Ce nouvel épisode, intervenant après le référendum constitutionnel et les élections présidentielles de l’année 2003 est présenté par Vladimir Poutine aux chancelleries occidentales complaisantes comme une étape de la normalisation alors que la reprise des combats démontre à l’envi l’échec d’une politique sans autre ambition que l’écrasement d’un peuple et l’affirmation d’une volonté de contrôle aveugle.
Le Comité Tchétchénie de Paris dénonce la parodie d’élection présidentielle qui s’est déroulée dimanche en Tchétchénie, portant au pouvoir le candidat du Kremlin Alou Alkhanov, un colonel de la police russe s’étant toujours montré loyal à Moscou.
En Tchétchénie, la mascarade de la normalisation dure depuis près de deux ans maintenant, dans un climat de guerre permanente, d’insécurité généralisée et de violences tandis que les effets déstabilisateurs du conflit et le recul des acquis démocratiques se font sentir dans toute la Russie. Le règne des milices et des services de renseignement se nourrissant aujourd’hui de l’extension du conflit aux républiques voisines. Les violations massives des droits de l’Homme perpétrées en toute impunité par l’armée russe et ses supplétifs, continue sans qu’aucune action internationale ne vienne au moins tenter d’y mettre fin et de faire pression sur les autorités russes afin qu’elles s’engagent dans des négociations politiques avec la partie tchétchène. De nouvelles formes de violence sont observées alors que le retour forcé des réfugiés se poursuit et que sont mises en place des milices tchétchènes pro-russes particulièrement redoutées des civils, fruit de la volonté russe de « tchétchéniser » le conflit.
Le Comité Tchétchénie rappelle que la Russie ne cesse de piétiner tous ses engagements internationaux, en matière de droits de l’Homme, de droit des réfugiés et de droit humanitaire et que Vladimir Poutine, en tant que Président de la Fédération de Russie et chef des armées est le principal responsable de cette tragédie.
Au lendemain de cette nouvelle farce électorale, le président J. Chirac est reçu en compagnie du Chancelier allemand G. Shroeder par le président V. Poutine. La situation en Tchétchénie ne sera sûrement évoquée qu’en aparté, parmi des considérations générales sur la lutte antiterroriste ou l’intégrité territoriale de la Russie. Or, il n’est même plus possible aujourd’hui de faire semblant de croire à la « normalisation ». Les offensives des combattants et les attentats qui se sont multipliés ces derniers mois - dont l’attentat qui a provoqué la mort du Président Kadyrov en mai dernier et le crash de deux avions russes quelques jours avant le scrutin de dimanche - contredisent cette thèse. La terreur exercée contre la population civile alimente des gestes désespérés et encourage les fractions radicales. Le conflit armé continue à faire rage et risque aujourd’hui de s’étendre à toute la région.
Par son silence, la communauté internationale, et notamment la France, qui affiche une relation de partenariat privilégiée avec la Fédération de Russie, est plus que jamais complice des violations perpétrées en Tchétchénie.
Le Comité Tchétchénie de Paris réitère ses demandes :
Des négociations avec le seul Président légitimement élu en 1997 Aslan Maskhadov, avec la médiation d’une organisation internationale (UE, OSCE, ONU) ;
Un cessez-le feu immédiat et le retrait des troupes russe de la Tchétchénie ;
Le démantèlement des lieux de détentions illégaux et la libération de tous les détenus ;
Le respect des conventions de Genève et de la Convention européenne des Droits de l’Homme ;
L’accès libre des organisations humanitaires et des médias ainsi que d’une mission internationale d’enquête indépendante sur le territoire tchétchène.