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L’Opéra ’Le Nez’ : livret de E. Zamiatine, G. Ionine, A. Preis et D. Chostakovitch, d’après la nouvelle de Nicolaï Gogol

12 décembre 2004 - 4 janvier 2005

Fresque satirique de la société russe, Le Nez, premier opéra de Dimitri CHOSTAKOVITCH, déployant une distribution pléthorique avec près d’une centaine de rôles, est très rarement représenté. C’est portant cette œuvre, saisissante qu’ ANGERS NANTES OPERA a tenu à programmer pour la période des fêtes de fin d’année pour Nantes et Angers ! Cette fable ironique et grinçante qui pose notamment la question de la perte de l’identité, du vacillement de l’individu au sein de la société, quelle soit sous l’emprise tsariste ou stalinienne, réunie une vingtaine d’interprètes, avec parmi eux, la basse russe, Vladimir Matorin et le ténor Ivan Matiakh.

Se saisissant d’une nouvelle surréaliste de Nicolaï Gogol (un notable se trouve subitement privé de son nez ; un nez qui devient autonome et puissant !), le jeune Chostakovitch trouve dans le Nez un prétexte idéal pour édifier, à l’orée du XXe siècle, un opéra de forme et d’esthétique nouvelles, dont l’architecture scénique s’apparente à une suite de séquences quasi-cinématographiques, fortement expressionnistes, dont la musique, haletante, impressionnante par les percussions et les cuivres éclatants, est entièrement vouée au spectacle.

’LE NEZ’ de Dimitri Dimitrievich Chostakovitch (1906-1975)

Opéra en trois actes et dix tableaux
Livret de E. Zamiatine, G. Ionine, A. Preis et D. Chostakovitch, d’après la nouvelle de Nicolaï Gogol.

En quelques mots ...

Et si votre nez ne pouvait plus vous pifer ? Au point de vous abandonner crânement et de vous moucher publiquement si vous avez l’audace de lui adresser la parole quand il plastronne en ville ? De cette hypothèse " absurde " Nicolas Gogol fait, vers 1831, un étrange conte, criant de vérité. Sous cette apparente fantaisie, celle d’un notable privé de nez, celle d’un nez qui devient autonome et puissant, pointe l’interrogation de l’homme sur son identité dès lors qu’il est privé d’une partie de lui-même. Plus métaphysique que délirante, la fable ne s’explique que par le pouvoir du Malin, seul capable d’une telle facétie et de se pavaner sous les " traits " d’un appendice nasal.

Un siècle plus tard, le démon ressurgira sous la plume de jeunes écrivains soviétiques. Mais un démon plus politique, évoquant sans le nommer un Staline diabolique. Et il ne fait pas de doute que Chostakovitch, à 21 ans, s’est approprié le conte de Gogol, moins pour critiquer la bureaucratie tsariste que pour fustiger l’Etat policier qu’il sent naître. Une " allusion " si évidente que les serviteurs du Régime y verront une " grenade anarchiste ".

L’histoire

ACTE I

Platon Kouzmitch Kovalev, simple assesseur de collège, bénéficie du titre de major. Dans sa boutique le barbier Ivan lakovlevitch s’emploie à raser Kovalev. Celui ?ci lui reproche la puanteur de ses mains.

Premier tableau

Même décor, le matin, Praskovia Ossipovna, épouse du barbier, réveille son mari avec son petit déjeuner. C’est alors qu’Ivan découvre avec horreur un nez dans son pain. Son épouse l’accuse d’avoir amputé un de ses clients dans une crise d’ivrognerie et lui ordonne de sortir pour s’en débarrasser.

Deuxième tableau

Sur les quais. Ivan, qui tient le nez dans un paquet, s’efforce de s’en défaire. Finalement, il réussit à le jeter dans un canal, s’attirant l’attention soupçonneuse de l’inspecteur de police qui le garde pour interrogatoire. Interlude pour percussions seules.

Troisième tableau

Dans la chambre à coucher de Kovalev. Le major Kovalev s’éveille pour constater avec ahurissement qu’il n’a plus son nez. Son valet Ivan lui prépare ses vêtements et il se précipite vers le commissariat.
Nouvel interlude, en forme de galop

Quatrième tableau

Dans la cathédrale de Kazan. Le Nez, en uniforme de conseiller d’Etat, prie avec ferveur. Kovalev se résout à l’aborder, et le prie de bien vouloir réintégrer sa place. Le Nez ne veut rien avoir à faire avec un personnage inférieur à son rang. L’attention de Kovalev est détournée par l’arrivée d’une jolie femme et le Nez en profite pour s’esquiver.

ACTE II

Cinquième et sixième tableau

Dans la salle de rédaction du journal. Un préposé refuse à Kovalev d’insérer l’annonce de la disparition de son nez, considérant qu’elle pourrait passer pour un message codé. Kovalev subit les moqueries de l’assistance et se voit conseillé d’aller consulter un médecin. Les domestiques dictent huit annonces différentes.
Interlude aux formulations instrumentales mécanisées.
Chez Kovalev, Ivan chante en s’accompagnant à la balalaïka. Kovalev le dispute et, face à son miroir, se désespère de la disparition de son nez.

ACTE III

Septième tableau

La banlieue de Saint-Pétersbourg. Une diligence, vide. Le gendarme est sur les traces du Nez. Il ordonne à ses hommes de dévisager les passagers qui vont prendre la diligence, mais voilà la belle marchande de craquelins. Le Nez surgit et tombe dans l’embuscade. Rossé, il recouvre son apparence primitive, ce qui permet au gendarme de l’envelopper dans du papier et de l’emporter chez Kovalev.

Huitième tableau

Kovalev récupère le nez des mains du gendarme. Le médecin conseille de le conserver dans un bocal rempli d’alcool, de vodka et de vinaigre, à titre de curiosité pour la postérité. Son ami Larijkine lui suggère d’écrire à Madame Podtotchine. N’aurait ?elle pas agencé ce maléfice pour lui faire épouser sa fille ? Déconcertées à la lecture de la lettre, Madame Podtotchine et sa fille y répondent en rejetant toute culpabilité dans l’affaire. La rédaction et la lecture de la lettre, sa réponse et la réaction de Kovalev qui admet leur innocence se déroulent presque simultanément.

INTERMEDE

La rumeur ignore la restitution du Nez à son propriétaire. A-t-il été signalé dans un lieu quelconque que la foule s’y précipite. Le Khan Khorzev Mirza, en visite officielle, prétend l’avoir identifié. Liesse générale, l’excitation est telle que les pompiers arrivent et arrosent la foule.

EPILOGUE

Neuvième tableau

Kovalev se réveille pour constater que son nez a repris sa place habituelle. On reprend les habitudes, Ivan Iakovlevitch vient le raser et Kovalev se plaint comme toujours que ses mains empestent.

Dixième tableau

La perspective Nevski. Kovalev parade, prouvant que son nez est bien en place. Madame Podtotchine lui propose la main de sa fille, qu’il s’empresse de refuser. Pleinement rassuré sur ses facultés recouvrées, il entreprend de courtiser une marchande qu’il invite à venir le retrouver chez lui.

A l’occasion de cet événement que constitue la programmation d’un tel spectacle, ANGERS NANTES OPERA a multiplié les rendez-vous en proposant, avec ses différents partenaires, diverses approches de l’œuvre :
- avec les cinémas d’art et d’essai, Le Katorza à Nantes et les 400 Coups à Angers, en miroir de l’opéra de Chostakovitch et de leur mise en scène, Patrice Caurier et Moshe Leiser, présenteront
- ’La Noce’ de Pavel Lounguine.
- en prélude à l’opéra de Chostakovitch le Quatuor Liger, interprètera, en concert au Théâtre Graslin, les quatuors n° 7 et 8 de Chostakovitch, l’Interlude « in modo antico » de Glazunov (qui fut son maître) et “Trois Pièces” d’Igor Stravinsky (son aîné de 24 ans).
- Le Centre de Recherches sur les Identités Nationales et l’Interculturalité de l’Université de Nantes (CRINI), l’Observatoire Musical Français de l’Université de Paris Sorbonne (OMF), avec la collaboration d’ANGERS NANTES OPERA, organisent un colloque international sur « LES LIVRETS D’OPERAS DE LA PERIODE 1914-1930 ».

L’objectif de ce colloque étant d’explorer la forme littéraire des livrets d’opéra relevant de la poésie et du théâtre et de montrer l’interaction entre ces livrets d’opéra et les tendances artistiques, économiques, sociales et/ou politiques de l’époque concernée, contemporaine de l’écriture du Nez de Chostakovitch.
- des conférences : dans le cadre du colloque sur les livrets d’opéras, par le spécialiste de la musique russe, André Lischke ; par le Club Graslin à Nantes.

BILLETTERIE :

- A NANTES AU THEATRE GRASLIN 02 40 69 77 18, du mardi au samedi de 12h à 18h 30 ;
- A ANGERS AU GRAND THEATRE 02 41 24 16 40 OU 41, du mardi au samedi de 12h à 19h .

PLACES DE 5 € À 50 € À NANTES ; DE 10 € À 50 € À ANGERS

REPRESENTATIONS

NANTES - THEATRE GRASLIN :

- mardi 14, jeudi 16, samedi 18 et mardi 21 décembre 2004 à 20h
- dimanche 12 décembre 2004 à 14h30.

ANGERS - GRAND THEATRE :

- vendredi 31 décembre 2004,
- mardi 4 janvier 2005 à 20h
- dimanche 2 janvier 2005 à 14h30

© vendredi 26 novembre 2004, par Russie.net

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