Il n’y a pas de Carême sans jeûne. Cependant, il semble qu’aujourd’hui, beaucoup ne prennent pas le jeûne au sérieux, ou bien, s’ils le font, c’est en méconnaissant son vrai but spirituel.
En effet dans l’orthodoxie, il y a plusieurs carêmes, quatre périodes de jeune : le carême de Noël du 15 novembre au 24 décembre, la période de jeûne avant la fête des saints Pierre et Paul, le jeûne de la dormition du 1er au 14 août. Le carême qui prépare la fête de Pâques est appelé Saint carême.
"Prendre le Carême au sérieux signifie donc que nous allons le considérer avant tout au niveau le plus profond possible, c’est-à-dire comme un appel spirituel qui demande une réponse, une décision, un plan, un effort continu.
Personne ne peut assister à tous les offices de Carême, mais chacun peut assister à quelques-uns. Il n’y a absolument aucune excuse pour que le Carême ne soit pas surtout le temps où l’on assiste et participe davantage à la liturgie de l’Eglise.
C’est aussi un temps propice à la lecture d’un livre spirituel, ceci non seulement en vue d’accroître notre connaissance de la religion, mais surtout pour purifier notre esprit de tout ce qui l’occupe habituellement. Il est incroyable à quel point nos esprits sont envahis par une foule de préoccupations, d’intérêts, d’inquiétudes et d’impressions, et comme nous avons peu de maîtrise sur cet envahissement. Lire un livre spirituel, concentrer notre attention sur quelque chose d’entièrement différent de ce qui occupe habituellement notre pensée, crée de soi-même une atmosphère mentale et spirituelle tout autre."..
Alexandre Schmemann "Le Grand Carême : Ascèse et Liturgie dans l’Église orthodoxe"