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Exposition "Michonze, peintre de l’étrange"

Du samedi 7 juin 2003 au dimanche 31 août 2003 - Gratuit

La ville de Monluçon rend hommage à Grégoire Michonze, peintre de l’école de Paris. D’origine russe, il rencontre Max Ernst dés son arrivée à Paris en 1922, et est introduit dans le mouvement surréaliste. Prisonnier prés d’un camp de détention de prisonniers russes, pendant la Deuxième Guerre mondiale, il n’oubliera jamais leur souffrance qui hantera ses œuvres.
Se réclamant de Jérôme Bosch et de Pieter Bruegel, Grégoire Michonze crée des œuvres dont le décalage, extrêmement simple, nous fait paraître étrange, le sujet le plus familier.

Voilà cent ans naissait Grégoire Michonze, peintre de l’école de Paris. Cet artiste hyperréaliste dépeint un monde de peine, laborieux, stupéfait, où les visages tendus d’effroi ou résignés paraissent gémir sans raison. Une subjectivité délibérée pour mettre en évidence la profondeur de la solitude à laquelle l’homme est soumis.

CHATEAU DES DUCS DE BOURBON
Cité Médiévale Cité Médiévale Cité Médiévale
03100 MONTLUCON

Du 07/06/2003 Au 31/08/2003 :

- de 14:00 à 18:00
- le Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche
- Gratuit !

BIOGRAPHIE :

1902, 22 mars : naissance de Grégoire MICHONZE de son vrai nom MICHONZNIC, en Russie à Kichineff (Bessarabie). Aîné 5 enfants. Son père tient un commerce de tissus. Sa mère appartient à une famille de rabbins.

1919-1920 Études à l’École des Beaux-Arts de sa ville natale. L’exécution d’icônes lui donne l’occasion de s’initier à la technique de la peinture à l’oeuf.

1921 La Bessarabie ayant été annexée par la Roumanie en 1918, Michonze poursuit ses études à l’ Académie de Peinture de Bucarest. Travaille comme assistant-décorateur au Théâtre National. Se lie avec Victor Brauner.

1922 Décide de vivre à Paris. S’embarque pour Marseille, via Istambul et la Grèce dont les paysages marquent fortement sa peinture.
A Paris, survit grâce à des travaux de fortune. Fait la connaissance de Max Ernst dans une fabrique où ils décorent des Articles de Paris en galalithe. Suit les cours de l’École des Beaux-Arts.

1924 Max Ernst l’introduit auprès des Surréalistes : Breton, Éluard, Tanguy, Aragon, Masson et d’autres.
Se lie d’amitié avec Soutine avec lequel il se sent de profondes affinités.

1927-1930 Peint des natures mortes et des compositions surréalistes. Commence à signer du nom de MICHONZE. En 1928, rencontre Henry Miller : c’est le début d’une très longue amitié. Se lie avec Desnos, Artaud, Max Jacob et Iliazd. Participe à la création de la revue "Discontinuité" de Claude Sernet et fréquente les artistes et poètes roumains (Brassaï, Benjamin Fondane, Ilarie Voronca et Tzara qu’il a connu auparavant). Illustre certains de leurs textes, notamment dans la revue "UNU". S’éloigne du surréalisme pour suivre sa voie personnelle.

1931-1932 S’installe à Cagnes-sur-Mer puis à Saint-Paul-de-Vence où il fréquente la colonie d’artistes et écrivains qui gravitent autour de Abraham Lincoln Gillespie. Expose pour la première fois dans son atelier d’Antibes.

1934 -1936 Expose annuellement au Salon des Surindépendants. Peint des compositions très fouillées - certaines de grandes dimensions - qui l’ inciteront plus tard à qualifier son art de Naturalisme surréel.

1937-1938 Séjourne aux États-Unis dans le Massachussets et à New York. A son retour, rencontre une jeune artiste écossaise, Una Maclean, qui devient plus tard sa femme et dont il aura deux enfants, Anna et Patrick.

1940-1942 S’engage dans l’artillerie française. Fait prisonnier, il est transféré en décembre 1940 au Stalag XC, en Allemagne près de Brême, à proximité d’un camp de prisonniers russes. Il en témoigne par des dessins hallucinants dont certains servent de base à des peintures. Libéré à la fin de l’année 1942 il rentre à Paris.

1943 Peint de nombreuses natures mortes et des portraits dans son atelier de la rue de Seine.

1946 C’est seulement à cette date qu’il apprend que si sa mère vit encore, son père est mort en déportation et deux de ses frères ont disparu.
Première exposition personnelle à Londres (Arcade Gallery).

1947 Choisit la nationalité française. Expose à la Mayor Gallery de Londres.

1948 Séjour en Angleterre et en Écosse. Expose à l’Institut français d’Edimbourg et à Glasgow (Mc Clure Galleries).
Peint "Les Rêveurs", grande composition où figurent, parmi sa faune habituelle, les effigies de Baudelaire, Nietzche, Max Ernst, André Breton, Picasso et le collectionneur Alexander Margulies qui lui avait commandé la toile.
Décembre : mort de Francis Gruber, auquel il s’était lié avant la guerre.

1949 Le Fonds National d’Art Contemporain acquiert sa toile "La Moisson".

1951 S’initie à la gravure auprès de William Hayter. Peint de grandes toiles à l’oeuf, parallèlement à des petits formats très fouillés.

1953 Première exposition parisienne, "Chez Mayo", dans l’atelier de ce dernier, rue de Seine. Séjour en Espagne.

1954 Voyage en Israël où il retrouve sa mère après 32 ans de séparation.

1955-1956 Séjour à Londres, puis à Genêts (Manche) chez le critique Waldemar George.

1957-1959 Commence une série de fusains de facture très libre. Expose à Londres (Adams Gallery). Henry Miller préface le catalogue. Séjourne dans les Cévennes où il dessine des paysages et peint les enfants des villages. Fait la connaissance d’Abel Rambert qui devient son marchand attitré.

1960-1961 Reçoit le Prix américain "William et Noma Copley" . Peint des grandes compositions à l’essence minérale sur toile absorbante, à l’aspect très mat comme la fresque, de facture plus libre.
Voit souvent ses amis peintres Dimier, Domec et Baskine, autres franc-tireurs comme lui.

1964 Participe à l’exposition surréaliste organisée par Patrick Waldberg à la Galerie Charpentier. Le fond National d’ Art Contemporain acquiert la toile, "On joue la Rouge".

1965-1966 Second séjour en Israël. Mort de sa mère. Peint des paysages et des enfants en Dordogne. Voyage à Amsterdam en compagnie de Patrick Waldberg dont le récit, Au Pays de Grégoire Michonze, vient de paraître dans la revue Le Mercure de France.

1967 Acquisition d’un ancien moulin à eau en Champagne, près de Troyes, où il se fait construire un vaste atelier. y séjourne désormais plusieurs mois par an.

1969 Est victime de deux crises cardiaques dans l’année. Durant les périodes où il ne peint pas, il modèle des petites têtes et des personnages en terre cuite, dont certains font l’objet d’une édition en bronze.

1970 Voyage à Rome et à Venise où il peint sur le motif.

1971 Exposition de groupe au petit Palais à Genève. Expose à la Buckingham Gallery à Londres. Pendant son séjour, peint une série de toiles de grandes dimensions. Sa technique mate à l’essence à briquet se généralise et sa palette s’éclaircit.

1972 Exécute au fusain des dessins grandeur nature souvent réhaussés de pastel, d’ après modèle dans son atelier champenois.

1974 Se remet à la gravure au Moulin, où il s’est fait installer une presse. Exécute ses tirages lui-même. Expose à Tel Aviv à la galerie Givon.

1977 Séjour en Israël. Maladie et mort de sa femme à Troyes.

1978 Exposition rétrospective à Troyes au Centre Culturel Thibault de Champagne, organisée par Dominique Daguet.

1979 Exposition de grands fusains et pastels au Centre Culturel Thibaud de Champagne à Troyes.

1982 Travaille, en Israël et au Moulin, à des gouaches qu’il compte exposer. 29 décembre : meurt d’une crise cardiaque dans son atelier de la rue de Seine à Paris.

1985 Le Musée d’ Art Moderne de Troyes lui consacre une importante rétrospective.

1997 Exposition Galerie Francis Barlier, Paris.

© mardi 5 août 2003, par Russie.net

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