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’Moscou - Quartier des cerises’/ Tcheriomouchki’ de Chostakovitch

Création 2004

’Moscou - Quartier des cerises’ permettent aussi, dans un processus théâtral et musical euphorisant, d’exprimer le sens de la solidarité et de la fraternité - rappelons la devise de l’U.R.S.S. : L’union fait la force. Dernier personnage, muet et omniprésent, le MOSCOU
de la fin des années 50, quartier des cerises évoque une idée de l’avenir radieux !

LIVRET

Grigori Stoliarov, directeur musical du Théâtre d’opérette de Moscou fit appel à Vladimir Mass et Mikhaïl Tchervinsky pour concevoir le livret. Humoristes réputés et expérimentés, hommes de radio, de presse et de théâtre, les deux librettistes avaient déjà, entre autres, réalisé l’adaptation en russe de La Veuve joyeuse de Franz Lehár.

PARTITION

Dès mars 1957, la nouvelle se répandit que Chostakovitch
était en train d’écrire une opérette.
A ce moment-là, le compositeur était occupé par l’achèvement
de sa onzième symphonie, créée à Moscou le 30 octobre 1957. Le même mois, Chostakovitch transmet à Stoliarov quelques numéros de Moscou, quartier des cerises.
Mais il semble que la plus grande partie de l’oeuvre ait été
composée en 1958. Et, quasiment jusqu’à la date de la première, Chostakovitch compose, orchestre, coupe et recompose, envoyant au fur et à mesure les fruits de son travail à Grigori Stoliarov. Une partition autographe incomplète des parties vocales est conservée dans les archives de la famille Chostakovitch.

En 1961/1962, Chostakovitch retravaille certaines parties de
son oeuvre pour le film Tcheriomouchki, adaptation cinématographique de Moscou, quartier des cerises réalisée de Gerbert Rappaport qui sort en 1963.

A Moscou, le quartier de Tcheriomouchki (construit à la
fin des années 50) fut le premier ensemble résidentiel important, dont le caractère pratique, sobre et sans prétention, découlait de la géométrie rationnelle d’un nouvel agencement spatial, contrairement aux compositions fermées de la fin des années 40 et du début des années 50. Les Tcheriomouchki acquirent leur réputation en 1956-1958 avec la construction du 9 e quartier expérimental à partir d’un projet dû, entre autres, aux architectes Nathan Ostermann (1916-1969) et Gueorgui Pavlov (1915-1976). Au lieu du plan périmétral traditionnel, ceux-ci créèrent une enfilade d’espaces verts déterminés par les immeubles et un groupe de services publics.

On a tenu compte, pour la configuration des cours, de l’organisation du chantier la plus économique : les immeubles en bande s’élevaient de part et d’autre de la voie de roulement des grues. En même temps, les cours sont proportionnées aux constructions (des maisons à appartements de trois étages, pas très longues, comprenant pour la plupart quatre cages d’escalier avec leurs groupes d’appartements et entourés d’abondants espaces verts). Avec leurs petits logements très économiques, ces maisons semblaient également marquer un progrès important.

Ce quartier devint la réalisation la plus complète des
principes appliqués par la construction urbaine de l’époque,
avec toutes leurs qualités et tous leurs défauts. Les
Tcheriomouchki n’étaient pas qu’un ensemble résidentiel
parmi d’autres ; c’était également un symbole de la modernité telle qu’on la concevait à la fin des années 50. La désignation du quartier cessa de n’être qu’un nom propre pour devenir une métaphore. Presque toutes les villes de Russie se mirent à construire leurs Tcheriomouchki ; par là, elles ne faisaient pas que répondre à un besoin urgent de logements, elles affirmaient encore leur participation à la modernité et leur adhésion aux modèles nouveaux et rationnels de l’aménagement des espaces ouverts. C’était une image excitante du fait de ses affinités avec l’ère de la conquête spatiale qui était précisément en train de s’ouvrir.

Extrait de L’Architecture russe de la période soviétique,
d’ANDREÏ IKONNIKOV, Pierre Mardaga éditeur, 1990
LE QUARTIER TCHERIOMOUCHKI

CRÉATION

24 janvier 1959 au Théâtre d’Opérette de Moscou.
Direction musicale. G. Stoliarov
Mise en scène. A Sachs et V. Kandelak
Décors. G. Kigel

Aujourd’hui Moscou, quartier des cerises connaît une nouvelle carrière en Europe. Londres l’a découvert en 1994 dans une orchestration pour formation réduite de Gerard McBurney.

Cette version est reprise par l’Universite de Genève (département des activités culturelles) en février 2004, dans une adaptation en français portant le titre tchékhovien de La Cerisaie.

En mai 2005, le Volksoper de Vienne propose sa version de la
comédie musicale de Chostakovitch sous le titre Moskau, Moskau.

CRÉATION en FRANCE

17 décembre 2004 à l’Opéra national de Lyon
Direction musicale. Alexandre Lazarev
Mise en scène. Macha Makeïeff, Jérôme Deschamps
Décors et costumes. Macha Makeïeff
Eclairages. Dominique Bruguière

L’oeuvre est donnée dans sa version orchestrale originale. Les parties chantées sont en russe. Les dialogues sont donnés en français.

OUVERTURE-PROLOGUE

L’action se déroule à Moscou pendant la période Khrouchtchev, à la fin des années 50.

LIOUSSIA, ouvrière du bâtiment, attend un ami, SERGUEÏ, chauffeur d’un apparatchik de l’administration soviétique : Drebedniov. SERGUEÏ est très en retard. Mécontente, LIOUSSIA le laisse en plan. Passe BORIS KORETSKY, un vieux camarade de SERGUEÏ, qu’il est heureux retrouver après cinq ans d’absence.

Alors qu’ils s’éloignent, passent sur scène DREBEDNIOV et
BARABACHKINE, responsable d’immeuble, suivis de BABOUROV,
un vieux Moscovite habitant la ruelle Tioply d’où il vient
d’être expulsé.

ACTE I

PREMIER TABLEAU "Ne pas toucher"

Sous la conduite du guide SACHA BOUBENTSOV, un groupe
visite le musée historique de Moscou. Parmi eux, on retrouve
SERGUEÏ et BORIS. BOUBENTSOV, quant à lui, retrouve
MACHA. Ils sont jeunes mariés, mais la crise du logement
ne leur permet pas d’avoir un logis commun. Dans un duo,
ils rêvent leur vie dans un appartement bien à eux.

BORIS annonce à SERGUEÏ qu’il est revenu à Moscou pour
trouver l’amour et se marier. Arrive une jeune fille,
LIDOTCHKA. BORIS la drague gentiment, elle veut répliquer
mais reste sans voix. Seule, elle se rappelle ses années
d’études qui ne lui ont pas appris comment trouver celui
qu’elle cherche.
Elle est rejointe par son père, BABOUROV, qui lui annonce
que leur immeuble - où BOUBENTSOV occupe aussi une
petite chambre - vient de s’effondrer. MACHA saisit immédiatement le côté positif de cette catastrophe. Et en effet, SERGUEÏ est porteur pour elle et son mari, ainsi que pour les Babourov d’un mandat d’attribution de logement au nouveau quartier de Tcheriomouchki, c’est-à-dire le quartier des cerises. SERGUEÏ les y conduira avec la ZIM de
Drebedniov, d’autant qu’il sait qu’il va y retrouver
Lioussia qu’il aime en secret. Promenade en voiture par les rues et les quartiers de Moscou.

Intermède

En compagnie de VAVA, sa très jeune épouse, DREBEDNIOV
attend en vain sa voiture et son chauffeur. Excédée d’attendre, VAVA lui fait une scène, mais se fait caressante
dès qu’il la menace de d’être moins généreux.

DEUXIÈME TABLEAU "Notez l’adresse"

Le petit groupe est arrivé à Tcheriomouchki où les nouveaux
résidents attendent BARABACHKINE, responsable
d’immeuble, qui doit leur donner les clés de leurs appartements.

Celui-ci arrive, mais reporte la distribution des
clefs. Visiblement, il y a anguille sous roche.
Ne perdant pas de temps, BORIS se déclare à LIDOTCHKA
et lui propose le mariage. Elle prend la fuite.
Arrivent VAVA et DREBEDNIOV, qui confirme que l’immeuble
"n’est pas livrable". Il est de plus en plus évident
qu’il mène avec BABARACHKINe de sombres combines.
Déception des résidents.

ACTE II

Intermède

BARABACHKINE se plaint de ce que les camarades ne sont
aimables à son égard que quand ils ont besoin de lui.

TROISIÈME TABLEAU "Un débarquement aérien"

Puisque les clefs des appartements n’ont pas été données
à LIDOTCHKA et son père, c’est avec une grue que BORIS
les fait monter dans l’appartement qui leur a été attribué.
BORIS et LIDOTCHKA flirtent, dansent. Mais quand il essaye
de l’embrasser, elle le gifle. La dispute prend fin quand
BABOUROV est déposé à son tour dans l’appartement.
Survient LIOUSSIA, chargée de quelques travaux dans l’appartement.

Seule, elle chante un chant d’amour. SERGUEÏ l’écoute, puis chante avec elle. Il veut l’embrasser, elle se dérobe. A ce moment précis une partie du mur s’écroule.
On voit apparaître BARABACHKINE, DREBEDNIOV et VAVA
qui - c’est clair à présent - veulent s’approprier l’appartement attribué aux Babourov pour se constituer un grand quatre-pièces !

Intermède

Seule à ne pas se décourager, LIOUSSIA est bien décidée à
lutter contre les manoeuvres des apparatchiks.

QUATRIÈME TABLEAU "Un coup de sonnette alarmant"

Dans les cartons, BOUBENTSOV et MACHA emménagent et
s’émerveillent du confort moderne de leur nouvel appartement. Coups de sonnettes incessants : une multitude de voisins viennent en visite. On fête l’emménagement. Et l’on décide d’aider LIDOTCHKA et son père à reprendre leur appartement.

Intermède

Par un ballet féerique, BORIS démontre à LIDOTCHKA la
différence entre le réel et le souhaité : "La vie, ce n’est
pas mathématique, parfois, la plus courte distance entre
deux points est une ligne brisée..."

ACTE III

CINQUIÈME TABLEAU "L’horloge magique"

Un groupe d’ouvriers et de nouveaux résidents aménagent
un jardin magique, "tout ce qu’il y a de plus ordinaire" !
Au son d’une valse, des fleurs éclosent partout. Une fontaine fait taire toute langue de bois. Une horloge indique non l’heure qu’il est, mais celle qu’il faut : plus d’attente pour les amoureux. Un banc oblige toute personne s’asseyant dessus à dire la vérité. Grâce à ces merveilles, les méchants - DREBEDNIOV, BABARACHKINE - se démasquent
et sont confondus ; les amoureux - SERGUEÏ et LIOUSSIA,
BORIS et LIDOTCHKA - se trouvent enfin. Tout est bien qui
finit bien, car

A Tcheriomouchki
Fleurissent les merisiers !
Tout le monde verra ici
Ses rêves se réaliser.

Comme l’indique la partition, Moscou, quartier des cerises
est une comédie musicale. Composée à la fin des années 50, elle pourrait d’une certaine façon se comparer aux grandes comédies musicales américaines portées à l’écran lors de la même décennie. Si le fonds musical n’est pas le même, la structure de l’histoire, le mode de narration et les procédés dramatiques sont similaires.

Dans Moscou, quartier des cerises, comme dans Chantons
sous la pluie de Stanley Donen, on assiste à un enchaînement
de situations qui conduit d’une situation de crise à un
dénouement heureux. Le merveilleux y a sa place, comme
dans Un Américain à Paris ou Brigadoon de Vincente
Minnelli. Les personnages sont d’une psychologie simple :
des caractères facilement identifiables, organisés de façon
claire et efficace.

Il y a les "méchants", ceux par qui arrive la crise :
DREBEDNIOV, ponte de l’administration soviétique, avec
le concours de BARABACHKINE, son homme de confiance, tente de détourner à son profit un appartement neuf attribués à BABOUROV, un vieux moscovite, et à sa fille LIDOTCHKA. Sa première motivation est de satisfaire, au moins matériellement, sa toute jeune femme, VAVA, très sensible au luxe et plus intéressée par la générosité de son mari que par son amour.

LES PERSONNAGES LES PERSONNAGES

Il y a les "gentils", et notamment trois couples d’amoureux : MACHA et BOUBENTSOV sont déjà mariés. Au cours
de la comédie, ils trouveront enfin le nid commun dont la
crise du logement leur interdisait jusqu’alors de bénéficier.

SERGUEÏ aime LIOUSSIA, sans jamais avoir eu le
courage de se déclarer. Elle représente la femme émancipée
et peut-être l’idéal de la femme communiste, par son volontarisme et son statut social : elle est ouvrière du bâtiment.

BORIS, après cinq ans d’absence, revient à Moscou.
Technicien en explosif, c’est en effet un garçon plutôt actif, mais qui sent bien "qu’il y a encore quelque chose à faire exploser" mais en lui-même. Il est le protagoniste le plus dynamique, menant et relançant l’action. Mais il ressemble aussi à un personnage de Tchekhov, avec cette nostalgie de l’avenir : "Je me cherche désespérement... J’attends, j’attends, j’attends..." Il trouve l’amour en la personne de LIDOTCHKA, une jeune intellectuelle réservée, mais qui partage les mêmes aspirations.

Le banc magique du jardin - quiconque s’y assied ne peut
dire que la vérité - agit comme un révélateur pour plusieurs
personnages : les méchants s’y montrent eux-mêmes sous leur
vrai jour ; SERGUEÏ s’y déclare enfin amoureux de LIOUSSIA.
Seule VAVA tient le même discours qu’elle soit assise sur le
banc ou pas : elle n’en a pas besoin pour dire ses quatre verités à DREBEDNIOV et se débarasser de lui.

Les sortilèges de ce jardin magique "tout ce qu’il y a
d’ordinaire" comme le note drôlement BOUBENTSOV, font un
contraste réussi avec la tonalité plutôt réaliste de Moscou,
quartier des cerises : une échappée dans le merveilleux qui
est aussi un hommage à la tradition populaire russe que l’on
retrouve dans les opéras de Rimski-Korsakov ou dans les
nouvelles de Pouchkine.

Pour certains personnages, les librettistes ont joué sur les
noms. Celui de DREBEDNIOV est construit sur une racine qui
signifie sornettes ou fariboles. Celui de son complice,
BARABACHKINE, renvoie à un mauvais génie de la maison de
la tradition populaire russe. Quant à BOUBENTSOV, son nom
signifie grelot ; au quatrième tableau, on le voit d’ailleurs faire l’éloge de la sonnette, celle de son appartement ou celle qui, à l’école, marquait l’heure de la liberté.

Autour des protagonistes, des groupes d’ouvriers, de nouveaux résidents, de voisins... Ils constituent un personnage en soi, celui du PEUPLE. Ils interviennent dans des scènes réjouissantes, comme le quatrième tableau, où l’envahissement progressif de l’appartement des BOUBENTSOV par les voisins rappelle la scène de la cabine du bateau d’Une nuit à l’Opéra des Marx Brothers.

Ils permettent aussi, dans un processus théâtral et musical euphorisant, d’exprimer le sens de la solidarité et de la fraternité - rappelons la devise de l’U.R.S.S. : L’union fait la force.

Dernier personnage, muet et omniprésent, le MOSCOU
de la fin des années 50. La période Khrouchtchev fut une
relative détente après les années staliniennes. Là, elle est vue à travers le prisme à la fois optimiste et ironique des librettistes, sinon du compositeur. Moscou, quartier des cerises évoque une idée de l’avenir radieux.


CONQUÊTE DE L’ESPACE - LE QUARTIER DE TCHERIOMOUCHKI

Des bouleversements survenus en U.R.S.S. après la mort
de Staline en 1953, la révolution urbaine est peut-être celui qui eut l’impact le plus direct sur la société. Dès la fin des années cinquante, des millions de foyers furent relogés dans des immeubles-types, au sein de quartiers-types, à la périphérie des villes... Pour eux, le changement fut abrupt.

Le chantier pharaonique inauguré par Khrouchtchev était
à la hauteur de la crise du logement qu’elle cherchait à
résoudre : les villes débordaient. Staline n’avait pas regardé à la dépense pour faire de Moscou la vitrine du socialisme triomphant, mais la capitale n’avait toujours pas avalé le flot de paysans venus participer à l’édification industrielle. Les ouvriers du métro ou ceux des gratte-ciel staliniens continuaient de s’entasser dans des appartements communautaires, comme 85% des Moscovites en 1955. Promiscuité dans des vieilles maisons du centre-ville (dans Moscou, quartier des cerises, Babourova père et fille et Sacha Boubentsov), entassement dans des foyers d’étudiants ou de travailleurs (Boris et Macha Boubentsova) ou insalubrité dans les faubourgs (Sergueï) étaient le lot commun du Moscovite moyen.

En 1954, Khrouchtchev lance aux architectes et aux bâtisseurs un ordre simple : il faut construire, vite et bon marché, beaucoup de logements. Exclues, donc, les recherches d’ordre esthétique ou idéologique de mise auparavant : les immeubles doivent être fonctionnels et peu coûteux.

FABRICE GUIBENTIF, extrait du programme du spectacle
La Merisaie (adaptation de Moscou, quartier des cerises),
© Activités culturelles de l’Université de Genève, 2004
MÊME EN RÊVE...

МОСКВА ЧЕРЕМУШКИ, Livret de Vladimir Mass & Mikhaïl Tchervinsky
Comédie musicale en trois actes
Opus 105 1959
OPERA de LYON
DURÉE : Durée : 2h45

DATES :
- Décembre 4 à 17h, 20h
- Décembre 19 16h
- Décembre 21 à 20h
- Décembre 23 à 20h
- Décembre 26 à 16h
- Décembre 28 à 20h
- Décembre 30 à 20h
- Décembre 31 à 20h
- Janvier 2 à 16h
- Janvier 5 à 16h.

Tarifs : de 5€ à 80€

© mercredi 29 décembre 2004, par Russie.net

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