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Symphonie n° 12 de Chostakovitch, dédiée à la mémoire de Vladimir Ilitch Lénine

Ce concert sera diffusé sur France Musiques le 1er mars à 10h.

’Ils me persécutent, ils me pourchassent’ : désarroi de
Chostakovitch, qui venait, en avril 1960, d’être choisi pour secrétaire de l’Union des compositeurs de la République soviétique, forcé par là même d’adhérer au Parti. A cette époque, il écrit sa Douzième Symphonie, une commande pour le XXIIe congrès du Parti Communiste.

Dmitri Chostakovitch (1906-1975) Symphonie n°12 en ré mineur, op. 112 « L’ Année 1917 »

Petrograd révolutionnaire.
Moderato-Allegro.
Attacca
Razliv.
Allegro (L’istesso tempo)
Adagio.
Attacca
« Aurora ».
L’istesso tempo-Allegro.
Attacca.
Aube de l’Humanité.
L’istesso tempo-Allegretto. 40’
Dezsõ Rànki, piano
Orchestre Symphonique de Budapest
Jànos Fürst, direction

Durée totale du concert (entracte compris) : 1h55

Dimitri Chostakovitch - Symphonie n° 12, dédiée à la mémoire de Vladimir Ilitch Lénine.

Composition : 1960-1961
Création publique le 1er octobre 1961 à Leningrad, par l’Orchestre philharmonique de Leningrad, sous la direction d’Evgeni Mravinski.
Editeur : Sovietski Kompozitor, Moscou,
1961.

Peu après en avoir terminé la composition de la Symphonie n° 12, plein d’ambiguïté dans son rapport au régime, il expliquera avoir éprouvé le désir de plus en plus vif de se joindre aux autres membres du Parti, et de ressentir quotidiennement le rôle majeur joué par les autorités, le peuple et les camarades de l’Union des compositeurs.

La dédicace et le programme devaient assurer à la nouvelle
symphonie, soeur et prolongement de la Onzième, "L’année
1905", d’être reprise régulièrement à l’occasion
d’événements officiels. Le premier mouvement commémore
"l’arrivée de Lénine à Petrograd en avril 1917". Razliv,
c’est la petite ville dans laquelle celui-ci se réfugie en
juillet 1917, caché chez un ouvrier bolchevik, puis dans
une hutte de foin sous l’apparence d’un journalier
travaillant aux champs. « Aurora » est le nom du croiseur
qui donna le départ de l’insurrection en canonnant en
pleine nuit le palais d’Hiver, siège du Gouvernement provisoire.

Le finale est consacré à "la victoire de la Grande Révolution socialiste d’octobre".
Cette trame n’est respectée que de façon bien imprécise,
mais le caractère d’ensemble grandiose devait suffire au
programme. La forme sonate traditionnelle de Petrograd
révolutionnaire énonce les deux thèmes de type hymnique
qui reviendront dans chaque mouvement, sans cesse
répétés et variés, et sur lesquels la symphonie prend appui
tout entière. Avec l’enchaînement attacca des mouvements,
ce principe cyclique, renforcé encore par la parenté des
deux thèmes entre eux, contribue à l’impression d’une
oeuvre monolithe. Celle-ci frappe surtout par ses
péroraisons orchestrales triomphantes, qui l’emportent
dans la mémoire sur les martèlements mécaniques et
brutaux du premier mouvement, les grondements du
troisième, ou la page plus légère, presque dansante, du
finale. L’effectif est choisi pour permettre le maximum de
puissance : à côté des habituelles timbales, triangle,
tambour, cymbales, grosse caisse et tam-tam s’associent à
l’ensemble des cuivres fortissimo (quatre cors, trois
trompettes et trois trombones, avec un renfort de tuba),
dans des sommets distribués avec tant de profusion au
cours des mouvements qu’ils mettent en doute la sincérité
du discours. C’est sans doute à cause de ces effets volontairement affichés, que l’oeuvre a parfois été moins bien accueillie, jugée trop "démocratique". Ainsi Rostropovitch regrettait-il le manque d’inspiration tant du Chant des forêts pour Staline, que des Onzième et Douzième symphonies, oeuvres que la conscience ne permettait pas d’écrire "assez bien pour qu’elles se fassent une place dans l’Histoire".

© lundi 28 février 2005, par Russie.net

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