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Revda, ville minière de Russie, une ville fantôme ?

Il y a un seul mot : la dégradation. Une très forte dégradation sociale : l’alcoolisme, des enfants malades et une impossibilité à socialiser ces enfants normalement.

Dans l’avenue de la Victoire, à Revda, seul un magasin est ouvert, signe que ce bourg minier du Grand Nord russe n’est pas encore une ville fantôme. Mais ses 9.000 habitants redoutent que le gouvernement, décidé à moderniser le pays, ne ferme définitivement la commune.

C’est une ville perdue, tout tombe en ruines. Il n’y a pas de travail, et à la mine, ils paient moins que partout ailleurs.
La ville a été édifiée dans les années 1950, lorsque la mine Lovozerski d’extraction de loparite - un minéral rare, alors utilisé par l’industrie de la défense - a été ouverte.

Des milliers d’ouvriers y ont alors afflué des quatre coins de l’Union soviétique dans l’espoir d’y prospérer.
Mais soixante ans plus tard, la ville peine à survivre.

Selon les experts, Revda, l’une des centaines de villes mono-industrielles de Russie, aurait dû être rayée de la carte depuis longtemps, à partir du moment où le sort des mines en Russie est devenu incompatible avec le développement de l’économie de marché.
En décembre, un article du quotidien économique russe Vedomosti a fait l’effet d’une bombe dans la commune : selon des sources au sein du gouvernement, des fonds du budget fédéral devraient être utilisés pour fermer la mine et déplacer les habitants de Revda ailleurs en Russie.
Mais des responsables de la région nuancent cette information, espérant que les fonds anti-crise seront investis dans la construction d’une ferme et dans le tourisme : "Je ne dirais pas que c’était faux. Ca a peut-être été discuté à un moment mais (...) nous n’examinons pas encore cette option", a déclaré Viktor Gorbounov, vice-ministre du Développement économique de la région de Mourmansk.

Le maire de Revda, Alovsat Mamedov, fait le calcul : "950 personnes travaillent (dans la mine). Si on compte trois personnes par famille, cela fait 2.700 personnes qui dépendent directement du combinat et qui se retrouveront sans ressources s’il ferme".

"La ville est en train de mourir, les gens sont déjà en train de partir", dit un ancien mineur qui a démissionné lorsque son salaire a été réduit à 5.000 roubles (123 euros), quand la crise a touché la Russie en automne 2008 et que les cours des métaux ont plongé.

"Il n’y a pas d’avenir ici. Seuls la caserne de pompiers, le commissariat et la prison fonctionnent encore... mais il nous faut bien de l’argent pour partir, non ?. Il faut aider les gens à déménager. L’entreprise n’est pas rentable, les conditions de vie dans le Grand Nord sont extrêmes, et ce n’est même pas une grande ville".

© mercredi 3 mars 2010, par Russie.net

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