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Spectacle ’L’Homme qui voulait sauver les femmes’

19/03/2004, 20/03/2004 et 22/03/2004 - THEATRE ET MARIONNETTES

Pour nous en tous cas, nous avons eu beaucoup de joie à préparer ce spectacle et n’avons qu’un espoir : qu’elle soit communicative ! - Michel Sigalla

Russie.net - Compagnie "La Mémoire et l’Instant" en 2001

L’HOMME QUI VOULAIT SAUVER LES FEMMES D’APRES "SEMMELWEIS" DE LOUIS FERDINAND CELINE - UN SPECTACLE CONCU ET INTERPRETE PAR CHIRSTINE LAPSCA ET MICHEL SIGALLA.

"Pour nous en tous cas, nous avons eu beaucoup de joie à préparer ce spectacle et n’avons qu’un espoir : qu’elle soit communicative ! - Michel Sigalla

COLLABORATION ARTISTIQUE : VINCENT TAILHARDAT
THEATRE ET MARIONNETTES.

19/03/2004, 20/03/2004 et 22/03/2004
à 20h00
RESERVATIONS AU 01 43 63 41 61.

PLACEMENT LIBRE.
BILLET D’ACCES DIRECT A LA SALLE.
Centre d’échange et de création des Arts de la scène
23 bis rue du Chassagnolle
93260 Les Lilas

Ignace-Philippe Semmelweis 1818 - 1865, Chirurgien et obstétricien hongrois

"Il n’y a pas de petite ressource pour le génie, il n’y en a que de possibles ou d’impossibles." L.F. Céline.

"La vie et l’oeuvre de Ignace-Philippe Semmelweis", cette grande figure de la médecine fut choisie par Céline (Louis-Ferdinand Destouches, dit) en 1924 comme sujet pour sa thèse de doctorat en médecine. Il en a fait un héros de la médecine moderne. Né à Buda en Hongrie, le 18 juillet 1818, Ignace-Philippe Semmelweis était le quatrième fils d’un père épicier. Il fit ses études au lycée de Pest puis à l’université de Vienne. Étudiant hongrois, il quitta Budapest pour apprendre à Vienne d’abord le droit avant de se tourner vers la médecine. Là il eut des maîtres prestigieux : Skoda le grand clinicien de l’époque, et Rokitansky l’anatomo-pathologiste.

Histoire de "L’Homme qui voulait sauver les femmes"

Semmelweis est nommé maître en chirurgie en 1846, et professeur assistant dans le service du Professeur Klin, chef de service de l’un des deux pavillons de la maternité de l’hôpital général de la ville de Vienne, l’autre pavillon ayant pour patron le professeur Barcht. Il ne met pas longtemps pour découvrir les ravages que fait la fièvre puerpérale et se trouve confronté à la tragédie qui se déroule chaque jour dans ce service. Les parturientes lui apprennent que les femmes redoutent à venir accoucher dans cet hôpital, tant les risques de fièvre ou de mort sont élevés. Dans ces conditions seules les femmes qui au dernier moment ne trouvaient pas d’autres possibilités, se résignaient à y être admises. Dans un service, la létalité pouvait atteindre 30%, dans l’autre 1% à 2% seulement. Le premier était tenu par les médecins et les étudiants en médecine, le second par les sages-femmes et les élèves sages-femmes. Semmelweis se trouve rapidement confronté à un mal sur lequel il est le seul à s’interroger et qu’il tentera d’éradiquer à force d’observations et de réflexions, gardant toujours à l’esprit que l’ "on meurt davantage chez Klin que chez Barcht." C’est alors qu’il observa que les étudiants se déplaçaient des salles de dissection cadavériques vers les salles d’accouchements, sans précaution particulière. Il remarqua que s’exhalent des relents cadavériques des mains des professeurs, assistants, étudiants qui pratiquent des dissections sur les cadavres et c’est ainsi qu’ils se rendent au chevet des femmes en couches. Il en conclut qu’il devait y avoir un AGENT INVISIBLE , causant la mort et que l’on devait éviter de transférer cet agent de la salle d’autopsie à la salle d’accouchement.
Il eut donc l’idée, de faire pratiquer un lavage systématique des mains, de tous les étudiants, à l’aide d’une solution de chlorure de calcium, bien que cette mesure ne corresponde à aucune exigence scientifique à l’époque. À partir de 1847, il interdit aux étudiants en médecine de quitter les salles de dissection sans s’être lavé les mains, ce qui entraîne immédiatement une baisse significative des taux de la mortalité qui passe de 12% à 3%. Il étend ses formalités de désinfection à toute personne ayant été au contact d’une malade, d’instruments de chirurgie ou de pansements, il ordonne l’isolement des femmes malades : la mortalité tombe à 1%. Semmelweis fait part de son observation à son Maître Klin, auquel il demande de se soumettre également au lavage systématique des mains. Sans doute vexé, Klin révoqua son assistant sans ménagement.

Des communications sont faites à l’Académie des Sciences par Skoda, à la Société de Médecine par Hebra, ceux-ci sont favorables à la théorie de Semmelweis qui jalousé et persécuté, n’arrive pas à faire reconnaître sa découverte par ses collègues qui considèrent le lavage des mains comme contraignant et inopportun, Semmelweis doit de nouveau quitter Vienne.
Hebra, qui fut un des rares à soutenir Semmelweis déclara même "quand on fera l’histoire des erreurs humaines, on trouvera difficilement des exemples de cette force et on restera étonné que des hommes aussi compétents, aussi spécialisés, puissent, dans leur propre science, demeurer aussi aveugles, aussi stupides."
Ce à quoi Klin répondit : "Monsieur Semmelweis prétend que nous transportons sur nos mains de petites choses qui seraient la cause de la fièvre puerpérale. Quelles sont ces petites choses, ces particules qu’aucun oeil ne peut voir ? C’est ridicule ! Les petites choses de Monsieur Semmelweis n’existent que dans son imagination ! ".

Céline - Semmelweis

On l’oublie souvent, Céline a été médecin avant d’étre écrivain...Dans sa thèse de médecine "Semmelweis", soutenue à l’age de 30 ans, en 1924, Louis-Ferdinand Destouches (Céline)se passionne pour la découverte de l’antisepsie...

Louis-Ferdinand Céline

On s’accorde aujourd’hui à considérer l’œuvre littéraire de Louis-Ferdinand Céline comme l’une des plus importantes du vingtième siècle. Sans crainte de se tromper, on peut parler de véritable révolution esthétique et stylistique depuis la sortie de "Voyage au bout de la nuit" en 1932. De son vivant, Céline a publié sept romans (en excluant Entretiens avec le Professeur Y), quatre pamphlets, une pièce de théâtre et quelques ballets. Depuis sa mort, en 1961, la source ne s’est pourtant pas tarie. Rigodon, ultime roman quasi achevé, est sorti en 1969 et Guignol’s Band II en 1964. Céline apparaît dès lors comme un homme esseulé dans le milieu des intellectuels français, à une époque où les écrits sur le système communiste sont à la mode (Voir par exemple André Gide et son Retour d’URSS). Mea Culpa, publié en 1936, est un texte court dans lequel Céline évoque le régime communiste, à partir de sa propre expérience, à la suite du voyage qu’il a effectué en URSS en août et septembre 1936.
Le romancier que la gauche avait voulu récupérer en 1932, puis qui avait entraîné bon nombre de polémiques en 1936, semble de moins en moins facile à classer... Le discours développé par Céline dans Mea Culpa vise à déstructurer le système communiste qui, selon l’écrivain, accentue les inégalités plutôt qu’il ne les supprime. Le système politique russe, en tentant de persuader le peuple que les injustices ont disparu, en promettant la répartition systématique des richesses, n’ose pas avouer, comme cela est le cas pour les systèmes capitalistes, la réalité de l’ordre social et l’inévitable maintien de catégories privilégiées.

© lundi 15 mars 2004, par Russie.net

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