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Gontcharov Ivan Aleksandrovitch

Ivan Aleksandrovitch Gontcharov est né à Simbirsk le 18 juin 1812 et mort à Saint-Pétersbourg le 27 septembre 1891.

Ivan Gontcharov est fils d’Alexandre Ivanovitch Gontcharov, un riche propriétaire appartenant à une famille de négociants en grains, et d’Avdotia Matveïevna (née Chakhtorina), de près de vingt ans plus jeune que lui, qu’Alexandre Ivanovitch a épousée à 55 ans après un premier veuvage.

Il a un frère aîné de quatre ans, Nikolaï, et aura deux sœurs, Alexandra, née en 1815, et Anna, en 1818. Son père meurt en 1819, alors qu’il n’a que sept ans ; sa mère se remarie avec Nikolaï Nikolaïevitch Tregoubov, ancien officier de marine et franc-maçon, qui manifeste une grande bienveillance à l’égard d’Ivan et de ses frère et sœurs.

Sa mère l’envoie, en même temps que son frère, étudier à l’École commerciale de Moscou, qui dispense un enseignement médiocre et où il s’ennuie ferme huit ans durant. En 1831, il entre à l’Université de Moscou. Il y croise Mikhaïl Lermontov qu’il juge trop banal et indolent pour se lier d’amitié avec lui.

Il commence à traduire le roman d’Eugène Sue, Atar-Gull, et parvient à faire publier sa traduction dans la revue Le Télescope. Il peut approcher Alexandre Pouchkine en septembre 1832 à l’Université, qu’il quitte en 1834 après avoir réussi ses examens de la faculté des Lettres.

Parlant français, allemand et anglais, il devient traducteur au ministère des Finances, entamant ainsi une carrière de fonctionnaire de l’État.

En 1847, lancé par le critique Biélinski, il publie son premier roman Une histoire ordinaire, qu’il a commencé à rédiger en 1844 : c’est un succès. Il donne l’année suivante des fragments de son chef-d’œuvre Oblomov, dont il achèvera la rédaction dix ans plus tard.

Haut fonctionnaire impérial, Gontcharov est d’abord employé au ministère de l’Instruction publique, puis attaché au ministère des Finances en 1852. On lui confie alors la tâche d’établir les premières relations commerciales avec le Japon, contrée lointaine et fermée. Il le fait en qualité de secrétaire de l’amiral Poutiatine. De cette mission, Gontcharov laisse un récit de voyage, La Frégate Pallas. En 1855, sous le règne d’Alexandre II, il est nommé à la censure, puis conseiller d’État aux affaires de presse (1863).

Gontcharov a eu des relations amicales tumultueuses avec Ivan Tourgueniev, avec lequel il se brouille à partir de 1857, l’accusant de plagiat. La presse prend généralement le parti de Tourgueniev et se moque de Gontcharov. Ils se réconcilieront partiellement vers 1863, Gontcharov ayant publié un article aimable sur Pauline Viardot, l’amie de Tourgueniev, tout en restant rivaux en littérature. Il donnera sous le titre de Une histoire non commune l’histoire de son différend avec Tourgueniev (qui demeura inédite jusqu’en 1924). Ce récit des rapports entre Gontcharov et Tourgueniev est une page plutôt triste de l’histoire de la littérature russe qui a son pendant dans celle des rapports entre Tourgueniev et Dostoïevski.

En 1869, il publie son dernier roman, Le Ravin, un procès du nihilisme. Ce roman marque une tentative de prise de position idéologique alors que Une histoire commune et Oblomov reflétaient plutôt les souvenirs d’enfance et de jeunesse de l’écrivain. La part des souvenirs d’enfance n’est pas moindre dans Le Ravin, mais dans ce dernier roman la prise de position théorique tourne au désavantage de l’imagination.

Après Le Ravin Gontcharov ne publia qu’un conte assez court comme œuvre narrative : La Soupe de poisson (Oukha).

En 1883 (l’année de la mort de Tourgueniev, à Bougival) paraissent ses Œuvres complètes en huit volumes, qui lui valent de nombreux témoignages d’admiration. Il est traduit en français, anglais, allemand et suédois.

Il meurt d’une pneumonie à Peterhof en 1891. Ses obsèques attirent beaucoup de monde, dont le grand-duc Constantin. Il est enterré au cimetière du monastère Saint-Alexandre-Nevski ; ce n’est que le 27 août 1956 que ses restes sont transférés au cimetière Volkovo, où reposent beaucoup des plus grands écrivains de Russie.

Son œuvre littéraire comporte de nombreux récits, essais, portraits, critiques de théâtre ou de tableaux, articles, nouvelles, contes, poésies, correspondances notamment avec le frère de l’empereur, des traductions (Schiller, Goethe, Winckelmann, Eugène Sue et autres) et des analyses critiques d’auteurs français (Balzac, Zola, Flaubert, les frères Goncourt) ou russes (Lermontov).







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