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Vladivostok, la première colonie russe arrachée à l’Asie

Le 22 juillet 2005 , Thalassa sur France 3

C’est un nom qui claque, un nom guerrier, Vladivostok signifie le maître de l’Orient, c’est la première colonie russe arrachée à l’Asie. De ce port longtemps fermé aux étrangers, reste une ville en pleine mutation.
Fière de son passé militaire, lorsque le port était le fleuron de la flotte de guerre russe, elle est meurtrie paradoxalement aujourd’hui par cette même armée, en décomposition depuis l’éclatement de l’URSS.

Escale à Vladivostok :

- Vladivostok, une ville chinoise en Sibérie
- Les bateaux voitures de Vladivostok
- Vladivostok, tranche de vie
- La coquille de Vladivostok
- La casse des sous-marins nucléaires
- Pusan, le supermarché de Vladivostok

Vladivostok, une ville chinoise en Sibérie

Un reportage de Sophie Bontemps, Georges Pinol, Irina Golovkova

C’est un nom qui claque, un nom guerrier, Vladivostok signifie le maître de l’Orient, c’est la première colonie russe arrachée à l’Asie. De ce port longtemps fermé aux étrangers, reste une ville en pleine mutation.
Fière de son passé militaire, lorsque le port était le fleuron de la flotte de guerre russe, elle est meurtrie paradoxalement aujourd’hui par cette même armée, en décomposition depuis l’éclatement de l’URSS. Les dernières carcasses de patrouilleurs rouillent dans le port, les sous-marins s’enfoncent inexorablement dans la baie d’Ulysse, les officiers de l’Armée Rouge sont partis à la retraite contraints et forcés et se débattent de petits boulots en petits boulots.

Ambiance étrange dans un décor qui évolue chaque jour. Car les capitaux affluent, d’Asie principalement, les buildings poussent, les publicités sont en coréen et en chinois, les casinos clignotent à la nuit tombée, la ville est la pionnière du jeu et triades chinoises et mafias russes contrôlent le marché.
Cette San Francisco de l’est, construite sur les collines dominant le Pacifique, raconte à elle seule toute l’histoire de la Russie. La conquête de nouveaux territoires, la construction de la ville, à l’européenne, l’arrivée de la révolution cinq ans après Octobre Rouge, la guerre froide, la course à l’armement.


Les bateaux voitures de Vladivostok

Un reportage de Nina Beliaeva, Jean-Pierre Bozon, Yvon Bodin

Le port de Vladivostok était un grand port de pêche, mais la crise a mis les pêcheurs au chômage, les chalutiers ont été revendus, ou reconvertis pour pouvoir transporter... des voitures.

Désormais quelques milliers de véhicules japonais d’occasion débarquent chaque mois dans le port de Vladivostok, malgré les taxes de plus en plus lourdes imposées par l’Etat afin de tenter de protéger l’industrie automobile nationale de cette nouvelle invasion.
Dans un premier temps, cette activité a été étroitement liée au milieu et a permis la constitution rapide de quelques fortunes douteuses, mais le marché semble aujourd’hui à peu près moralisé et normalisé et ceux qui font chaque mois le voyage vers le Japon pour en ramener quatre ou cinq voitures espèrent simplement gagner leur vie.
Aujourd’hui, de tout l’Extrême-Orient russe et même de Sibérie Centrale, c’est à Vladivostok que l’on vient pour acheter sa voiture... japonaise d’occasion, même si elle a le volant à droite, comme au Japon.


Vladivostok, tranche de vie

Un reportage de Sophie Bontemps, Georges Pinol, Alla Chevelkina

Dans cette ville comme un peu partout en Russie, on fait plusieurs petits boulots. Ce sens de la survie on le tient peut être des années soviétiques, d’un fatalisme si russe et si digne à la fois qui ne fait jamais plier l’échine mais aide à résister au quotidien.
Vladimir est retraité, et sa maigre pension ne lui permet pas de vivre. Alors, l’hiver, il prend le ferry pour l’île Ruski, là, juste en face du grand port de Vladivostok, et sur la banquise, il retrouve ses copains, couverts de plusieurs épaisseurs d’anciens uniformes de l’armée.
Avec eux, au-dessus d’un trou creusé dans la glace, il passe des heures à remonter les petits poissons qu’on nomme Navaga ici et qui se sont perdus depuis dans les traductions.
Vivre à Vladivostok n’est pas facile, surtout l’hiver. En ce moment, une terrible pénurie d’eau rend le quotidien insupportable. Les réserves sont épuisées, depuis l’été, c’est la sécheresse, et la désorganisation. Résultat, quand on habite à Vladivostok, on stocke l’eau de bassines en seaux, on ne prend plus de douche et on n’est moins exigeant sur la propreté des enfants. Tout est plus compliqué surtout, faire la cuisine, chercher des puits encore pleins, prévoir tout simplement, organiser cette vie quotidienne dévoreuse d’énergie.

Les autorités de la ville bien sûr n’ont rien prévu pour faire face à cette pénurie annoncée. Vieux réflexes bureaucratiques, s’il n’y a plus une goutte, alors des cargos d’eau arriveront, comme cela s’est produit déjà en 1978.


La coquille de Vladivostok

Un reportage de Nina Beliaeva, Jean-Pierre Bozon, Yvon Bodin

Au pays de la bureaucratie, il n’est pas très facile de créer et de faire vivre une entreprise.
Anatoli en fait chaque jour l’expérience, avançant prudemment dans la jungle des règlements, subissant sans fin des contrôles tatillons. Il faut dire qu’il n’a pas non plus choisi la facilité puisqu’il a décidé de fonder une ferme d’élevage de coquilles Saint-Jacques, à côté de Vladivostok, alors qu’en Russie personne ne mange jamais de fruits de mer. Son projet cependant est loin d’être absurde car Vladivostok est en Extrême-Orient et ses voisins chinois, coréens et japonais, eux sont extrêmement friands de coquilles.


La casse des sous-marins nucléaires

Un reportage de Sophie Bontemps, Georges Pinol, Irina Golovkova

Vladivostok avait un destin de port militaire. De ce côté du Pacifique, il tenait en pleine Guerre Froide les Etats-Unis à distance, à portée de missiles.
Tout autour de la ville, dans des baies longtemps fermées aux étrangers et contrôlées par l’Armée se cachait tout un arsenal militaire. Ici, on concevait, fabriquait, stockait, cachait, les monstres d’acier qui ont fait régner la terreur sur le monde pendant des décennies, les sous-marins nucléaires russes.
Bolchoï Kamen, à 70 kilomètres de Vladivostok, était l’un des centres de production de cette gigantesque base soviétique. Les sous-marins de la Flotte du Pacifique y étaient réparés, améliorés, les armes chargées, installées.
C’est ce qu’il reste de cette armée que nous découvrons aujourd’hui à Bolchoï Kamen. C’est une gigantesque casse. Car on ne répare plus, on détruit, dans des conditions d’insécurité totale. Après avoir déversé pendant des années dans le Pacifique des tonnes de liquide radioactif provenant des sous-marins, après avoir stocké à ciel ouvert des déchets nucléaires et du combustible irradié on vit toujours aujourd’hui sous la menace d’un accident nucléaire. Une épée de Damoclès au-dessus de la tête des habitants de la région, et des pays voisins.


Pusan, le supermarché de Vladivostok

Un reportage de Juliette Lambot et Denis Bassompierre

Il suffit d’une seule nuit de navigation depuis Vladivostok pour arriver à Pusan, en Corée du Sud. Il suffit d’une seule nuit pour trouver dans ce pays moderne tout ce que la Russie n’a pas encore.

Alors les commerçants de Vladivostok viennent dans ce port faire leur grand marché, atteints comme tous les autres de la fièvre acheteuse. Dans ce port coréen, les formalités sont simplifiées, et l’Asie voit d’un très bon œil l’arrivée de ces nouveaux consommateurs venus du froid.
A Pusan, non seulement on achète tout, mais on répare aussi les bateaux puisque les chantiers navals de Vladivostok ont périclité, on accueille aussi la flotte de pêche russe, qui préfère se baser en Corée du Sud plutôt qu’à Vladivostok.
Aujourd’hui, le port coréen est véritablement devenu une succursale maritime de Vladivostok.

© lundi 18 juillet 2005, par Russie.net

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