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Happy birthday !

Happy birthday ! (S Dniom Rojdenia)

GRAND PRIX DU JURY
Festival international du film de femmes de Créteil 1999

PRIX CINEMAS DE RECHERCHE
Rencontres cinématographiques de Tourcoing 1999

HAPPY BIRTHDAY !
(S Dniom Rojdenia)
Russie 1998
noir et blanc / 35mm
70 mn
écrit et réalisé par Larissa Sadilova

SORTIE LE 21 NOVEMBRE 2001

  • avec
    Rano Kubaeva, Gulnara Mkhitaryan, Irina Proshina, Yevgenita Turkina, Lubov Starkova, Masha Kuzmina
  • Directeur de la photographie :
    Irina Uralskaya, Alexandre Kazarenskov
  • Son :
    Nikolay Mosin
  • Producteur :
    Gennady Sidorov

SYNOPSIS
En Russie, le quotidien d’une maternité avant sa fermeture. Une chambre réunit cinq femmes issues de milieux différents. Elles vont apprendre à se connaître et à partager entre elles, soutien, expérience et solidarité.

LA RÉALISATRICE
Larissa Sadilova est née le 21 octobre 1963 à Briansk en Russie.
En novembre 1982, elle intègre la section acteur du VGIK (l’école nationale russe du cinéma et de la TV). L’atelier est dirigé par Sergei Gerasimov et Tamara Makarova, une référence dans la direction d’acteur. Gerasimov lui propose un petit rôle de lycéenne en 1984 dans son film Lev Tolstoi .
En 1985, Au VKIK, elle rencontre Gennady Sidorov avec qui elle se marie ; Gerasimov devient le conseiller à la culture de Gorbatchev.
En 1988, naissance de son fils Vladimir à qui est dédié le film. Larissa note dans un cahier différentes anecdotes et impressions lors de sa grossesse et de son séjour à la maternité.
Gennady Sidorov s’inscrit une deuxième fois au VGIK dans la section réalisation. Il réalise son premier film en 1990 : Nuit. Le premier rôle féminin est joué par Larissa. Malheureusement pour eux, les producteurs du film se sont enfuis au Kazakhstan. Une vidéo pirate du film circule en Russie mais l’internégatif reste introuvable. Des rumeurs prétendent que le film est un succès en province...
En 1994, l’inflation monétaire oblige le couple à s’éloigner un temps de leur occupation cinématographique alors qu’était en préparation un scénario sur Lénine. Pendant deux années, ils deviennent agents de voyages touristiques en Crimée.
En 1996, Larissa se sent, selon ses propres termes, " prête moralement " à passer à la réalisation. Elle se rappelle de son cahier de notes laissé chez sa mère et décide de l’utiliser pour son film.
Elle envoie un scénario de documentaire au Goskino (l’équivalent du CNC pour la Russie) à la mi-décembre 1996 pour faire un film sur les maternités en Russie et reçoit une réponse en janvier 1997 pour une subvention de 20 000 USD.

LE FILM
Happy Birthday ! est une co-production de Cinema Support Foundation (la société de production de son mari) et du Ministère de la Culture.
Le film est tourné à Kachira à 100 km de Moscou. Larissa n’a pas reçu l’autorisation du Ministère de la santé pour tourner dans la capitale sinon dans des maternités de luxe.
Elle recherche en Province sa maternité. Quand au téléphone elle entend : "Venez chez nous, notre salle d’opération ressemble à un champs de bataille", elle sut qu’elle avait trouvé son personnage principal.
Le tournage a duré deux ans dans des conditions budgétaires minimales. Les jeunes producteurs utilisent la moitié de la subvention dans les repérages. Larissa n’a aucune expérience de la réalisation. Elle apprend son métier en tournant. Selon sa propre expression, elle " salit la pellicule ". Elle a besoin des économies familiales et de toute la générosité de son équipe qui accepte de travailler pour une rémunération symbolique.
Les acteurs du film sont des acteurs de sa promotion (le médecin), des amis d’enfance (la " folle "), ou même de la famille.
Le film est projeté à raison de quelques séances par mois dans différentes villes de Russie pendant trois ans.

Entretiens avec Larissa Sadilova par Denis Oustinov (Moscou août 2001)

Votre film est en noir et blanc :
En effet, au moment de choisir la pellicule, j’ai opté pour le noir et blanc qui semblait correspondre d’avantage à mon idée de la maternité. La couleur aurait rendu plus belle ce lieu, cependant le noir et blanc lui confère quand même un charme... Différent. En plus, le noir et blanc accentue la thématique principale du film : l’idée de changement d’époque, une certaine nostalgie de l’époque révolue avec moins d’argent (moins de couleur) mais plus d’humanité : le noir et blanc !

Ce qui surprend le spectateur occidental, c’est l’absence des maris à l’intérieur même de la maternité
En Russie, les hommes ne sont pas encore moralement prêt à assister à l’accouchement de leur femme. L’accouchement reste une affaire de femme. La présence de mon mari m’aurait " empêché ", en aucun cas, il n’aurait pu m’aider. Aujourd’hui, les temps changent, les maris ont le droit d’assister, vous savez, aujourd’hui, on peut tout faire avec de l’argent...

Vous n’avez pas peur que votre vision de la maternité puisse choquer le public occidental
En Allemagne, lors d’un festival, les spectateurs ne croyaient absolument pas à l’existence d’un tel endroit. Ils pensaient que j’avais exagéré mon propos. Pourtant ces lieux existent toujours et mettent au monde de très beaux bébés. Je voulais montrer que même dans un lieu privé de moyens, que même dans des conditions précaires, la vie pouvait surgir. Les femmes russes continueront à accoucher, quelques soient les conditions !

Vous filmez un accouchement en direct avec beaucoup de poésie
On a eu beaucoup de chance car cet accouchement était cinématographiquement parfait : sans difficulté, rapide, peu de sang. Le bébé a très bien joué son rôle !
A la maternité, on a l’impression que toutes les femmes sont différentes et que tous les bébés se ressemblent. Mon principal souci était de ne pas échanger un enfant avec un autre.

Peut-on voir la maternité comme une image de la société ?
Souvent dans la littérature russe, l’image médicale symbolise la société ; je pense notamment à la nouvelle de Tchekhov, La Chambre n°6. Mais bon, une maternité est quand même beaucoup plus agréable qu’un asile psychiatrique. Dans mon film, vu que la maternité abolit les différences d’âge et les appartenances ethniques, on peut vraiment se demander si elle ne représente pas un modèle de la société.

Happy Birthday ! , un film féministe ?
Vous savez dans la vie de tous les jours, il me semble que les femmes font plus d’efforts que les hommes. N’est-ce pas ? Ce film ne fait que leur rendre hommage. Pourtant, Il y a plus de docteurs, de réalisateurs, d’écrivains hommes que femmes...

Parlez-nous du titre
Ah le titre ! C’est la traduction littérale du titre russe. Cela évoque l’anniversaire comme jour de la naissance birth/day. Jours de naissance rappelait apparemment plusieurs titres de films célèbres en France. Le distributeur m’avait proposé Avant la vie, mais la traduction littérale de mon prochain film est Avant la pluie... qui serait aussi le titre d’un film japonais. Je pense que happy birthday est devenue une expression internationale comprise par tous les peuples et puis le film a été présenté dans plusieurs festivals en France sous ce son titre international.

FICHE TECHNIQUE FICHE ARTISTIQUE
    • Réalisateur : Larissa Sadilova
    • Directeur de la photographie : Irina Uralskaya, Alexandre Kazarenskov
    • Son : Nikolay Mosin
    • Producteur : Gennady Sidorov
    • Année : 1998
    • Pays : Russie
    • Duree : 70 mn.
    • Noir et blanc / 35mm
    • Rano Kubaeva
    • Gulnara Mkhitaryan
    • Irina Proshina
    • Yevgenita Turkina
    • Lubov Starkova
    • Masha Kuzmina

© samedi 24 mars 2001, par Russie.net

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