Russie.net

Le Web franco-russe

Accueil > Archives > 2005 > Jeux de théâtre de Tchekhov dans les cours et jardins

Jeux de théâtre de Tchekhov dans les cours et jardins

Mercredi 6 juillet 2005

Imaginez que l’on vous propose de monter des pièces d’auteurs classiques dont Tchekhov avec quasiment rien ; seulement quelques comédiens et une scène... C’est le pari qu’ont accepté deux metteurs en scène limougeauds, David Gauchard et Philippe Labonne en décapant, pour notre plus grand plaisir, certaines pièces d’auteurs.

Un feuilleton ludique et léger en 7 épisodes, chacun autour d’extraits de pièces d’un auteur classique pour des rencontres de qualité, conviviales et interactives qui établiront un parcours découverte des lieux de la cité et des auteurs.

Comédie, parodie, humour pour des mises en scène légères et ludiques d’auteurs classiques.

Par les compagnies Unijambiste Théâtre et Théâtre en Diagonale.

Anton Tchekhov

En quoi Tchekhov a-t-il profondément marqué la littérature russe ? Tchekhov est le maître de la nouvelle brève. Pour lui la brièveté est sœur du talent. Il érige en idéal de perfection : la sobriété, la simplicité, l’économie des moyens, la concision. Il charge de signification les plus modestes composantes du récit. Mais Tchekhov n’atteint pas la perfection sans travail. C’est un créateur minutieux et laborieux, obsédé par une certaine qualification technique de l’écriture. Il s’insurge contre Tourgueniev, dont la prose a fait son temps. Par son style, Tchekhov opère une véritable révolution dans la littérature russe (comme Cézanne dans la peinture française).

Bien qu’il ne s’aime pas comme dramaturge, Tchekhov va également provoquer une révolution théâtrale. Le théâtre a besoin de formes nouvelles. Tchekhov s’attaque au principe même de la concentration dramatique. Ses pièces sont des drames du quotidien, où l’affabulation est inexistante, les pauses nombreuses, où "la vie est laissée telle qu’elle est et les gens tels qu’ils sont, vrais et non boursouflés".

Ce sont des drames statiques, des coupes pratiquées dans l’épaisseur de la vie et qui mettent à nu les strates les plus profondes de l’âme humaine. Tout au long de son œuvre Tchekhov se montre le témoin d’une certaine époque de la vie russe, il en restitue les types, les décors et les humeurs. A travers récits et pièces, Tchekhov peint la grande misère de la condition humaine avec pour seul but la vérité absolue et sincère. Il dit : "l’artiste doit être un témoin impartial"..., "le littérateur doit être aussi objectif que le chimiste". Tchekhov montre mais ne dénonce jamais. Rien ni personne ne fait figure de porte-parole dans son œuvre.

A son propos Gorki écrit : "C’est le premier homme libre que j’aie rencontré, le premier qui n’adore rien." Loin de tout dogme, de toute chapelle, toute sa vie Tchekhov préférera la philanthropie individualisée au large mouvement d’indignation et d’action collective. Dans sa propriété de Mélikhovo, lors de l’épidémie de choléra, il installera un dispensaire volant et se dévouera sans compter. Persuadé que "la vie est uniquement faite d’horreurs, de soucis et de médiocrités qui se suivent et se chevauchent", il gardera cependant une foi absolue dans le progrès.

En lui se mêleront toujours la tendance positive et la tendance idéaliste sans doute parce qu’il était à la fois médecin et écrivain. Il disait : "La médecine est ma femme légitime, la littérature ma maîtresse." Ne cessant de souligner au travers de son œuvre l’esprit petit-bourgeois, la trivialité, la corruption, l’ignorance crasse, la peur du supérieur, la déchéance dans les destins avortés, condamnés à l’échec, à l’usure du temps, "menue monnaie de la mort", il gardera constamment foi en l’homme.

Il croira toujours possible la "révolution de l’esprit", révolution individuelle, personnelle qui seule permet, grâce à la connaissance, au savoir, l’amélioration de la nature humaine, donc de la société. Peintre sans fard d’une réalité sordide, il sut être, sans passion, sans intolérance, sans exclusive, sans anathème, un des premiers défenseurs des droits de l’homme.

Le programme :

- Vendredi 1er : Shakespeare / parc Charles Sylvestre
- Samedi 2 : Feydeau / cours arrière de l’Eglise
- Dimanche 3 : Beckett / terrasse intérieure du Café Le Limousin
- Mercredi 6 : Tchekhov / impasse du Gourgnat
- Vendredi 8 : Molière / espace vert Jolibois
- Samedi 9 : préau Ecole Charles Sylvestre
- Dimanche 10 : Hugo / site Les Côtes.

A l’affiche du 1 au 10 juillet 2005

(60 minutes)

Jeux de théâtre dans les cours et jardins
Bellac - Cours et Jardins
Différents lieux de la ville
87 300 Bellac

Situé en Haute-Vienne, dans la région du Haut Limousin et des Monts de Blond entre Limoges (30 min) et Poitiers (1h) :

- Voiture : depuis Paris (A20, sortie Bellac)
- Train : Ligne Paris-Limoges-Toulouse + TER Limoges-Bellac— Poitiers (3h30)
- Lignes TGV Paris-Poitiers + TER Poitiers-Bellac-Limoges (3h)
- Avion : Aéroport de Limoges-Bellegarde
- Tél : 05 55 43 30 30

© mardi 5 juillet 2005, par Russie.net

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.