Le journal Expert et le groupe d’études sociologiques Monitoring.ru mènent depuis l’an 2000 une enquête sur le mode de vie de la classe moyenne en Russie. Plus de 50% de la consommation russe est assurée par la classe moyenne qui représente, selon l’étude, près de 20% de la population (10 millions de familles). C’est donc elle qui détermine la dynamique de ce marché.
Dans le cadre de cette enquête, des interviews personnalisées ont été réalisées auprès de 3000 personnes dans 16 grands centres urbains russes.
Selon les données de base de l’enquête, la classe moyenne russe est représentée aujourd’hui par les familles provinciales bénéficiant d’un revenu d’au moins 150$/mois par membre et les familles moscovites dont le revenu par personne est au minimum de 200$/mois.
Depuis deux ans, les revenus de la population augmentent. En l’an 2000, ils se sont accrus en termes réels de presque 10% ; en l’an 2001, l’augmentation a représenté 8%. Cette hausse des revenus a naturellement entraîné une croissance de la consommation.
Si en 1999, le marché de la consommation représentait moins de 100 milliards de dollars, en l’an 2000, il avait déjà atteint 120-140 milliards de dollars. Selon les pronostics, il devrait représenter en 2001 150 à 175 milliards de dollars. Ainsi, ces deux dernières années, ce marché a augmenté annuellement de 30 milliards de dollars. Cette croissance pousse les entreprises russes et étrangères à porter une attention plus soutenue au marché intérieur russe.
Plus de 50% de la consommation russe est assurée par la classe moyenne qui représente, selon l’étude, près de 20% de la population (10 millions de familles). C’est donc elle qui détermine la dynamique de ce marché.
Le revenu moyen d’un Russe de la classe moyenne était de 320$ par mois à l’automne 2001, soit 3900$ par an. Etant donné qu’une famille moyenne est composée de 3,08 personnes, le revenu annuel d’une famille type de la classe moyenne est de 12 000$. L’étude montre qu’environ 9% de cette somme est épargnée, le reste étant dépensé. L’étude indique également que les hommes ont des revenus supérieurs aux femmes quel que soit leur âge. Cependant, l’écart entre hommes et femmes diverge selon la tranche d’âge de la femme : la différence des revenus est de 6% pour les femmes qui ont entre 30 et 42 ans ; il est de 12% pour les plus jeunes et les plus âgées.
Parmi les groupes sociaux qui composent la classe moyenne, les plus aisés sont les jeunes couples, mariés ou non, dont l’union dure depuis moins de trois ans. Leur revenu est de 13% supérieur à celui des autres représentants de la classe moyenne. Parmi eux, 32% affirment, lors de l’interview effectuée au cours de l’étude, qu’ils peuvent facilement acheter ce qu’ils veulent en dehors des biens immobiliers. Leur richesse relative s’explique par le fait qu’ils sont dans "l’âge d’or" de leur carrière, que les deux travaillent et qu’ils n’ont pas encore d’enfants. Le deuxième facteur important est le niveau d’études.
Les personnes qui bénéficient d’un enseignement supérieur voient en effet leurs revenus augmenter de 15% par rapport à la moyenne tandis que ceux dont l’enseignement est secondaire ont des revenus 11% inférieurs à la moyenne. Enfin, l’activité indépendante est gage de hauts revenus. Les entrepreneurs ont des revenus supérieurs aux employés et leur situation matérielle, ces trois dernières années, s’est améliorée plus rapidement que celle de l’ensemble de la classe moyenne. Cette année a été révélé un changement d’importance : le lieu de vie et de travail a cessé d’avoir une influence considérable sur l’importance des revenus. Si au printemps 2000, la classe moyenne moscovite bénéficiait sans conteste d’une situation bien meilleure que celle de son homologue de province, la différence s’estompe actuellement.
L’étude souligne que l’amélioration des conditions de vie de la classe moyenne aurait été impossible sans la crise de 1998 et sans les trois années de croissance qui ont suivies. Selon le sondage mené au cours de l’étude, 20% des personnes interrogées affirment que leur situation financière s’est nettement améliorée ces trois dernières années tandis que 44% déclarent qu’elle s’est simplement améliorée. Aujourd’hui, il semble que la croissance engendrée par la dévaluation de 1998 s’essouffle et que nous entrons dans une phase de ralentissement de la consommation. Cependant, étant donné l’intérêt que portent dorénavant les investisseurs au marché intérieur, il est probable que cette pause soit de courte durée et que la croissance du marché de la consommation reprenne de plus belle. Selon les pronostics, la croissance des revenus de la classe moyenne en 2002-2003 devrait être de 3 à 4% mais remonterait à 10% entre 2004-2006. Les revenus de cette couche sociale devraient donc connaître dans les prochaines dix années une augmentation de 40%.
Expert 3-12-01