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Le 65e anniversaire de la Victoire du 9 mai 1945 devant l’Arc de Triomphe à Paris

La Russie commémore dans tout le pays le 65e anniversaire de la Victoire du 9 mai 1945, journée de la capitulation allemande nazie de la 2ème Guerre mondiale.

L’engouement populaire en Russie pour le 65ème anniversaire de la victoire du 9 mai 1945 s’explique par le fait que toutes les familles russes comptent des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Et des morts.


Vingt-sept millions de citoyens soviétiques ont péri pendant la guerre, dont 8,5 millions de soldats. Une addition de martyrs sans équivalent qui renforce le statut héroïque de la "Grande Guerre patriotique".

Ce 9 mai 2010 à Paris a été célébré le 65ème anniversaire de la victoire du 9 mai 1945 en présence des corps diplomatiques constitués.

Des soldats de plusieurs ex-républiques soviétiques, notamment du Kazakhstan, d’Azerbaïdjan, d’Ukraine, d’Arménie et de Moldavie, ont aussi participé à l’événement.

Le représentant de l’Etat français a fait la lecture du message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants, message relatif à la commémoration du 8 mai.
Au cours de la cérémonie, des décorations ont été remises à d’anciens combattants et/ou porte-drapeaux.

Des soldats d’escorte d’honneur se sont présentés devant l’Arc de Triomphe de l’Etoile et l’orchestre a interprété la Marseilles pendant la cérémonie. Une centaine de français et touristes étrangers ont assisté à cette cérémonie.


En haut des Champs-Elysées, devant l’Arc de Triomphe de l’Etoile, les ambassadeurs des pays de la CEI en France ont déposé une gerbe sur la tombe du Soldat Inconnu.

Le Président de l’Association des Anciens Combattants soviétiques, a dit que c’est une date de la mémoire collective et c’est effectivement important pour que les jeunes restent attachés à cette mémoire française.

On a vu un gigantesque drapeau russe pendu sur l’Arc de Triomphe !

Beaucoup d’émotion pour les vétérans russes, biélorusses, ukrainiens, kazakhs, arméniens qui avaient fait le déplacement !



Comme chaque année, à l’occasion des cérémonies de la commémoration du 8 mai 1945, la même erreur historique sera commise.

Nous pourrons encore lire dans la presse ou entendre à la télévision et à la radio, que l’on célèbre "l’armistice du 8 mai 1945" et la fin de la seconde guerre mondiale.

Il est bon de rappeler que le 8 mai 1945, il n’y eu aucun armistice mais une capitulation sans conditions, ce qui est différent et n’implique pas les mêmes conséquences. Un armistice est une convention par laquelle des chefs militaires suspendent les hostilités sans mettre fin à l’état de guerre ; à contrario une capitulation sans conditions est une convention réglant la reddition des forces militaires d’un pays et met fin à l’état de guerre.

Le 7 mai 1945, à 2 heures 41, le général Jodl, signe à Reims, l’acte de capitulation sans conditions de toutes les forces allemandes. Il n’y a jamais été question de la signature d’un armistice.

La cessation des hostilités sera effective le 8 mai à 23 heures 1 GMT. Les soviétiques, pour lesquels la signature de Reims ne représente qu’un acte provisoire, désirent donner à l’événement une dimension beaucoup plus importante et symbolique.

C’est la raison pour laquelle le 9 mai 1945 se déroule à Berlin une autre cérémonie. A 0h16, le 9 mai 1945, tout le monde signe (le maréchal de Lattre de Tassigny pour la France) la fin des hostilités en Europe.

La ville de Reims été supplantée par Berlin, capitale de l’Allemagne nazie où les Soviétiques, vainqueurs de la guerre avaient installé leur Quartier général, et où ils ont exigé que soit répétée la signature de la capitulation allemande dans la nuit du 8 au 9 mai 1945, en présence du maréchal JOUKOV.

La capitulation sans condition de la totalité des armées allemandes, a été signée dans la War Room, la Salle des opérations, la Salle des cartes du Quartier général des Forces expéditionnaires alliées en Europe, installé dans le collège moderne et technique de la ville.

Il y a sans doute plusieurs explications à cet effacement de Reims et du 7 mai.

D’abord, la date du 7 mai a été rapidement gommée par celle du 8 mai, parce que le 8 mai correspond à la date où la capitulation allemande a été officiellement annoncée par les chefs de gouvernement, en France par le général de GAULLE à 15 heures.

Le 8 mai correspond aussi à la date où est intervenue simultanément la cessation effective des hostilités sur les deux fronts de l’Ouest et de l’Est, à 23 heures 01 ( heure d’Europe centrale ).

Le général de GAULLE lui-même a contribué à installer dans la mémoire collective des Français, la date du 8 mai et la ville de Berlin, dans la mesure où la France avait été complètement tenue à l’écart de la signature de Reims, le 7 mai.

Alors qu’à Reims où le drapeau français était absent, le général SEVEZ, totalement inconnu des Français, n’avait été admis qu’au dernier moment à signer l’acte de capitulation comme témoin, à Berlin dans la nuit du 8 au 9 mai, la France était représentée par le glorieux chef de la 1ère Armée française, le général de LATTRE de TASSIGNY.

Désigné officiellement par de Gaulle dès le 4 mai pour signer l’acte définitif de capitulation, de Lattre avait pourtant eu beaucoup de mal à s’imposer.


En arrivant au Quartier général de JOUKOV installé dans la banlieue de Berlin à Karlshorst, il avait d’abord exigé qu’un drapeau français soit joint aux drapeaux américain, soviétique et britannique dans la salle de capitulation, s’exposant aux railleries d’un officier britannique qui lui rétorqua :

« Et pourquoi pas le drapeau chinois ? ».

Puis il dut convaincre les Alliés anglo-saxons de le laisser signer au nom de la France :

« Je n’ai qu’une position et je m’y tiens comme un roc : j’ai reçu l’ordre de mon gouvernement de signer et je dois signer.

Si je rentre en France sans avoir rempli ma mission, c’est-à-dire en ayant permis que mon pays soit exclu de la signature de la capitulation du Reich, je mériterais d’être pendu ».

Il fut finalement admis à signer comme témoin, à la demande des Soviétiques, associant ainsi solennellement notre pays à la victoire alliée.

Lorsqu’en entrant dans la salle de la capitulation, le maréchal Keitel, commandant en chef de l’armée allemande, a aperçu le drapeau français, il a déclaré :
« Ach ! Il y a aussi des Français ! Il ne manquait plus que cela ! »


Le 7 juillet 1945, c’est-à-dire deux mois jour pour jour après la signature de la capitulation allemande à Reims, le général américain LORD confia au maire de la ville Michel SICRE les clés de la Salle de la Reddition, en lui disant que ces clés étaient aussi « celles de la Liberté du monde ».

À cette occasion, le commentateur des Actualités cinématographiques françaises situa déjà la capitulation allemande à Reims le 8 mai au lieu du 7, lapsus révélateur !

Ainsi dès la fin de la guerre, on oublia Reims et le 7 mai.

La victoire alliée fut associée définitivement à la capitulation allemande signée à Berlin, au 8 mai qui est devenu le « Jour de la Victoire en Europe » ( V. E. Day ) et la date choisie pour commémorer officiellement la victoire de 1945 en France.

© dimanche 9 mai 2010, par Russie.net

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