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Séminaire religieux organisé à Kazan (Tatarstan).

Kazan, 22-23 février 2006

Le Commissaire et les participants tiennent à exprimer leurs remerciements aux autorités russes et aux organisateurs russes pour leur accueil chaleureux et pour l’ambiance de travail studieuse et constructive qu’ils ont permis de créer au sein de cette ville multiculturelle et multireligieuse.

DIALOGUE, TOLERANCE, ENSEIGNEMENT : L’ACTION CONCERTEE DU CONSEIL DE L’EUROPE ET DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES

C o n c l u s i o n s

Le Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe a organisé depuis 2000 une série de séminaires dont le but était d’engager une réflexion sur le rôle que les grandes religions monothéistes peuvent jouer dans la diffusion et la promotion des droits de l’homme sur notre continent. Ces différentes rencontres ont réuni des représentants des principales religions traditionnellement présentes en Europe, des représentants des autorités des Etats-membres du Conseil de l’Europe, des universitaires et des hommes politiques. Elles ont permis d’établir un véritable dialogue et ont constitué autant de lieux d’échanges et de débats.

Le séminaire qui s’est déroulé à Kazan sous le titre « Dialogue, tolérance, enseignement : l’action concertée du Conseil de l’Europe et des Communautés Religieuses » vient conclure ce cycle. Le Commissaire et les participants tiennent à exprimer leurs remerciements aux autorités russes et aux organisateurs locaux pour leur accueil chaleureux et pour l’ambiance de travail studieuse et constructive qu’ils ont permis de créer au sein de cette ville multiculturelle et multireligieuse.

À une époque plus que jamais marquée par la circulation de stéréotypes et la montée des ressentiments dans certaines franges des populations européennes, la question du déficit de formation éthique et des connaissances de l’Autre, de sa religion, sa culture et ses traditions, a été au centre de la réflexion. Les participants ont souligné que le respect mutuel se fonde sur la reconnaissance de la dignité propre à toute personne humaine. Ils ont affirmé que la connaissance de l’Autre est un élément essentiel de ce respect. Ils sont ainsi revenus sur les efforts que le monde de l’éducation et le monde religieux devraient entreprendre pour assurer, dans les écoles publiques, un enseignement du « fait religieux », autrement dit un enseignement sur les religions incluant leurs représentations d’elles-mêmes et des autres, ainsi que les relations humaines qu’elles induisent.

Or, dans une majorité des Etats-membres du Conseil de l’Europe, les nouvelles générations ne bénéficient pas d’une formation leur permettant de connaître leur propre patrimoine et a fortiori celui des autres. C’est pourquoi, il a été suggéré de créer un Institut pouvant contribuer au développement des programmes, des méthodologies et des matériels pédagogiques dans les Etats-membres. Cet Institut devrait parallèlement offrir un espace de recherches sur ces questions. Il devrait également être un lieu de formation de formateurs et devenir un terrain de rencontres et de dialogue. La définition du contenu des programmes doit se faire en étroite collaboration avec les représentants des différentes religions traditionnellement présentes sur le continent européen.

Les discussions de Kazan ont à nouveau démontré la nécessité d’avancer dans la réalisation concrète de ce projet. Ainsi, il a été suggéré que l’enseignement devrait porter sur la dimension de la coutume, des rites et de la culture, telle qu’elle est soutenue par les idées fortes de la religion concernée. Cette formation aux valeurs spirituelles, morales et civiques doit renforcer l’espace public démocratique et l’exercice d’une citoyenneté responsable basée sur le respect de droits de l’homme. Elle ne vise pas à se substituer à l’enseignement confessionnel existant, mais viendrait en complément. D’une manière plus générale, l’Institut devra agir en synergie avec les institutions, établissements d’enseignement supérieur et organisations internationales, déjà engagés dans ce travail.

Le Conseil de l’Europe constitue une structure appropriée pour accueillir cette initiative. Elle pourra s’intégrer comme un élément essentiel de son action pour promouvoir le dialogue interculturel et l’éducation à la citoyenneté européenne, tels que définis lors du Troisième
Sommet de Varsovie. Dans le cadre du Conseil de l’Europe, l’Institut pourra développer ses activités avec l’indépendance nécessaire, en concertation avec les communautés religieuses traditionnellement présentes sur le territoire européen et des communautés de convictions.

Les participants ont souhaité que l’Institut voie le jour dans un avenir proche. Pour ce faire, les discussions ont porté sur les modalités de sa création et les structures d’organisation à mettre en place. En particulier, il a été souhaité que soit créé un comité d’orientation. Celui-ci, parallèlement à la définition de la stratégie générale de l’institution, confiera la mise en œuvre concrète du projet à un comité opérationnel restreint, dont les membres seront soit des participants au comité d’orientation, soit des experts choisis en fonction de leurs compétences.

Les participants ont noté que le Conseil de l’Europe depuis soixante ans joue un rôle tout particulier dans la défense des Droits de l’Homme sur notre continent. Un grand travail visant à protéger les libertés fondamentales des citoyens européens est accompli au jour le jour en présence et avec la participation active des représentants de la société civile. Cette présence et cette coopération permettent au Conseil de l’Europe d’être pleinement représentatif. Pourtant, ce travail devrait être approfondi. Il serait pour cela très souhaitable que les communautés religieuses soient représentées auprès du Conseil de l’Europe, afin d’apporter leur concours, leurs expériences et leur réflexion sur le développement de la société et sur la protection des Droits de l’Homme.

Dans ce contexte, les participants ont souhaité que cette coopération déjà existante entre les communautés religieuses traditionnellement présentes sur le continent européen soit élargie. En particulier, il serait souhaitable de réfléchir à la création d’un organe consultatif des communautés religieuses auprès du Conseil de l’Europe. Dès lors, les participants ont demandé aux membres du Comité des Ministres présents lors des travaux de la conférence de transmettre la teneur des discussions au Comité des Ministres et l’encourager à créer un tel organe.

Les participants saluent l’engagement du Commissaire aux Droits de l’Homme élu, M. Thomas Hammarberg, à poursuivre l’œuvre entreprise par M. Alvaro Gil-Robles.

© dimanche 23 février 2003, par Russie.net

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