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Penthésilée, spectacle franco-russe au Havre

Du mardi 3 au samedi 14 février

A Saratov, grand port russe sur les bords de La Volga, est né il y a deux cents ans le théâtre Drama : Stanislavski disait de lui qu’il était le berceau de la culture théâtrale russe et le jardin d’enfants de la tradition d’excellence de ses acteurs. A Saratov, un conservatoire national supérieur d’art dramatique forme en lien étroit avec Drama (ainsi s’opère la transmission de ce précieux patrimoine) de jeunes artistes. Ceux-là mêmes qui aujourd’hui interprètent la pièce de Kleist, Penthésilée, sur nos scènes françaises. Leur talent aux multiples facettes, leur fraîcheur, leur engagement ont marqué tous ceux qui ont travaillé avec eux sur ce projet.

Penthésilée

de Heinrich von Kleist, mise en scène Alain Milianti, chorégraphie Josef Nadj, chef de chœurs André Litolff - avec les artistes issus du Conservatoire national supérieur de Saratov - Russie

Scénographie Giulio Lichtner,
lumière Joël Hourbeigt,
son Jefferson Lembeye
costumes Patrice Cauchetier,
masques Cécile Kretschmar,
chef de chœurs André Litolff,
surtitrage Macha Zonina,
assistante à la mise en scène Olga Tkachenko
avec les artistes issus du Conservatoire national supérieur de Saratov - Russie
directeur artistique de la promotion Anton Kouznetsov
photographie Elisabeth Delestre

Nikita Bezrukov, Ksenia Chebaturkina, Grigory Chernyavski, Vera Ermakova, Vladimir Karpov, Alexander Kasparov, Nikita Kudryavtsev, German Magnusov, Arina Malkova, Julia Melnikova, Tatiana Pykhonina, Anastassia Shatalina, Marina Sukontseva, Elena Zhilova

spectacle en langue russe, surtitré

Entrez dans la légende de Penthésilée...

Toutes les légendes nous parlent de notre monde. C’est bien pour cela qu’elles nous fascinent ! Il en est une qui s’appelle Penthésilée. C’était la reine des Amazones, ce peuple de femmes guerrières venues affronter l’armée des Grecs - et son héros, Achille - sous les murs de Troie. La passion fit irruption sur le champ de bataille, transformant le face à face entre Achille et Penthésilée en un voyage sans retour.

Pour raconter cette éternelle histoire de guerre et d’amour, Alain Milianti a choisi des comédiens dont la jeunesse correspond à celle des personnages. Ce sont les jeunes gens qui meurent au combat, c’est à eux que l’amour se présente, parfois, comme une question de vie ou de mort.

Les acteurs de Penthésilée sortent du prestigieux Conservatoire de la ville de Saratov, un grand port sur les bords de La Volga. Ils sont les héritiers de la tradition d’excellence du théâtre russe. Leur talent, leur fraîcheur, leur énergie ont enthousiasmé tous ceux qui ont travaillé sur cette création. Leur interprétation, durant le spectacle, d’un lied de Schubert et de chants russes traditionnels sont autant de moments de grâce ; comme un temps suspendu, avant que s’accomplisse l’inéluctable.


Regards croisés sur Penthésilée

A Saratov, grand port russe sur les bords de La Volga, est né il y a deux cents ans le théâtre Drama : Stanislavski disait de lui qu’il était le berceau de la culture théâtrale russe et le jardin d’enfants de la tradition d’excellence de ses acteurs. A Saratov, un conservatoire national supérieur d’art dramatique forme en lien étroit avec Drama (ainsi s’opère la transmission de ce précieux patrimoine) de jeunes artistes. Ceux-là mêmes qui aujourd’hui interprètent la pièce de Kleist, Penthésilée, sur nos scènes françaises. Leur talent aux multiples facettes, leur fraîcheur, leur engagement ont marqué tous ceux qui ont travaillé avec eux sur ce projet.

Le choix, pour un metteur en scène français, de faire appel à de jeunes acteurs russes est plutôt inhabituel. Commencé il y a deux ans, le travail que mène Alain Milianti avec Saratov s’inscrit dans la logique d’une collaboration franco-russe dont les axes traversent aussi Moscou - avec l’accueil de l’Atelier Piotr Fomenko - et Saint-Pétersbourg - avec l’accueil des Jeunes Virtuoses. Le Volcan, à l’image de sa cité portuaire, a donné une dimension internationale à ses projets artistiques tels qu’ils sont définis par le contrat d’objectifs et de moyens récemment validé par ses tutelles. L’échange de savoir-faire en fait partie ; durant la tournée prochaine de Penthésilée, des chantiers seront parallèlement mis en place avec différentes écoles et lieux de formation du théâtre en France.

L’aventure de Penthésilée est inédite à plus d’un titre. Elle engage, pour la première fois, la collaboration de Josef Nadj sur une pièce de théâtre. Regards croisés du metteur en scène et du chorégraphe hongrois sur une œuvre tissée au fil des répétitions, à Saratov puis au Havre :

Penthésilée est l’aboutissement d’un travail que je mène depuis deux ans avec les jeunes artistes du Conservatoire national supérieur de Saratov. Commencé avec " La Guerre " de Goldoni, ce travail débouche sur la pièce de Kleist considérée comme le chef d’œuvre du romantisme allemand.
Pour cette histoire de guerre et d’amour, la jeunesse des artistes correspond à celle des personnages. Ce sont de jeunes gens qui constituent le gros des armées et qui meurent sur les champs de bataille. C’est à eux encore, au théâtre et dans la vie, que l’amour, parfois, se présente comme une question de vie ou de mort.
Cette jeunesse, les artistes de Saratov l’ont, éblouissante et irrésistible car elle est adossée à une des plus fortes traditions théâtrales dont ils sont les héritiers. Au-delà de leur virtuosité, ils forment un collectif soudé par des années d’études et une même morale théâtrale.

C’est après avoir accueilli au Volcan Petit psaume du matin que j’ai proposé à Josef Nadj de travailler avec moi sur Penthésilée. Dans ce spectacle, Josef chorégraphie de manière fascinante le thème de la rencontre entre deux personnes, entre attirance réciproque et envie de fuir, entre séduction et combat... J’ai retrouvé dans Petit psaume du matin cette même évidence, cette même émotion que me procure la pièce de Kleist ; cette même expression d’un besoin de tendresse et d’amour et cette même impossibilité à le vivre. La rencontre entre Achille et Penthésilée sera comme une danse...
Alain Milianti

C’est la première fois que j’accepte de collaborer avec un metteur en scène sur une pièce de théâtre. La proposition que m’a faite Alain Milianti intervient à un moment de mon parcours où je suis disponible pour d’autres expériences, après m’être consacré ces derniers temps à la création de petites formes. Et travailler avec les jeunes artistes de Saratov est une expérience unique : par la richesse de leur formation, la cohésion de leur groupe, leur énergie, leur capacité à s’engager spontanément et totalement dans les voies qu’on leur propose.
Nous avons travaillé successivement sur une approche contemporaine du mouvement, puis sur l’improvisation et la recherche - entre apprentissage technique et approche de la pièce- enfin, dans un troisième temps, sur ma propre lecture de Penthésilée et les visions qu’elle fait naître en moi.
Josef Nadj

La pièce

Il s’agit au départ d’un simple épisode de la guerre de Troie : l’affrontement entre le héros grec Achille et la troupe furieuse des Amazones. La légende veut que Penthésilée, reine des Amazones venue assister les Troyens contre les assiégeants grecs, ait été tuée par Achille après avoir elle-même remporté plusieurs victoires (les vases grecs représentent souvent la mort de Penthésilée).
Le mythe des Amazones a toujours fasciné la Grèce antique. Au fond, elle n’a jamais tout à fait cessé de croire à l’existence réelle de ce peuple de femmes guerrières, vivant aux confins des terres habitées, mutilant leur corps pour mieux manier l’arc et la flèche et ne tolérant les hommes que pour des travaux serviles ou à des fins de reproduction, pour assurer leur descendance... Ces " dévoreuses de chair " (Eschyle, suppliantes, 287), ces " tueuses de mâles " (Hérodote , IV, 110) ont hanté l’esprit des Grecs. Penthésilée était leur dernière reine.

Kleist la ressuscite pour en faire l’héroïne d’une pièce incandescente, où Penthésilée et Achille s’anéantissent dans un éclair éblouissant d’amour et de désir. Il s’empare de la version traditionnelle - Penthésilée , frappée par Achille, succombe à ses blessures - et la retourne comme un gant : c’est l’Amazone qui meurtrit et déchire l’invincible Achille au terme d’une incroyable guerre des sentiments. Dans la tragédie de Kleist, Penthésilée est prise d’une violente passion pour Achille. Son obstination à le défier en combat singulier - alors même que les Amazones accumulent les victoires et les prisonniers - provoque l’incompréhension de son clan. Et Achille, à son tour touché par l’amour, relève le défi au delà du raisonnable, enfreignant, lui aussi, les ordres de son camp. Plus ils s’aiment, plus ils se combattent et plus ils se combattent, plus ils s’aiment.

Penthésilée est liée par la loi des Amazones qui leur enjoint de ne s’unir qu’au premier homme vaincu sur le champ de bataille. Ainsi, lorsque la reine, blessée, se retrouve prisonnière au terme d’un combat remporté par Achille, Prothoé, l’amie, la confidente, lui fait croire que c’est elle qui a gagné. Penthésilée peut alors donner libre cours à sa passion dans une très longue et très lyrique scène d’amour. Mais le subterfuge ne dure pas. Penthésilée, découvrant la vérité, redevient la guerrière enragée de victoire. Ivre de fureur autant que de passion, elle met en pièces la ruse qu’imagine Achille pour se laisser vaincre ...

" J’ai terminé ma Penthésilée...
Elle a véritablement dévoré son Achille par amour.
N’ayez pas peur,
C’est tout à fait lisible."
Lettre de Heinrich von Kleist à Marie von Kleist
Dresde, fin de l’automne 1807.

Du mardi 3 au samedi 14 février
Grand Volcan
76 Havre

Durée : 2h00 environ

- plein tarif 15€
- abonnement petite croisière 13€
- abonnement grande croisière 11€
- tarif réduit (moins de 26 ans et chômeurs) 10€
- abonné jeune 8€

© jeudi 5 février 2004, par Russie.net

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