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La Tchétchénie de Kadyrov en paix, malgré tout

A 30 ans, Ramzan Kadyrov, le fougueux chef pro-russe aux commandes de la Tchétchénie, semble bénéficier d’un état de grâce absolu. La population, longtemps terrée dans des caves, revit.

Sur l’avenue Kadyrov, les chars ont disparu. Le paysage lunaire de ruines qui hantait Grozny a cédé la place à des bâtiments presque élégants. La population, longtemps terrée dans des caves, revit.

Un peu partout, des immeubles sont reconstruits. Sur une place fraîchement aménagée avec arbustes et fontaines, des vieux prennent le soleil sur un banc au design futuriste, séquence surréaliste pour qui a connu l’enfer de Grozny.

Sur l’ancienne avenue Lénine rebaptisée Kadyrov, magasins de prêt-à-porter, d’ordinateurs et salons de beauté ont fait leur apparition. Des publicités vantent les mérites d’équipements de musculation et des fenêtres en PVC, reines du nouveau Grozny.

A 30 ans, Ramzan Kadyrov, le fougueux chef pro-russe aux commandes de la Tchétchénie, semble bénéficier d’un état de grâce absolu. Digne d’un leader né, selon les uns, d’un satrape adepte du culte de la personnalité, selon les autres.

Son portrait est omniprésent dans les rues, les salles de classe, les administrations, tout comme celui de son père Akhmad Kadyrov, tué en mai 2004 par une puissante explosion au stade de Grozny.

Les Tchétchènes, fatigués par deux guerres d’indépendance sans issue contre les Russes (1994-96 et depuis 1999), célèbrent leur nouveau chef, qui paraît avoir réussi à enclencher une dynamique de reconstruction encore inespérée voici peu.

Le plus important, c’est la paix. On reconstruit les routes, les écoles. Kadyrov est jeune, énergique. Il fait beaucoup pour les malades : l’hôpital républicain de Grozny, a été refait à neuf.

Peu importe aussi d’où vient l’argent du Fonds Kadyrov - financé par des cotisations forcées de commerçants et fonctionnaires - pourvu qu’on reconstruise.

Réputé impulsif, immature, amateur de Ferrari et de jolies femmes, Ramzan a changé sous le poids des responsabilités, affirment ceux qui le côtoient. "Il travaille beaucoup, il aime les gens, il donnerait sa chemise pour eux", affirme le ministre de l’Intérieur, Rouslan Alkhanov.

Libérée du bourdonnement incessant des hélicoptères et du fracas des bombes, la population se bat surtout désormais contre des conditions matérielles misérables, sans argent pour vivre et sans travail.

"Grâce à Dieu et à Kadyrov (ex-Premier ministre et futur président, ndlr), on vit mieux. C’est déjà bien qu’il n’y ait plus la guerre, plus de bombardements. Mais avec 3.000 roubles (90 euros) de salaire par mois, j’ai bien du mal à joindre les deux bouts. Un kilo de viande coûte déjà 120 roubles (3,50 euros)", raconte cette habitante de Grozny.

Au travail, elle passe son temps, comme ses collègues, à monter et descendre les étages, un seau dans chaque main, pour aller chercher de l’eau dans la cour avant de nettoyer les salles de classe.

Cette femme parle du stress de ses enfants, encore traumatisés par la guerre comme beaucoup d’autres. Nombre de femmes doivent aussi faire face seules à la tête de la famille, leur mari ayant été tué pendant la guerre.

© lundi 5 mars 2007, par Russie.net

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