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Iouchtchenko chassé de la présidence, l’Ukraine revit

En sanctionnant dimanche le président sortant pro-occidental Viktor Iouchtchenko, éliminé dès le 1er tour de la présidentielle, les Ukrainiens ont voté pour des relations plus pragmatiques avec Moscou et l’UE et pour un retour à la stabilité politique à Kiev.

Héros de la Révolution orange, du nom du soulèvement populaire de fin 2004 qui l’avait porté au pouvoir, M. Iouchtchenko n’est arrivé qu’en cinquième position avec un maigre score de 6%, selon deux sondages de sorties des bureaux de vote.

"C’était le dernier jour du pouvoir orange", s’est félicitée une députée proche de M. Ianoukovitch, grand gagnant du scrutin.

Profondément désenchantés par un mandat présidentiel marqué par l’absence de réformes, des crises politiques à répétition et des tensions avec Moscou, les électeurs ont propulsé au deuxième tour ses adversaires, l’opposant Viktor Ianoukovitch et le Premier ministre Ioulia Timochenko.

Les Ukrainiens ont voté contre le chaos politique qui régnait dans le pays ces cinq dernières années. Ils ont voté contre Iouchtchenko et toutes ses initiatives.

Les résultats du vote sonnent le glas de la rhétorique pro-occidentale et pro-Otan de M. Iouchtchenko, qui faute d’avoir convaincu tant les Ukrainiens que les Occidentaux, va devoir céder la place au pragmatisme de ses rivaux plus chanceux.

"Les deux favoris vont chercher un nouvel équilibre" entre l’Est et l’Ouest, crucial pour cette ex-république soviétique de 46 millions d’habitants située stratégiquement entre la Russie et l’Union européenne, estime Volodymyr Fesenko, directeur du Centre des études politiques Penta.
"Je travaillerai et avec la Russie, et avec l’Europe", a d’ores et déjà promis M. Ianoukovitch après le vote.

En cas de victoire de Mme Timochenko, "les relations avec l’Europe deviendront plus pragmatiques. Elle va s’occuper de choses concrètes, comme le régime de visa des Ukrainiens", prédit l’expert.

Mme Timochenko plaide par ailleurs pour l’adhésion de son pays à l’Union européenne, question que son rival selon toute vraisemblance "ne va pas poser", selon M. Jdanov.

La Russie voisine peut quoiqu’il arrive se frotter les mains. Elle pourra enfin avoir affaire à des interlocuteurs plus complaisants après des années de tensions avec M. Iouchtchenko.

Si M. Ianoukovitch, champion dans l’est et le sud russophiles, est un partenaire traditionnel du Kremlin, Mme Timochenko, égérie de la Révolution orange et ex-alliée du président populaire dans l’ouest nationaliste, a longtemps eu la réputation d’être un ennemi de Moscou.
Elle a réussi à changer cette situation et affiche désormais sa bonne entente avec son homologue russe Vladimir Poutine, qui ne se prive pas de critiquer le président sortant.

En matière de politique extérieure, il n’y a pas beaucoup de différence entre Ianoukovitch et Timochenko. La Russie peut très bien vivre avec les deux.

Aucun des favoris ne prévoit de poursuivre la politique de l’intégration à l’Otan imposée par le président sortant en dépit de l’opposition de Moscou et du manque de soutien populaire.
Quel que soit le gagnant, cette question ne reviendra pas à l’agenda avant cinq, voire sept ans.

© lundi 18 janvier 2010, par Russie.net

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