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Exposition russe ’Sur les pas de DERSOU OUZALA’

Du 02/12/2002 au 31/12/2002

L’exposition ’Sur les traces de Dersou Ouzala’ est dédiée aux Nanaïs, peuple intallé entre l’Oussouri et l’Amour, en Russie. Elle se compose de photographies ethnographiques russes, prises au temps de Dersou Ouzala, d’images du Krai de Khabarovsk actuel et de portraits de Nanaïs ainsi que d’oeuvres réalisées par une des petites nièces de Dersou, Victoria Passar !

L’Extrême-Orient

L’Extrême-Orient du continent fut découvert par les Russes à la faveur des relations russo-chinoises naissantes. A partir du XVIIe siècle, les expéditions se succèderont pour l’ouverture de ces territoires à la colonisation. Les Cosaques, peuple libre né pour l’aventure, s’y installeront les premiers et leur chef, Iérofeï Khabarov, donnera son nom à la capitale Khabarovsk et à la province. Au XVIIIe s., le navigateur français La Pérouse viendra mouiller sur ses côtes avec des botanistes et géographes qui observeront le permafrost.

Le fleuve Amour

Amour signifie boueux en bouriate, en chinois il est le Hellong jiang ou "fleuve du Dragon noir". Il sépare la Russie (Sibérie) de la Chine du Nord-est (Mandchourie) sur la majeure partie de son cours qui s’étire sur plus de quatre mille kilomètres. En dépit de plusieurs mois de gel, l’Amour est l’épine dorsale de la région. Il coule sur une terre aux climats contrastés, associant faune et flore nordique et quasi-tropicale.

Les peuples

Cosaques, fonctionnaires, colons et religieux divers, forts de leur légitimité s’installent. Ils rencontrent des peuples autochtones, Goldes ou Nanaï, Oultches et d’autres encore. Ils sont apparentés aux Mongols, parlent une langue qui leur est propre, pratiquent le chamanisme et vivent en parfaite symbiose avec leur terre.

Parmi les explorateurs de l’Extrême-Orient sibérien, le capitaine Vladimir Arséniev nous est mieux connu, grâce à son long compagnonnage avec Dersou Ouzala qui lui a ouvert la région qu’il devait explorer et donné une autre lecture du terrain qu’il était chargé de cartographier. Ses récits ont donné à rêver à tous les aventuriers en herbe de Russie.

Le temps a passé et après celui des tsars qui imposent la religion orthodoxe, le pouvoir soviétique cherche à unifier tous les peuples vivant sur son immense territoire sous une même bannière en éradiquant l’économie traditionnelle. Cette transformation est aujourd’hui accomplie. Ces minorités ethniques sont considérées en voie d’extinction par l’Unesco.
Et ils sont en passe de perdre aussi leur langue. L’assimilation a largement dilué l’identité culturelle des autochtones qui essaient de se reconstituer des racines, ce dont témoignent les collages en écorce de bouleau de Victoria Passar.

SUR LES PAS DE DERSOU OUZALA

Vaste territoire méconnu, la Sibérie d’Extrême-Orient invite à l’exploration. Ses richesses encore inexploitées en font la jumelle du Far West américain.
Depuis le début du XVIIe siècle, les expéditions se succèdent pour l’ouverture de ces territoires à la colonisation. Conquise d’abord par les Cosaques, peuple libre, né pour l’aventure, dont le chef, Ierofeï Khabarov, donnera son nom à la capitale Khabarovsk et à la province. Au XVIIIe s., le navigateur français La Pérouse viendra mouiller sur ses côtes. Vers la fin du XIXe siècles, les autorités mandatent le Capitaine Vladimir Arséniev pour cartographier ces terres inconnues.
Seules l’estime et l’amitié réciproques qui lient Dersou Ouzala, le guide Nanaï, et le capitaine venu de Saint-Pétersbourg permettront à ce dernier de pénétrer dans ce monde chamanique où l’homme et la nature parlent la même langue. Vladimir Arséniev est mort en 1930, les récits de ses expéditions et de ses chasses ont fait rêver une jeunesse avide d’aventures au Far East.
Le film de Akira Kurosawa Dersou Ouzala tiré du récit d’Arséniev, nous a, le premier, révélé les paysages de la taïga, ses extrêmes climatiques, et les Nanaï, peuple installé entre l’Oussouri et l’Amour. L’exposition « Sur les traces de Dersou Ouzala » leur est dédiée.
Elle se compose de photographies ethnographiques russes, prises au temps de Dersou par un naturaliste, Soldatov, appartenant à la collection de photographie de l’Union russe des photographes d’Art, d’images du Krai de Khabarovsk actuel et de portraits de Nanaïs par Andrei Baskakov, Nikolaï Bobrov, Igor Olkhovski et Dimitri Verkholat, ainsi que d’oeuvres réalisées par une des petites nièces de Dersou, Victoria Passar.

Les images

Cette exposition retrace un peu de l’histoire de ces minorités à travers le regard des autres : celui d’Arséniev l’explorateur et Dersou ; Soldatov, le naturaliste et les Goldes ; Bobrov, le photographe optimiste et satisfait présentant les images idylliques d’une perte d’identité. Verholat, Bourassovski, Baskakov et Olhovski, chacun à sa manière nous parlent de cette région des confins et du fleuve qui l’irrigue.

LES PHOTOGRAPHES

Vladimir Konstantinovitch SOLDATOV (1875 Verkholensk, région d’Irkoutsk - 1941 Moscou).

Parcourant les mêmes contrées quelques années après Arséniev - vers les années 1910, Soldatov, auteur des photographies anciennes qui sont ici présentées, nous ne savons presque rien sinon qu’il fut ichtyologue, chargé d’étudier les esturgeons du bassin de l’Amour et qu’il fait carrière dans l’enseignement de la pêche industrielle. Mais les images d’amateur qu’il nous a laissées laissent deviner le portrait en creux du photographe : elle parlent d’un homme libre de préjugés, séduit par la simplicité et l’astuce des habitants, et fasciné par le fleuve au calme trompeur.


Sergeï BOURASSOVSKI

Sergeï BOURASSOVSKI est né en 1946 à Léningrad.
Géodésiste de formation et de profession, Sergeï Bourassovski travaille dans cette spécialité dans la région de Kolyma, en Yakoutie, en Tchoukotka, sur la presqu’île de Kola et sur les îles de l’Océan glacial, en 1999 il reçoit le titre de travailleur distingué de géodésie et de cartographie de Russie, et l’année suivante Explorateur polaire d’honneur. Commence à s’intéresser à la photographie en 1974 et en 1990, il est élu secrétaire de l’Association russe des photographes d’art. Il travaille aujourd’hui à la Maison de la Photographie de Moscou. Ses photos ont paru dans Géo, Stern, Time. Il a exposé ses travaux à Moscou et à Albuquerque...


Andreï BASKAKOV

Andreï BASKAKOV est né en 1948 dans la région de Moscou.
Fait ses études à la Faculté de journalisme de l’Université de Moscou. Enseigne l’histoire et la théorie de la photographie à l’Institut moscovite de la Culture et au centre d’art populaire de Russie (Moscou).
Il est président de l’Union russe des photographes d’art, depuis 1990, au sein de laquelle il s’attache inlassablement à conserver le patrimoine en organisant des expositions tant en Russie qu’à l’étranger, révélant les grandes personnalités artistiques de la photographie russe injustement oubliées ou méconnues - tel Maxim Dmitriev ou Alexandre Grinberg. Ses expositions sont un plaidoyer pour l’art photographique et ses ouvrages récapitulent l’histoire de la photographie russe mal connue en Occident. Mais derrière le théoricien pointe le praticien fidèle au noir et blanc, au regard emprunt de bienveillance et de chaleur.


Nikolaï BOBROV

Nikolaï BOBROV est né en 1926 à Kingiseppe (région de Léningrad).
Appelé en 1944, il est sévèrement blessé en 1945. Fait ses études à la Faculté de journalisme de l’Université de Moscou et ses travaux sont publiés dès 1948. En 1960, il rentre au journal Sovetsky Soyuz comme correspondant spécial. Dans les années 1980, Nicolaï Bobrov photographie les Oultches, voisins des Nanaï. A travers l’histoire d’une famille russo-oultche, il exalte le recul de l’obscurantisme et autres maux dérivés, par une heureuse acculturation à la communauté soviétique, l’abandon du mode de vie traditionnel et le passage par l’école.


Igor OLKHOVSKI

Igor OLKHOVSKI est né en 1961 à Khabarovsk.
Géodésiste de profession, mais preneur d’images photo et vidéo. Pratique la pêche sportive, le trekking et la descente de rivières tumultueuses en raft et en kayak. Vice président du club des explorateurs d’Extrême orient. Ses photographies et ses vidéos sont le reflet vivant de son amour de la nature.


Victoria PASSAR

Victoria PASSAR est née en 1980 à Khabarovsk.
En marge de la photographie Victoira Passar étudie à la faculté d’Arts graphiques de l’Université pédagogique d’Etat de Khabarovsk depuis 1998.
Née dans le clan de Dersou Ouzala, elle a été initiée très tôt par sa mère, Ludmila Passar. Celle-ci, très consciente d’appartenir à une ethnie en danger d’extinction, s’attache à préserver les valeurs culturelles et artistiques Nanaï. Elle a transmis à sa fille les techniques des arts décoratifs traditionnels de son peuple, qui fait un large emploi de l’écorce de bouleau. Victoria poursuit et innove à partir des motifs traditionnels des Nanaï, enjambant les siècles pour les rattacher aux gravures rupestres laissées par des ancêtres sans âge. Aujourd’hui, ses recherches artistiques la poussent à s’affranchir de cette tradition, ou plutôt à la perpétuer en lui insufflant un dynamisme contemporain.


Dmitri VERHOLAT

Dmitri VERHOLAT est né en 1966 à Khabarovsk.
Fait ses études d’arts graphiques à l’Université d’Etat de Khabarovsk, et s’intéresse à la photographie par hasard, en trouvant un petit boulot au labo photo de la fac, où il donnera des cours d’histoire de l’art par la suite. Il a pratiqué à peu tous les genres de photo depuis le reportage sur les points chauds de l’actualité, la photo criminologie. Fréquente pendant un temps une école de photo publicitaire à Riga. Participe à la création du magazine Eroticon l’un des premiers du genre de l’époque soviétique. En 1996, il ouvre le premier studio photo privé de sa ville natale et depuis octobre 2000 travaille à Saint-Pétersbourg dans la photo de mode et de nu. Il proclame : " Je suis tombé amoureux de la photo, et elle me le rend bien. Elle est mon boulot, ma passion et ma vie " !

Siny Most
101, avenue du Général Leclerc
75014 Paris
France

© dimanche 1er décembre 2002, par Russie.net

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