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Film soviétique ’Viy’, d’après Gogol, au Festival Fantasia à Montréal

Le 18 juillet 2006

Néanmoins, ce qui risque de marquer les auditoires modernes sont les trois nuits progressivement plus horribles que passe Khoma dans l’église à combattre l’esprit maléfique possédant le corps de la jeune femme.

À l’affiche 18 juillet 2006 à 21h55
Salle J.A. De Sève

L’école est finie au Séminaire de Kiev, et trois compagnons, Khaliava, Gorobetz et Khoma s’égarent dans une forêt ténébreuse en retournant chez eux. Ils aboutissent à une ferme tenue par une vieille dame qui leur offre un gîte pour la nuit. Khoma subit la première de nombreuses épreuves de sa vaillance sacerdotale lors d’une visite nocturne de l’aïeule, qui, s’avérant être une séduisante sorcière, chevauche vers le ciel comme un balai un Khoma mi-conscient. S’écrasant au sol, Khoma bat la sorcière avec un baton, ne s’arrêtant que lorsqu’elle se transforme en une belle jeune femme. Apeuré, il s’enfuit. Le lendemain, il apprend de son supérieur ecclésiastique que la jeune fille d’un riche propriétaire, Pannochka, la femme/sorcière qu’il a combattue, a fait part à son père d’un vœux en mourant : que lui, Khoma, lui confère les derniers sacrements afin de sauver son âme. (« et qu’il prie, trois jours durant, pour le salut mon âme. Il sait. ») Le reste du film raconte les trois nuits tourmentées passées par le réticent Khoma, enfermé dans une église avec le cadavre possédé de la jeune femme.

Viy, adapté de la nouvelle de Nikolai Gogol, est l’un des deux influents films de « possession » précédant The Exorcist, l’autre étant The Dybbuck (1938). Viy est percutant dans sa façon de mélanger le fantastique avec les débuts de l’histoire du cinéma soviétique, particulièrement son esthétique post-révolutionnaire. L’œuvre phare est Earth, d’Alexander Dovzhenko (1930) ; on reconnaît son influence dans le souci apporté aux détails des modes de vie Ukrainien (où est né Gogol) et Kolkhosien (les bêtes, chansons, danses, costumes, hardis fermiers, la nature, etc...), dans les choix de points de vue bas, et de compositions chargées du haut. On retrouve même dans Viy un des interprètes clés d’Earth, Stepan Shkurat, dans un petit rôle. En plus, Khoma était le nom d’un personnage important du film de Dovzhenko. Néanmoins, ce qui risque de marquer les auditoires modernes sont les trois nuits progressivement plus horribles que passe Khoma dans l’église à combattre l’esprit maléfique possédant le corps de la jeune femme. Les deux premières étapes sont des exercices de représentation du surnaturel par les mouvements de caméra, tandis que le volet final éclate en un ouragan de jeux d’ombres expressifs, d’animation image par image, de décors savamment conçus et autres effets spéciaux, alors que la sorcière invoque une panoplie de créatures : démon, ogre, skelette, lutin, harpie, gargouille et la bête-titre (malheureusement décevante), « Viy », pour tenter de vaincre Khoma dans une séquence inoubliable où l’enfer se déchaîne littéralement.

Réalisation : Aleksandre Ptushko
Interprètes : Leonid Kuravlyov, Natalya Varley, Aleksei Glazyrin, Vadim Zakharchenko, Nikolai Kutuzov, Pyotr Vesklyarov, Dmitri Kapka, Stepan Shkurat
Production : Mosfilm

© vendredi 30 juin 2006, par Russie.net

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