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Jeanne d’Arc : Les tableaux de l’histoire

Du vendredi 30 mai 2003 au lundi 1 septembre 2003

Loin de l’imagerie conventionnelle, cette exposition réunira des chefs-d’œuvre des artistes les plus divers, du romantisme aux premières manifestations de l’art moderne.
Une centaine de tableaux et dessins, venus de collections françaises (au premier rang desquelles le musée des beaux-arts d’Orléans) mais aussi anglaises, américaines, russes ou polonaises, permettra d’observer les développements fulgurants de la représentation johannique sur une période de cent ans ; de 1820 environ à la canonisation en 1920.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sujet magnifique n’a jamais été traité. Il s’agit en effet de la grande peinture et non pas de "l’image" de Jeanne d’Arc en général.

La première partie de l’exposition montre l’enthousiasme avec lequel les peintres du début du XIXe siècle s’emparent de cette figure historique. Dès l’Empire et surtout sous la Restauration, les Salons de peinture voient réapparaître la guerrière volant au secours de Charles VII. Devenue rapidement une héroïne romantique, avec notamment le chef-d’œuvre de Delaroche présenté au Salon de 1824 et conservé au musée de Rouen, Jeanne prend sa place de mythe national, forgé surtout par des historiens anticléricaux : Quicherat qui publie les minutes du procès, puis Michelet. C’est alors le début d’une incroyable prolifération d’images spectaculaires, insistant sur les aspects les plus opposés de la vie de Jeanne. Depuis la douce bergère jusqu’à la farouche guerrière et au modèle de courage éblouissant des derniers moments, les peintres ont trouvé un grand sujet. Leurs œuvres reflètent les débats passionnés et les efforts d’appropriation dans lesquels s’affrontent l’Eglise, engagée dans le processus de canonisation sous l’impulsion de Mgr Dupanloup, et la République. On préfèrera, selon les clans, une Jeanne d’Arc mystique ou au contraire pragmatique comme dans l’immense tableau de Jules Bastien-Lepage au Metropolitan Museum de New York.

L’une des plus belles sections de l’exposition est sans aucun doute celle consacrée à la peinture britannique. Entre les grandes compositions épiques de William Etty (1846-47) et de Frank Craig (1907), les membres du groupe des "Préraphaëlites" trouvent en Jeanne le mélange de grandeur et d’ambiguïté qu’ils affectionnent. Dante Gabriel Rossetti en a fait l’un des ses personnages favoris. Le Salon de 1887 est emblématique de l’emphase donnée au sujet sous la Troisième République. On y voit de nombreuses Jeanne, et en particulier les tableaux géants de Jean-Jacques Scherrer et du grand peintre polonais Jan Matejko, qui fait l’objet d’une étude particulière dans le catalogue de l’exposition.

Entre le grand décor et l’illustration, la persistance d’une veine narrative et chatoyante donne quelques unes des plus impressionnantes visions de l’épopée johannique. Les programmes du Panthéon (décor finalement réalisé par Lenepveu), de Domrémy, les cartons de Jean-Paul Laurens pour la tenture réalisée vers 1900 aux Gobelins, trouvent leur pendant en miniature dans les illustrations de Merson, Boutet de Monvel, Maxence, ou encore dans les étonnantes enluminures néogothiques du Breton Ernest Guérin en 1921.

Le symbolisme, tirant de l’image de la bergère inspirée un personnage mystérieux, suspendu entre le terrestre, le divin et le souffle du destin, s’exprime autant dans la peinture que dans le vitrail ou l’affiche. Ainsi Eugène Grasset remporte le concours des vitraux de la cathédrale d’Orléans et réalise l’affiche pour la pièce de Jules Barbier avec Sarah Bernhardt. La date de la canonisation marque paradoxalement la fin de ce siècle d’invention narrative dont les tableaux scintillants de Maurice Denis, le dernier grand "spécialiste" de Jeanne d’Arc, sont comme le crépuscule.

Du 30/05/2003 Au 01/09/2003 :
de 10:00:00 à 18:00:00
le Lundi mercredi jeudi vendredi samedi dimanche

Tarifs :

- Plein tarif - 4,5 €
- Tarif réduit - 3 €

© mardi 6 mai 2003, par Russie.net

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