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Vladimir



Vladimir

De la Russie kiévienne dévastée par les nomades des steppes, le chantre du Dit de la bataille d’Igor tournait un regard plein d’espoir vers le nord-est. Dans la seconde moitié du XIIe siècle une grande partie de la population de la région du Dniepr est déjà de l’autre côté de la rivière Oka, dans le Zaiessie, « au-delà des forêts ». C’est là que naquit le nouveau centre du futur État russe, d’abord de Vladimir et Souzdal, puis de Moscou.

Le règne de Vsévolod le Grand Nid et celui du fils aîné de son frère Andréï Bogolioubski marque le summum de la puissance et de la gloire de la principauté de Vladimir et Souzdal. Sa nouvelle capitale, Vladimir sur la Kliazma, ne le cède en rien à Kiev : ni par la puissance de ses fortifications, ni par le luxe de ses églises. En 1160 le prince Andréï fit appel à des « artisans de toutes les terres » pour construire la cathédrale à trois coupoles de la Dormition-de-la-Vierge abondamment décorée à l’intérieur comme à l’extérieur de sculptures en pierre, de fresques, de dorures. En 1 185 un incendie détruisit la plupart des éléments de la décoration. La cathédrale fut restaurée par des maçons russes. Les chroniques soulignent cet événement avec fierté : « et l’on n’alla pas chercher des maçons à l’étranger ». Lors de sa reconstruction on élargit le sanctuaire dans la partie est et les trois autres façades furent recouvertes de nouveaux murs. La vieille église du prince Andréï était presque entièrement cachée derrière eux mais on voit encore ses zakomary (les arcades qui décorent le haut des murs) au-dessus des voûtes moins élevées de la construction de Vsévolod. La cathédrale remise à neuf fut dotée de cinq coupoles. A l’intérieur elle est divisée en cinq nefs et s’agrandit quand on creusa des arcades dans les vieux murs. Quelques détails de la première église sont encore visibles, en particulier une frise d’arcatures avec des colonnettes qui reposent sur des consoles en biseau et coiffées de chapiteaux de caractère occidental. Au-dessus de la frise d’arcatures court une autre frise d’ornements en creux (porebrik) et on aperçoit des fragments de fresques datant de 1161. Les maçons de Vsévolod répétèrent ces éléments sur les nouvelles façades.

Trois siècles plus tard un Italien de Bologne nommé Aristote Fioravanti relèvera ces détails pour les transposer sur son œuvre à Moscou dans le Kremlin : en effet, on l’obligea à construire une copie des vieilles églises dans le style de celles de Vladimir. Au cours des siècles la cathédrale brûla à plusieurs reprises et fut restaurée, mais dans l’ensemble elle a conservé son aspect originel. On éleva à côté d’elle un clocher énorme et lourd ; chaque génération a sa conception du Beau. C’est dans la cathédrale de la Dormition que se trouvait la précieuse icône de la Vierge de Vladimir, exécutée par un peintre byzantin au début du XIIe siècle ; elle se trouve maintenant à la Galerie Trétiakov. André Roubliov est connu dans le monde entier pour ses merveilleuses icônes. Les fresques de la cathédrale de la Dormition sont de lui et de Daniel Tchornyï ; elles recouvrent deux voûtes au-dessus du chœur, le pilastre dans la partie gauche du sanctuaire, le pilier
sud-ouest et les ovales des bas des murs.

La deuxième merveille architecturale du kremlin de Vladimir est la cathédrale de Saint-Dimitri datant de 1197. C’était l’église princière sous Vsévolod III. Son plan est simple et la cathédrale surmontée d’une seule coupole est typique du XIIe siècle. Ses formes sont étonnamment nobles et harmonieusement réparties. De près ses sculptures de pierre qui embellissent les murs au-dessus de la rangée d’arcatures aveugles émerveillent par leur somptuosité : ce sont des animaux héraldiques, des oiseaux, des entrelacs de végétation, des représentations de saints, des rois de l’Ancien Testament, des prophètes, des compositions sur des thèmes mythologiques, religieux ou de genre. Le roi David est représenté à trois reprises. Alexandre de Macédoine monte au ciel sur des griffons. Il y a aussi un étrange « testament de pierre » : le prince Vsévolod assis sur son trône présente à ses nombreux fils un nouveau-né, leur jeune frère. Les cathédrales de la Dormition et de Saint-Dimitri sont, après l’église de I’Intercession-de-la-Vierge-sur-la-Nef, les plus beaux monuments anciens dans la région de Souzdal.

A Vladimir, la Porte-d’Or (1164) qui est le seul monument de l’art des fortifications, est digne du plus haut intérêt. C’est un cube en pierre blanche traversé par un énorme passage voûté et qui a été reconstruit au siècle dernier. La Porte-d’Or est gardée par des tours rondes et sur les côtés elle est flanquée d’ailes. Sous le passage, le sol s’est élevé d’un mètre cinquante, diminuant d’autant sa hauteur. Malgré les ans la Porte-d’Or, construite par le prince Andréï est encore belle et impressionnante.

Les architectes qui édifièrent la Porte-d’Or de Vladimir étaient des artisans du pays qui avaient fait leur apprentissage sur les chantiers de 1158-1164 à Vladimir et à Rostov. Sur une des pierres de la niche sud de la Porte-d’Or est taillé un emblème des armoiries du prince et cela nous permet de conclure que les architectes étaient des gens de la maison du seigneur de Vladimir. La Porte-d’Or remplissait deux fonctions : c’était une tour fortifiée et l’entrée monumentale de la ville : elle donnait accès à l’artère principale de la bourgade et à son beau quartier où se dressaient les demeures du prince et de la noblesse. Ainsi, la tour était haute, et son arc, large et majestueux : les vantaux de la porte étaient décorés de ferronnerie en cuivre doré.

La Porle-d’Or est la réalisation la plus achevée du style architectural qui domina dans la principauté sous Andréï Bogolioubski. Ce prince désirait affirmer par tous les moyens l’importance de sa nouvelle capitale et la placer au même rang que Kiev. la « première ville Russe » et de Constantinople, la Rome orientale.

Vladimir possède encore quelques monuments historiques. Le plus intéressant de tous est la cathédrale de la Dormition au couvent de la Princesse fondé par la femme de Vsévolod III, Marie, issue d’une famille de boyards. Ce couvent servit longtemps de lieu de sépulture aux grandes-princesses. La cathédrale a été remaniée à plusieurs reprises. Et les traces de ces travaux permettent de suivre le développement de l’architecture russe du XIIIe au XIXe siècles. La cathédrale est célèbre pour ses fresques exceptionnelles. Elles sont réparties de façon traditionnelle pour les églises russes : sur les murs nord et sud on peut voir des scènes de la vie de là Vierge à qui est consacrée l’église, et dans le sanctuaire les apôtres. Sur les piliers qui supportent les voûtes et la coupole sont représentés les « pères » de l’Église combattante : évêques et grands-princes. Après les services les fidèles sortaient par la porte ouest et comme pour les mettre en garde contre la vie de péché à laquelle ils retournaient, ils étaient confrontés à la représentation du Jugement Dernier.

Une autre église de la Dormition fut érigée en 1642 grâce « au travail et au zèle des marchands de Vladimir » : elle est située sur la Kliazma au sud de la ville. Les cinq coupoles de cette jolie petite église se découpent haut dans le ciel avec un clocher pyramidal ajouré. Les églises de Saint-Nicolas et Saint-Nicétas, datant du XVIIIe siècle, sont un plaisir pour les yeux. Les architectes n’avaient pas encore oublié que l’essentiel dans les constructions russes, c’est la silhouette dont les qualités doivent être équilibre, élégance et légèreté.

II reste encore quelques bâtiments entiers ayant appartenu au monastère de la Nativité. C’est là qu’Alexandre Nevski fut enterré en 1263. L’enceinte du monastère qui se trouve sur les anciens remparts de la forteresse au-dessus d’un fossé profond fait penser à l’époque de Vladimir Monomaque, le fondateur de la ville. Ce dernier construisit également la forteresse de Yaropolk à laquelle il donna le nom de son deuxième fils. Son quatrième fils, louri Dolgorouki. créa une autre place forte à Gorokhoviets l’année de la fondation de Moscou, Ces deux places fortes sur la Kliazma sont un peu à l’écart du tracé de l’Anneau d’Or.

Où est située la ville de Vladimir ?


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