cygnes sont de Ivanov ; la variation des trois cygnes est de Gorski ; tous les passages chorégraphiques du Prince et du Mauvais Génie sont de moi-même. La scène 3 a été retravaillée. J’ai cependant gardé le célèbre pas de deux du Prince et d’Odile de Marius Petipa. La chorégraphie de la dernière scène et le nouveau finale sont également mes compositions. Plusieurs autres caractéristiques propres au ballet ne sont pas insignifiantes. Le Mauvais Génie a subi un changement radical : il est passé d’un personnage de conte de fées à la personnification du destin. Il attire Siegfried vers un monde merveilleux et lointain. Il lui fait croire en un ailleurs idéal et le conduit finalement à un dénouement tragique et au désespoir. Le rôle du Prince a été également considérablement étoffé : c’est désormais un véritable héros de ballet. »

Iouri Grigorovitch

La juxtaposition du rêve et de la réalité s’incarne en sourdine dans la production de Grigorovitch. Le conflit est passé du monde extérieur au monde intérieur : le Prince Siegfried aspire à un amour pur et idéal, mais reste attiré par les tentations terrestres. Grigorovitch a également retravaillé le personnage de Rothbart. Véritable Mauvais Génie, il représente le destin, le sort du héros et, peut-être aussi, la partie sombre de son âme. Cette extension des rôles masculins ne réduit en rien l’importance des rôles féminins. Odette et Odile sont présentées comme les différentes facettes de la femme.

ARGUMENT

PREMIER ACTE

Scène 1

Dans un vieux château allemand, on fête la majorité du Prince Siegfried. Félicité par sa mère, ses amis et les courtisans, Siegfried est fait chevalier au cours de la cérémonie. A compter de ce jour, le sens du devoir et le courage deviennent ses principes de vie. Pendant la réception, les jeunes filles de son âge essaient d’attirer son attention, mais Siegfried - submergé par de toutes autres émotions - rêve d’un amour pur et idéal. Les festivités s’achèvent, les invités s’en vont, laissant le Prince seul avec ses pensées. La nuit tombe. Siegfried sent la présence d’une ombre à ses côtés, comme si une force mystérieuse l’appelait : c’est le Mauvais Génie - ou le Destin lui-même - venu révéler de troublants secrets au Prince. En dépit d’un angoissant pressentiment, Siegfried - soumis à la puissante attraction de son compagnon invisible - s’abandonne au monde idéal de ses rêves.

Scène 2

Siegfried se retrouve sur les bords d’un lac mystérieux. Dans les reflets du clair de lune sur l’eau, des apparitions magiques de femmes-cygnes se dressent devant lui. Siegfried aperçoit Odette, la plus belle d’entre elles : il reste subjugué par sa beauté. Ayant enfin trouvé son idéal d’amour romantique, il jure à Odette qu’il l’aimera toujours et lui sera fidèle.

DEUXIEME ACTE

Scène 3

Les futures fiancées arrivent au château. Siegfried doit choisir une épouse parmi elles mais ne pense qu’à Odette et à leur rencontre. Aucune ne pouvant rivaliser avec son idéal, c’est avec détachement qu’il danse avec les jeunes filles, issues de l’aristocratie. Un mystérieux chevalier, accompagné d’une ravissante jeune fille et d’un cortège de cygnes noirs, arrive soudain au bal. C’est le Mauvais Génie et Odile, le double d’Odette. Frappé par leur ressemblance, Siegfried se précipite vers Odile. Le Mauvais Génie met les sentiments du Prince à l’épreuve. Enchanté par la perfide Odile, qui parvient à lui ôter tous ses doutes, Siegfried lui annonce que c’est elle qu’il veut épouser. La salle du trône est alors brusquement plongée dans l’obscurité et la belle Odette apparaît. Siegfried comprend alors que le Mauvais Génie l’a trompé. Tout en espérant se racheter de sa trahison, il poursuit, désespéré, l’image du cygne blanc qui s’éloigne.

Scène 4

La nuit. Une profonde obscurité recouvre le lac. Odette apporte la nouvelle : le Prince a rompu ses voeux de fidélité. Profondément troublé, Siegfried se précipite vers Odette en la suppliant de lui pardonner. Odette pardonne au jeune homme mais n’est plus maîtresse de son propre destin. Le Mauvais Génie provoque une tempête qui disperse les deux amoureux, rendant leur réunion impossible. Affaibli par son combat avec le Mauvais Génie, Siegfried tente en vain de retenir l’image fuyante du cygne. Au lever du jour, il se retrouve seul, sur la rive déserte du lac de ses rêves.

DECORS ET COSTUMES

« Le travail de Virsaladzé se caractérise par sa propre « symphonie de couleurs », dans laquelle on trouve peu de couleurs primaires et maintes nuances. Le grand talent de Virsaladzé réside dans le fait qu’il pensait en véritable catégories musicales et chorégraphiques. Virsaladzé a réalisé de magnifiques décors pour l’opéra, le théâtre et le cinéma. Mais sa principale tâche a été de se consacrer au ballet pour lequel il a travaillé avec différents chorégraphes. Et son travail demeure comme un exemple et une source d’inspiration pour les nouvelles générations de décorateurs de ballets ».

Iouri Grigorovitch, chorégraphie

Né en 1927, il est élève d’Alexander Chiriaev à l’Ecole de danse de Leningrad. Il entre au Ballet du Kirov en 1946 et révèle très tôt son talent pour la chorégraphie : il a 19 ans lorsqu’il compose La Petite cigogne, son premier ballet en trois actes. Il crée ensuite La Fleur de pierre (1957) et La Légende d’amour (1961). Premier danseur de caractère durant dix ans, il est nommé maître de ballet du Kirov en 1962. Deux années plus tard, il devient directeur artistique et chorégraphe principal du Bolchoï, poste qu’il occupe durant plus de trente ans, jusqu’en 1995. Novateur, bravant le dogme officiel du réalisme socialiste, il s’éloigne du « Drambalet » pour s’inspirer de grandes partitions (Aram Khatchatourian, Serguei Prokofiev, Dimitri Chostakovitch). Il reprend la plupart des oeuvres du répertoire (La Belle au bois dormant, 1965 ; Casse-Noisette, 1966 ; Le Lac des cygnes, 1969), s’attache à souligner les situations et la psychologie des personnages, développe l’expressivité de la technique masculine et introduit les effets de style « à la russe » dans la pantomime et la danse de caractère. Ses créations, portées par un souffle épique, mettent en scène des héros déchirés entre passion amoureuse et destin politique (Spartacus, 1968 ; Ivan le Terrible, 1975 ; Angara, 1978, L’Age d’or, 1982). « Je suis pour les ballets bâtis sur un argument concret, mettant en scène des héros aux passions fortes et aux caractères complexes, pour un théâtre dansé où les sentiments sont grands, les heurts violents, l’action énergique ». Iouri Grigorovitch fut accompagné durant son mandat au Bolchoï par des interprètes d’exception, notamment Natalia Bessmertnova, Ekaterina Maximova, Vladimir Vassiliev et Mikhaïl Lavrovski.

A l’Opéra National de Paris : Entrée au répertoire de Ivan le Terrible (1976) ; création de Roméo et Juliette (1978), adapté à Moscou en 1979.

PALAIS GARNIER
Place de l’Opéra
75009 PARIS
Tél. 08 36 69 78 68

Premier programme :

- Janvier 2004 : 7, 8, 9, 10, 11 (matinée)

Deuxième programme :

- Janvier 2004 : 15, 16, 17, 18 (matinée)

Troisième programme :

- Janvier 2004 : 21, 22, 23, 24

Spectacle à 19h30, sauf les matinées à 14h30

Du 07/01/2004 Au 24/01/2004 :
- de 19:30 à 22:30
- le mercredi, jeudi, vendredi, samedi.

Tarifs d’entrée : Tarif en prévente (plein tarif) : 81,8€
Tarif en prévente (demi tarif) : 75,8 €.

© dimanche 4 janvier 2004, par Russie.net

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document