Russie.net

La communauté russe en France et infos sur la Russie

Accueil > Archives > 2003 > ’La Foret’ réalisée par Fomenko à la Comédie Française du 12 avril au 13 juillet (...)

’La Foret’ réalisée par Fomenko à la Comédie Française du 12 avril au 13 juillet 2003

Prolongation jusqu’au 31 juillet 2003 ! / Derniers jours !!!!

Ce n’est que justice de voir enfin, sur la scène de la Comédie-Française, l’un des chefs-d’œuvre de l’auteur dramatique le plus fécond de la seconde moitié du XIXe siècle russe - Alexandre Ostrovski.

Les auteurs russes au répertoire de la Comédie-Française par Jacqueline Razgonnikoff, Bibliothécaire à la bibliothèque-musée de la Comédie-Française.

Si les premiers historiens du théâtre russe reconnaissent volontiers la dette de leur pays envers les dramaturges français, ce n’est que dans la seconde moitié du XXe siècle, bien après les auteurs scandinaves ou italiens, que la Comédie-Française se décide à inscrire à son répertoire les grandes œuvres d’un théâtre qui, pour être relativement « jeune », n’en est pas moins d’une importance capitale dans le patrimoine dramatique mondial. Le bon Tourgueniev, spectateur assidu, avait bien essayé, dès 1877, dans une lettre à Emile Perrin, de le convaincre de monter une œuvre de Pouchkine, seigneur incontestable des lettres russes, mais sans résultat. Ce n’est qu’en 1944 que L’Ours, saynète de Tchekhov, est donné au cours d’un gala patriotique, suivi, quelques mois plus tard, du Chant du Cygne, sans inscription au répertoire. La première œuvre d’un auteur russe officiellement admise est Un mois à la campagne, de Tourgueniev, dans une mise en scène de Jean Meyer, en 1947. La pièce est reprise en 1997, mise en scène par Andréi Smirnoff. Anton Tchekhov suit de peu son aîné. Après L’Ours, enfin reçu en 1957, Oncle Vania, monté par Jacques Mauclair, ouvre le feu en 1961. La relative incompréhension du public met un frein à l’élan donné, et ce n’est que dix-huit ans plus tard que la pudique mise en scène des Trois sœurs par Jean-Paul Roussillon, passant de l’Odéon à la Salle Richelieu, relance le mouvement. En 1980, est donnée La Mouette, mise en scène par Otomar Krejca, suivie, en 1984, par Ivanov, mis en scène par Claude Régy, et , en 1998, par La Cerisaie, mise en scène par Alain Françon. En 1985, hors les murs, les Comédiens-Français jouent une nouvelle adaptation d’Oncle Vania, sous la direction de Félix Prader. Que Tchekhov se taille la part du lion au répertoire russe de la Comédie-Française n’empêche pas la troupe de s’essayer à d’autres auteurs. Dostoïevski fournit deux adaptations : en 1962, Crime et châtiment, et, en 1975, L’Idiot par Gabriel Arout, dans des mises en scène de Michel Vitold. Hors répertoire, à l’Odéon, Simon Eine monte en 1987, une belle adaptation de L’Eternel Mari, par Victor Haïm. En 1966, c’est un auteur classique russe méconnu que Nicolas Akimov fait découvrir au public français, avec Le Mariage de Kretchinsky, de Soukhovo-Kobyline, sans grand succès. Les Estivants, de Maxime Gorki, en 1983, adaptés par Michel Vinaver, sont l’occasion, pour Jacques Lassalle, d’en dégager toutes les nuances, tandis que, hors répertoire, Jean-Pierre Vincent monte à l’Odéon, Le Suicidé, de Nicolaï Erdman. En 1992, Anatoli Vassiliev donne, du Bal masqué, de Mikhaïl Lermontov, une version baroque et funèbre. Le chef-d’œuvre de Nicolas Gogol, Le Révizor, monté par Jean-Louis Benoit, remporte un beau succès en 1999.
Bien que non inscrits au répertoire, les auteurs contemporains font l’objet de lectures, lors d’une semaine des auteurs soviétiques organisée par Antoine Vitez en 1988. Les noms d’Alexandre Guelman, de Mouza Pavlova, Ludmila Petrouchevskaia, Victor Rozov, Victor Slavkine, Arcadi Stavitski, Alexandre Vampilov s’inscrivent au générique de cette semaine. Evgueni Radzinski est joué par Denise Gence au Petit-Odéon en 1986 (Comédienne d’un certain âge pour jouer la femme de Dostoïevski).
Des salons de poésie évoquent les poétesses Anna Akhmatova et Marina Tsvetaieva.
Pourtant, de grands noms du théâtre russe sont encore absents des réalisations de la Troupe.
De larges extraits de Boris Godounov, de Pouchkine, sont lus par Simon Eine en 1992 à l’auditorium Colbert. Evguéni Schwarz (Le Roi nu) passe en lecture-radio au Vieux-Colombier.
Le répertoire radiophonique, dans les années 1990, inclut des œuvres de Gogol, Griboïedov, Maïakovski... et Alexandre Ostrovski (L’Orage, Entre soi on s’arrange toujours).
Ce n’est que justice de voir enfin, sur la scène éclectique de la Comédie-Française, l’un des chefs-d’œuvre de l’auteur dramatique le plus fécond de la seconde moitié du XIXe siècle russe.

Chronologie de l’entrée des auteurs russes interprétés par la troupe de la Comédie-Française :

- L’Ours, farce en 1 acte d’Anton Tchekhov, adaptation par Denis Roche, mise en scène de Jean Meyer, 28 novembre 1944. Gala au profit des Prisonniers et Déportés. Hors répertoire.
- Le Chant du Cygne, monologue de Tchekhov, joué par Jean Meyer, adaptation de Denis Roche, 3 mars 1945. Matinée poétique consacrée à la poésie russe. Hors répertoire.
- Un mois à la campagne, d’Ivan Tourgueniev, adaptation de Denis Roche, mise en scène de Jean Meyer, 13 décembre 1947.
- L’Ours, farce en 1 acte d’Anton Tchekhov, traduction d’André Barsacq, mise en scène d’André Falcon, 30 novembre 1957.
- L’Oncle Vania, d’Anton Tchekhov, adaptation d’Elsa Triolet, mise en scène de Jacques Mauclair, 22 février 1966.
- Crime et Châtiment, de Gabriel Arout, d’après Dostoïevski, mise en scène de Michel Vitold, 9 mars 1963.
- Le Mariage de Kretchinsky, d’Alexandre Soukhovo-Kobyline, adaptation de Suzanne Avivith et Georges Margoulies, mise en scène de Nicolas Akimov, 7 novembre 1966.
- L’Idiot, de Gabriel Arout, d’après Dostoïevski, mise en scène de Michel Vitold, Théâtre Marigny, 10 mars 1975.
- Les Trois sœurs, d’Anton Tchekhov, adaptation de Georges et Ludmila Pitoëff et Pierre-Jean Jouve, mise en scène de Jean-Paul Roussillon, 15 février 1979, Théâtre de l’Odéon, puis Salle Richelieu, 15 février 1980.
- La Mouette, d’Anton Tchekhov, traduction de Jean-Claude Huens, Karel Kraus et Ludmila Okunieva, mise en scène d’Otomar Krejca, 19 avril 1980.
- Les Estivants. Datchniki, de Maxime Gorki, adaptation de Michel Vinaver, mise en scène de Jacques Lassalle, 16 mai 1983.
- Le Suicidé, de Nicolas Erdman, traduction de Michel Vinaver, mise en scène de Jean-Pierre Vincent, 24 avril 1984, Théâtre de l’Odéon. Hors répertoire.
- Ivanov, d’Anton Tchekhov, adaptation de Simone Sentz-Michel et Claude Régy, mise en scène de Claude Régy, 28 avril 1984.
- Oncle Vania, d’Anton Tchekhov, adaptation de Simone Sentz-Michel, mise en scène de Félix Prader, 5 février 1985, Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis.
- Comédienne d’un certain âge pour jouer la femme de Dostoïevski, d’Edvard Radzinski, adaptation de Lily Denis, mise en scène de Viviane Théophilidès, 7 janvier 1986. Petit-Odéon. Hors répertoire.
- L’Eternel Mari, de Victor Haïm, d’après Dostoïevski, mise en scène de Simon Eine, 31 mars 1987. Théâtre de l’Odéon. Hors répertoire.
- Bal masqué, de Mikhaïl Lermontov, adaptation d’André Markowicz, mise en scène d’Anatoli Vassiliev, 25 mai 1992.
- Un mois à la campagne, d’Ivan Tourgueniev, adaptation d’Andreï Smirnoff et Jean-Loup Rivière, mise en scène d’Andreï Smirnoff, 26 avril 1997.
- La Cerisaie, d’Anton Tchekhov, adaptation d’André Markowicz et Françoise Morvan, mise en scène d’Alain Françon, 25 avril 1998.
- Le Révizor, de Nicolas Gogol, adaptation d’André Markowicz, mise en scène de Jean-Louis Benoit, 23 janvier 1999.

Piotr Fomenko est l’un des plus grands metteurs en scène européens, l’une des têtes de file du théâtre contemporain russe et ses qualités de pédagogue théâtral sont légendaires.
Après des études à la faculté de mise en scène au GITIS en 1961 où il a eu pour maîtres N. Okhlopkov, N.Gortchakov, N.Petrov et A. Gontcharov, Piotr Fomenko a travaillé, à partir de 1971, en tant que metteur en scène au Théâtre de la Comédie de Léningrad, qu’il a dirigée de 1977 à 1981. Depuis 1981, il enseigne à l’Académie Théâtrale de Russie (RATI, anciennement GITIS).
En 1993, il a fondé un théâtre à Moscou, l’Atelier de Piotr Fomenko avec les Fomenki, les élèves qu’il dirigeait depuis plusieurs années au GITIS, la grande école théâtrale moscovite. Depuis quelques années, ce théâtre resté longtemps sans lieu, est abrité dans une ancienne salle de cinéma moscovite où deux espaces ont été aménagés pour les spectacles.
Durant sa carrière, il a mis en scène plus de 60 spectacles à Moscou, St Pétersbourg, en Pologne, en Autriche et en France. En 1994, Marcel Bozonnet, alors directeur du Conservatoire national d’art dramatique, l’invite à diriger un atelier d’élèves : Piotr Fomenko monte alors La Dame de pique de Pouchkine et renouvellera cette expérience en 1999 avec Le Convive de pierre de Pouchkine présenté au Conservatoire en 2000.
Invité à deux reprises par le Festival d’Automne à Paris, il présente Loups et Brebis d’Ostrovski en 1998 et Guerre et Paix de Tolstoi, en octobre 2002.

Parmi ses spectacles les plus importants :
Le Roi Matiouche d’1. d’J.Korzak (1965)
La Mort de Tarelkine d’A. Soukhovo-Kobyline (1966)
L’Instruction de P.Weiss (1967)
Comme il vous plaira de W. Shakespeare (1970)
Les Fruits de l’instruction de L. Tolstoï (1985)
Caligula d’A.Camus (1990)
Les Innocents coupables d’Ostrovski (1993)
La Résurrection ou le Miracle de Saint-Antoine de M. Maeterlinck (1999)
Au théâtre de la Comédie de Léningrad
Cette vieille maison charmante d’A. Arbouzov
La guerre de Troie n’aura pas lieu de J. Giraudoux (1973)
Le Misanthrope de Molière(1975)
La Forêt de A. Ostrovski (1975)
Au GITIS (RATI)
Boris Godounov de A. Pouchkine (1984)
Loups et Brebis de A. Ostrovski (1992)
Noce de A. Tchekhov (1996)
À l’Atelier de Piotr Fomenko
Tania-Tania d’O Moukhina (1996)
Tchitchikov, d’après Les Ames mortes de N. Gogol (1998)
Un village absolument heureux d’après B. Vakhtine (2000)
Le Bonheur conjugal d’après L. Tolstoï (2000)
Guerre et Paix d’après L. Tolstoï (2001)
La Folle de Chaillot de J. Giraudoux (2002)
Les Nuits égyptiennes d’après A. Pouchkine (2002).

Piotr Fomenko a en outre réalisé plusieurs films et téléfilms : Le Bonheur conjugal, La Dame de Pique, Un coup de feu, La Tempête de neige, Le Fabricant de cercueils, Pour le reste de la vie, Les Voyages d’une vieille automobile.

"La Foret", la comédie en cinq actes de Alexandre Ostrovski
du 12 avril au 13 juillet 2003

Salle Richelieu - Comédie-Française
2 rue de Richelieu
Paris 75001
Location tél : (33) 01 44 58 15 15
(sept jours sur sept de 11 h à 18 h)

Représentations :

- en soirée à 20 h - en matinées à 14 h.

© mercredi 30 juillet 2003, par Russie.net

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document