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Spectacle russe à Paris : une longue tradition franco-russe

Serge Diaghilev est à la fois l’inventeur, l’animateur et le directeur de la troupe des Ballets russes dont l’histoire retiendra l’exceptionnelle synthèse des arts ainsi que l’apparition d’une nouvelle conception du ballet !

Né dans une famille russe de petite noblesse, Diaghilev est élevé dans l’atmosphère cultivée que l’on rencontre dans l’élite européenne. Bien qu’il ait perdu tôt ses parents, il passe une enfance heureuse et entourée, d’abord à Saint-Pétersbourg, puis dans la propriété familiale de Perm. La musique est à l’honneur chez les Diaghilev qui ont un lointain lien de parenté avec Piotr Illitch Tchaïkovski. Aussi, enfant, reçoit-il une solide éducation musicale. Comme tout jeune Russe de bonne famille, il entreprend à l’université des études de droit qui lui ouvriront les portes de l’administration impériale. Il travaille parallèlement le chant ainsi que la composition avec Nicolas Rimsky-Korsakov, espérant en fait devenir musicien. Ses espoirs sont brisés sans ménagement par le maître lorsque Diaghilev sollicite son avis au sujet de ses capacités.

Dès qu’il arrive à Saint-Pétersbourg se dessinent les constantes qui vont marquer sa vie. D’une part, il cultive avec ardeur les relations mondaines qui lui permettront - nobliau sans fortune - de tracer son chemin, indifférent aux sarcasmes de ses camarades qui le traitent de snob. D’autre part, ses amis proches ont un rapport passionnel aux arts et comptent faire carrière dans ce domaine ; leur goût commun trouve une traduction concrète dans la fondation en 1897 de la revue de critique d’art, Mir Isskoutsva (Le Monde de l’Art), à laquelle participent, entre autres, Alexandre Benois et Léon Bakst. Cette revue, qui paraît jusqu’en 1904, aborde tous les domaines artistiques et s’intéresse autant au patrimoine qu’aux avant-gardes. Enfin, dans la ville où la danse brille de tous ses éclats, il découvre avec émerveillement l’univers du ballet. D’abord en tant que spectateur, il apprécie à loisir les grands talents qui se produisent au théâtre Marinski. Puis il côtoie plus assidûment les artistes lorsqu’il obtient en 1899 un poste de chargé de mission auprès du directeur des Théâtres impériaux. Responsable de l’édition de l’Annuaire de l’institution il en modifie le contenu et la forme pour en faire un luxueux objet d’art. Mais sa passion artistique lui fait perdre prudence et, désireux d’améliorer la qualité des spectacles du théâtre, il outrepasse ses fonctions. Son arrogance ainsi que ses déclarations impertinentes lui attirent des inimitiés dangereuses, dont celles du prince Volkonsky son supérieur hiérarchique ; après deux années d’exercice il est contraint de quitter son poste.

Dès 1899 il s’était lancé dans l’organisation de manifestations artistiques, s’occupant du choix des œuvres pour lequel il voyage à la recherche de nouveautés, du financement qu’il assure en faisant jouer ses relations, ou encore de la réalisation à laquelle il apporte l’attention la plus sérieuse. Ainsi, en 1899 il monte à Saint-Pétersbourg une grande exposition internationale de peinture contemporaine et propose parallèlement une série de concerts de musique française contemporaine (Claude Debussy, Maurice Ravel, Paul Dukas). Puis en 1905, c’est une exposition de portraits historiques russes qui fait sensation, et qu’il exporte donc à Paris en 1906, profitant de la vitalité des relations franco-russes (le pont Alexandre III a été inauguré en 1900). L’accueil enthousiaste l’encourage à poursuivre et en 1907 il présente aux parisiens des concerts de musique russe (Nicolas Rimsky-Korsakov, Tchaïkovski, Alexandre Borodine, Mikhaïl Glinka), puis en 1908 l’opéra Boris Godounov de Modeste Moussorgsky avec le célèbre chanteur basse Fédor Chaliapine. Ces premiers pas triomphaux l’incitent à risquer sa chance dans le domaine de la danse : c’est ainsi qu’il crée sa propre compagnie à laquelle son existence sera vouée.

Il s’éteint en 1929 à Venise. Il est inhumé dans l’île de San Michele.

© dimanche 1er avril 2007, par Russie.net

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