A l’occasion du 51ème anniversaire du Président russe, les militants de Greenpeace, à Paris et dans dix sept autres villes, se sont rendus aux ambassades de la Fédération de Russie pour offrir symboliquement à Vladimir Poutine un stylo afin qu’il ratifie sans plus attendre le Protocole de Kyoto. Depuis le rejet par Georges Bush, en 2001, du traité international contre le réchauffement climatique, son entrée en vigueur est suspendue à la ratification russe.
Une dizaine de militants de Greenpeace arborant des banderoles décorées de gâteaux d’anniversaire "Bon anniversaire Monsieur Poutine : Ratifiez Kyoto !" se sont rendus à l’ambassade de la Fédération de Russie à Paris pour remettre des cartes de voeux et un stylo aux représentants russes et appeler Vladimir Poutine à ratifier d’urgence le Protocole de Kyoto.
Le mois dernier, Greenpeace et le WWF ont écrit au Chancelier Schröeder, ainsi qu’aux dirigeants du Japon, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Italie et de la France, leur demandant de faire pression sur la Russie pour qu’elle ratifie d’urgence le Protocole de Kyoto. C’est aujourd’hui que le Président Poutine reçoit Gerhard Schröeder à Moscou. Celui-ci devrait être porteur d’un message des pays du G8 ayant déjà ratifié Kyoto, demandant à la Russie de faire de même.
"Depuis trois ans, les officiels russes promettent une ratification rapide du Protocole ; à Johannesburg le Premier Ministre Kasyanov l’a encore réaffirmé" rappelle Laetitia De Marez, chargée de la campagne climat pour Greenpeace en France. "La Russie souffle le chaud et le froid : lors de la récente conférence scientifique internationale sur le climat à Moscou, Vladimir Poutine a semblé faire machine arrière se justifiant par la nécessité d’évaluer les implications économiques d’un tel accord. La vérité est que le processus de ratification en Russie est bloqué au niveau politique et que les futures échéances électorales législatives et présidentielles ralentissent encore les choses."
Il est impératif que Kyoto entre en vigueur le plus rapidement possible, pour inciter les Etats à discuter des futurs engagements de réductions d’émissions de gaz à effet de serre qui devront être beaucoup plus ambitieux et proportionnés aux enjeux. "Par ses atermoiements la Russie risque de faire dérayer l’ensemble d’un processus international déjà trop lent et trop timide. La lutte contre le réchauffement climatique est une course contre la montre : les bouleversements climatiques sont déjà amorcés, il nous est encore possible d’en limiter l’ampleur, puis de stabiliser le climat, mais pour cela tous les Etats doivent participer à l’effort global."
En Europe, l’été 2003 a été le plus chaud des 500 dernières années. Partout dans le monde, les changements climatiques sont une réalité et le nombre de phénomènes météorologiques extrêmes est en augmentation. La Russie n’est pas épargnée. Le permafrost, qui couvre près des 2/3 du territoire russe, commence à montrer des signes de fonte. Les dommages infligés aux écosystèmes forestiers, aux infrastructures et à l’activité économique seront désastreux. La productivité de l’agriculture russe pourrait être réduite de 10 à 40% et les maladies infectieuses toucheront plus encore les populations.
Pour plus d’information, consultez le site de GreenPeace en Russie