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Molière 2006 de l’Adaptateur pour ’Platonov’ de Tchekov

Le 24 avril 2006

Ce petit drame, comme l’appelle Tchekhov, est un condensé de son incroyable capacité à révéler les versants les plus inattendus de la réalité car son bouffon, décrivant sans complaisance les étages les plus bas du théâtre peut tout aussi bien, comme par magie, interpréter quelques grands textes de Pouchkine ou de Shakespeare...

Molière 2006 de l’Adaptateur pour Françoise Morvan et André Marcowicz

Tchekhov (Le chant du cygne / Platonov)

Colline (Théâtre National)
15, rue Malte Brun
75 020 Paris

Après une représentation, Svetlovidov, un vieil acteur qui a un peu trop arrosé la célébration de son jubilé, quitte le plateau et s’assoupit à peine assis dans sa loge.

Quand il se réveille, le théâtre est vide. Le vieil acteur s’avance sur la scène et découvre une salle plus sombre qu’un tombeau. Un vent coulis glacial le fait frissonner de peur et la terreur l’envahit quand une silhouette blanche l’appelle dans la nuit. Mais ce n’est que Nikita vanitch, le souffleur qui, lui, est resté au théâtre parce qu’il n’a nulle part ailleurs où coucher.

Svetlovidov ayant retrouvé la compagnie d’une âme humaine, et par là même un public, commence à dresser le bilan de ce qu’a pu être sa vie d’acteur : une bouffonnerie qui s’est avachie dans la vulgarité et la bassesse pour satisfaire le public, cette population d’oisifs dont il s’est fait le jouet.

Ce petit drame, comme l’appelle Tchekhov, est un condensé de son incroyable capacité à révéler les versants les plus inattendus de la réalité car son bouffon, décrivant sans complaisance les étages les plus bas du théâtre peut tout aussi bien, comme par magie, interpréter quelques grands textes de Pouchkine ou de Shakespeare et devenir bouleversant pendant un temps dont on ne peut savoir s’il est d’éternité ou l’absolu de l’éphémère.

Rien n’est donné d’avance, ni la grandeur, ni la petitesse.

Le théâtre apparaît alors sous un jour qu’on lui reconnaît peu et qui pourtant lui est essentiel : sa fragilité et la fragilité de ceux qui le font. Ce n’est pas le moindre paradoxe du théâtre que cette fragilité soit aussi sa plus grande force, car elle remet entre ses mains celle de ceux qui le regardent.

Le Chant du cygne dans le texte français de Françoise Morvan et André Marcowicz est inédit

© mardi 25 avril 2006, par Russie.net

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