Russie.net

La communauté russe en France et infos sur la Russie

Accueil > Archives > 2006 > ’Du Malheur d’avoir de l’esprit’ de Alexandre Griboïedov

’Du Malheur d’avoir de l’esprit’ de Alexandre Griboïedov

Du 10 mai au 10 juin 2007

Un matin d’hiver, Tchatski revient à Moscou après trois années d’absence. Il est accueilli froidement. Le soir du même jour, au cours d’un bal chez Famousov, Tchatski retrouve le tout-Moscou. Il est alors fermement résolu à passer à l’attaque...

Mise en scène Jean-Louis Benoit
En création
Grand Théâtre
Du 10 mai au 10 juin 2007
Tarif de 10 à 21 €
Ouverture des locations aux non abonnés : 01/09/2006

- Mise en scène › Jean-Louis Benoit
- Traduction › André Markowicz
- Décors › Alain Chambon
- Lumières › Joël Hourbeigt
- Costumes › Alain Chambon et Marie Sartoux
- Maquillages et perruques › Cécile Kretschmar

Avec Philippe Torreton, Roland Bertin, Ninon Brétécher, Chloé Rejon, Jean-Marie Frin, Jean-Paul Farré, François Cottrelle, Martine Bertrand, Louis Merino, Louis-Do De Lencquesaing, (distribution en cours) :

- Sofia : « Où sommes-nous le mieux ? »
- Tchatski : « Où nous ne sommes pas. »

Un matin d’hiver, Tchatski revient à Moscou après trois années d’absence (« Je voulais faire un tour du monde »), brûlant de retrouver Sofia, une amie d’enfance, fille d’un haut fonctionnaire, Famousov. Il est accueilli froidement. Avec l’impatience - et la naïveté - des amoureux, il doute encore de son malheur et veut aussitôt savoir la vérité : Sofia aime-t-elle un rival ? Le spectateur, lui, sait qui est aimé. Le soir du même jour, au cours d’un bal chez Famousov, Tchatski retrouve le tout-Moscou. Il est alors fermement résolu à passer à l’attaque...

Nous ne connaissons pas Griboïedov. Homme d’une seule œuvre, il est cependant l’auteur de la première pièce moderne du théâtre russe : pour la première fois, dans une langue « parlée », en vers libres rimés, il affiche son dédain pour les types traditionnels conçus a priori, pour créer des types universels observés dans la vie et l’actualité même de son temps. Griboïedov « lance » le théâtre réaliste russe sans lequel Gogol, Ostrovsky et Tchekhov n’auraient vu le jour.
Le vrai intérêt de Du Malheur d’avoir de l’esprit tourne autour du personnage de Tchatski (ce nom connote en russe les fumées du rêve), qui, vaincu au sein d’une société de médiocres, passe pour fou et se voit contraint de fuir là où personne n’ira plus le chercher.
Jean-Louis Benoit

Production :
- Théâtre National de Marseille La Criée en coproduction avec le Théâtre National de Chaillot

Création :
- 9 mars 2007 au Théâtre National de Chaillot
Tournée
- Lyon, Théâtre des Célestins du 12 au 22 avril 2007

Nice, Théâtre national de Nice du 2 au 4 mai 2007
Texte publié aux Editions Babel Actes Sud en mars 2007

Grand Théâtre
30 quai de Rive Neuve
13284 Marseille 07

Réservez comme il vous plaît :
- Directement au Théâtre de La Criée ou
- Par téléphone au 04 91 54 70 54 de 12 H à 18 H, du mardi au samedi.


Alexandre Griboïedov

Griboïedov est né à Moscou, en 1794. Ses parents appartenaient à cette noblesse ancienne qui compte ses
aïeux, pratique assidûment l’arrivisme à grand renfort de relations mondaines et s’enferme dans sa caste. Rien n’est négligé pour l’éducation d’Alexandre : précepteurs, universités de Moscou, il apprend le latin, les langues étrangères, le droit, les mathématiques. Griboïedov fut l’un des hommes les plus cultivés de son temps.
La guerre de 1812 lui donna l’occasion de s’échapper du joug familial. Il s’engagea dans un régiment de hussards, fut attaché à l’état-major d’un général. La chute de Napoléon, l’occupation de Paris par les troupes russes contribuèrent à l’émancipation intellectuelle et morale
d’une jeunesse « éclairée » où devaient se recruter les futurs conjurés de décembre 1825 (les « décem-bristes
 »). Griboïedov ressentit vivement ce bouillonnement des esprits. En 1815, il remit sa démission, puis passa au service civil, comme traducteur aux Affaires étrangères où il rencontra Pouchkine. Dandy, il mène alors une vie de dissipation tapageuse : il participe activement à la vie
littéraire de la capitale, fréquente les salons, les mécènes, les clubs aris-tocratiques. Les discussions sont
vives dans ces milieux à la fois conservateurs et libéraux où l’on professe toujours un vif patriotisme littéraire.
D’un sérieux précoce, sous des dehors amusés, nerveux et dominateur, Griboïedov menait une vie bruyante dont il percevait toute la vanité : raillerie agressive, timidité
jointe à la causticité, mécontentement des autres et de soi-même, bref tous les traits que nous retrouverons
chez Tchatski. Pouchkine (qui semble l’avoir peu aimé) le trouve « déjà aigri » à 23 ans. En 1817, à la suite d’un duel à quatre où l’un des partenaires trouva la mort, Griboïedov fut contraint de « s’éloigner » : il dut accepter l’offre que lui fit un chargé d’affaires en Perse de le prendre comme secrétaire de mission diplomatique. Ainsi commença une carrière qu’il n’avait ni recherchée, ni désirée, et qui devait être brillante. La Russie menait alors à la fois une guerre d’usure contre les tribus insoumises du Caucase et une lutte d’influence en Perse, où la France puis l’Angleterre s’efforçaient de provoquer
la résistance au Tsar. Griboïedov s’acquitta avec bonheur de missions difficiles, s’initia au turc et au persan, partageant une vie fatigante entre Tiflis, Erivan, Tabriz...L’exil en Perse lui pèse et dès qu’il le peut, il s’échappe : il séjourne alors à Tiflis où il travaille à sa comédie. En 1825, sa carrière faillit être brisée
par la mutinerie des décembristes. Sa participation au complot était peu probable, mais il connaissait nombre
de conjurés : il fut ramené sous escorte à Saint-Pétersbourg aux fins d’enquête. Les appuis ne lui manquèrent pas. Un non-lieu définitif fut rendu en 1826 et il repartit pour Tiflis. Désormais, Griboïedov joue un rôle
de premier plan dans les relations entre la Russie et la Perse. Il est nommé ministre plénipotentiaire. Il avait pourtant perdu l’enthousiasme, agité, dit-on, de sombres pressentiments, tant il avait conscience de la
haine des Persans ulcérés. Quelques mois après son mariage à Tiflis avec la jeune princesse géorgienne Nina
Tchavtchavadzé, il s’achemina vers Téhéran où il avait la mission ingrate de réclamer l’indemnité de guerre et d’exiger le rapatriement des prisonniers. On ne lui pardonnera pas son intransigeance : le 30 janvier 1829 une foule surexcitée se rua sur l’ambassade, massacra les russes, s’acharna sur les cadavres. Griboïedov
fut décapité. On ne put reconnaître son corps qu’à une mutilation qu’il avait à la main à la suite d’un
duel. Griboïedov reste l’homme d’une seule oeuvre. Il a donné diverses lectures de sa comédie, au moins huit,
peut-être plus, presque toujours avec un immense succès. Il est très décontenancé par le refus de la censure
que son assurance maladroite a indisposée.
La première édition officielle russe date de 1833 : elle comporte d’importantes mutilations et coupures. La deuxième édition suivit en 1839. La première édition intégrale parut en Allemagne en 1858. La première
représentation officielle, montée sur scène publique par des professionnels eut lieu à Saint-Pétersbourg en
1831, puis, quelques mois plus tard, à Moscou. En 1927, Meyerhold créa la pièce sous le titre Malheur à l’esprit !. Il la reprendra sous le titre Le Malheur
d’avoir trop d’espriten 1935. Stanislavski interpréta longtemps le personnage de Famousov.

© mercredi 5 juillet 2006, par Russie.net

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document