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Les scénarios catastrophe d’effondrement généralisé du système financier mondial

Les craintes d’un défaut de paiement de la Grèce sur sa dette rappellent les trois grands épisodes récents qui ont touché le Mexique, la Russie, l’Argentine et l’Islande, provoquant chaque fois des chocs économiques et financiers majeurs.

- Russie, 17 août 1998 : déstabilisée par une lame de fond financière venue d’Asie, l’économie russe vacille, alors que ses perspectives étaient jugées florissantes un an plus tôt. Les attaques spéculatives sur le rouble se multiplient, tandis que les cours des matières premières, principales ressources de la Russie, plongent.

Malgré l’annonce, le 20 juillet, d’un plan de soutien du FMI, le rouble continue à perdre du terrain. Le 17 août, le gouvernement dévalue le rouble, déclare un moratoire unilatéral sur la dette étrangère et renonce à honorer ses échéances vis-à-vis des créanciers nationaux.
L’annonce du défaut de paiement de la Russie déclenche une panique sur les marchés. Le fonds spéculatif Long term capital Management (LTCM) est menacé de faillite car il était très exposé à la dette russe. Le 23 septembre, l’antenne new-yorkaise de la banque centrale américaine (Fed) organise le sauvetage de LTCM en urgence, craignant un effet de contagion à l’échelle mondiale. La Russie devra attendre douze ans pour revenir emprunter sur les marchés, à la mi-avril 2010.

- Mexique, 22 août 1982 : toutes les grandes places financières du monde et près de mille créanciers reçoivent un telex qui leur annonce que le Mexique est en état de cessation de paiement. La dette elle-même atteint 86 milliards de dollars et les intérêts, 21 milliards.
Elu en 1976, le président Jose Lopez Portillo a accumulé les déficits et dépensé sans compter les surplus générés par l’argent du pétrole. Ce déséquilibre est aggravé en 1981 par la chute des cours de l’or noir.
Après l’annonce du défaut, les Etats-Unis se portent au secours de leur voisin et lui assurent des prêts relais de plusieurs milliards de dollars. Le Fonds monétaire international (FMI) accepte d’aider financièrement le Mexique, mais exige en échange des réformes drastiques.
Le FMI devra à nouveau se porter au secours du Mexique en 1995.

- Argentine, 23 décembre 2001 : en récession économique depuis trois ans, le pays enchaîne les plans d’austérité et ne contrôle plus sa dette extérieure. Début décembre, craignant l’effondrement de l’économie, le gouvernement plafonne les retraits en liquide dans les banques. Des émeutes éclatent le 19 décembre et le gouvernement déclare l’état de siège. Le président Fernando de la Rua démissionne le 20. Le 23, le président intérimaire Adolfo Rodriguez Saa déclare d’autorité un moratoire sur la dette nationale, qui atteint 132 milliards de dollars.
L’Argentine est depuis exclue de facto des marchés financiers.
Plusieurs propositions sont faites aux créanciers étrangers de l’Argentine, pour parvenir finalement à un accord en 2005 qui prévoit une décote d’environ deux tiers sur les montants dus.
Mi-avril 2010, une nouvelle proposition a été faite aux 25% environ des créanciers qui avaient refusé les conditions de l’accord de 2005. Plus de huit ans après les faits, l’ardoise atteint encore 29 milliards de dollars, en comptant les intérêts.

- Islande, Avant la faillite des banques, brutalement survenue en octobre 2008, l’Islande était classée parmi les pays les plus riches de la planète. Mais l’effondrement de son système bancaire, et la chute de sa devise, la couronne, ont déclenché des faillites en cascade. En moins de quatre mois, les prévisions ont basculé de façon cauchemardesque.
L’Islande a organisé un referendum le 6 mars 2010, par lequel la population a été invitée à indiquer si elle souhaitait s’acquitter de la dette de Icesave (3,5 milliards de dollars). Ce référendum a été provoqué par le refus du président Islandais de promulguer l’accord entre l’Angleterre, les Pays-Bas et l’Islande pourtant ratifié par le Parlement. Le but de cet accord est de planifier le remboursement la dette d’Icesave dont le gouvernement Islandais est garant. Lors de ce référendum les islandais se sont prononcés à plus de 93% contre le plan de sauvetage d’Icesave (et 1,7% en faveur de ce plan). La mise en place de ce remboursement prévoyait que chaque habitant allait devoir verser l’équivalent de 100 € par mois (1200 euros par an !) pendant 8 ans afin de rembourser l’intégralité de la dette d’Icesave.

- Grèce : Le pays est noyé sous une dette abyssale : plus de 113% de son PIB, soit près de 300 milliards d’euros. Son déficit pour 2009 pourrait atteindre 14% du PIB contre les 13,6% jusqu’ici estimés, très au-dessus des critères de Maastricht - respectivement 60% et 3%.
Le pays a besoin de 30 milliards d’euros cette année. Le 19 mai 2010, confrontée à l’échéance d’une obligation, la Grèce devra rembourser 9 milliards d’euros.
Ses taux d’intérêt à dix ans sont en augmentation constante. Ils atteignent aujourd’hui près de 10%, tandis que les taux sur 2 ans ont grimpé jusqu’à 18%. Le pays ne peut plus emprunter. Parallèlement, la Bourse d’Athènes est en chute libre.

La dette de la Grèce provoque une vague d’inquiétude dans toute la zone euro. La Grèce, comme le reste de l’Union européenne, a fait le choix d’augmenter sa dépense publique. En plus, l’économie souterraine grecque comme disent les spécialistes, représente aujourd’hui entre 30 et 40% du PIB. A cela s’ajoute, une corruption rampante, et des statistiques économiques frauduleuses. En 2004, le pays a par ailleurs reconnu avoir modifié ses comptes publics pour donner l’illusion d’un déficit bas.

La crise nous ramène à la réalité : Le carcan de la monnaie unique n’efface pas les différences entre les pays, il les met en évidence. Juridiquement parlant, le traité de Maastricht interdit toute forme d’assistance à un Pays de la zone euro en situation de banqueroute. Dans la pratique, la Grèce n’est pas le seul pays fragilisé… Toute la zone sud de l’euro est concernée : Grèce, mais aussi Portugal, Italie et Espagne, France.... Les marchés boursiers redoutent un défaut de paiement qui fragiliserait la monnaie unique à laquelle prennent par ces quatre Etats.

© samedi 15 mai 2010, par Russie.net

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