La Communauté est apparue à un moment de fracture historique, lorsque nos pays se sont trouvés face à une tâche d’une ampleur sans précédent, consistant à restructurer de fond en comble les relations politiques et économiques dans l’immense espace eurasiatique. Le mérite incontestable de la CEI réside dans le fait que le processus de passage à la souveraineté des Etats - membres est passé par un stade de remise en ordre et n’a pas suscité de grands bouleversements géopolitiques. On a réussi, pour l’essentiel, à préserver les liens qui s’étaient tissés, au fil des siècles, entre les peuples, à alléger dans une certaine mesure les conséquences sociales et économiques de l’effondrement de l’Etat unique, à réunir des conditions institutionnelles et juridiques propices à un dialogue équitable et à la coopération. La CEI a contribué à l’affirmation des Etats indépendants et à la liberté, pour chacun d’entre eux, de choisir son propre modèle d’édification étatique et économique, sa propre voie pour rejoindre la communauté mondiale, elle est également devenue un instrument utile pour résoudre toute une série de problèmes concrets.
Ce n’est pas, loin de là, tout ce qui avait été imaginé qui a été mis en pratique. Mais nous sommes convaincus que la Communauté recèle un potentiel positif considérable, qui peut et doit être activé pour le bien de nos peuples. L’approfondissement de la coopération multilatérale au sein de la CEI, sert indéniablement les intérêts nationaux des Etats - membres et s’inscrit dans le droit fil des tendances mondiales globales.
La volonté convergente de nos pays de parvenir à un développement économique et social en progrès constant, à l’intégration qu’ils méritent à la communauté mondiale, constitue la base solide de la collaboration au sein de la CEI. Nous voyons le sens de l’existence de la Communauté dans le fait de contribuer à la réalisation de ces objectifs par le biais de la collaboration et de la conjugaison des efforts des Etats - membres. Le principal critère d’évaluation de l’activité de la CEI, ce sont ses effets concrets en matière d’élévation du niveau de vie des citoyens de nos Etats, de garanties leur conférant de larges droits dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de la protection sociale, du développement culturel, de la communication, en un mot c’est l’amélioration réelle de la vie des gens.
Nous jugeons indispensable de donner en continu au travail de la Communauté un contenu concret, en concentrant nos efforts sur les axes où les efforts conjoints sont à même de produire le plus d’effets.
L’intéressement objectif à une coopération économique et commerciale intensive - base de tout le complexe des relations à l’intérieur de la CEI - est conditionné non seulement par l’interdépendance des économies de nos pays, qui s’est constituée au fil de l’histoire, mais aussi, dans une mesure grandissante, par les processus de la mondialisation. L’intégration régionale et subrégionale ouvre la possibilité de s’adapter ensemble aux réalités politiques et économiques du monde moderne, permet d’exploiter efficacement les avantages de la mondialisation tout en en éliminant les conséquences négatives, surtout dans le secteur économique et social.
Dans ce contexte, il importe d’agir ensemble sur les questions relatives à la politique du commerce extérieur, et à la défense des marchés intérieurs des Etats - membres.
Nous conférons une importance décisive à la création d’une zone de libre échange dans l’espace de la CEI, qui prenne en compte les intérêts de tous les partenaires. Il est indispensable d’aller vers l’élimination progressive des barrières dans le commerce mutuel, de créer un système de comptes et de paiement efficace, d’établir une base juridique adéquate qui permette de garantir une concurrence honnête sur les marchés nationaux.
La tâche prioritaire de la coopération économique consiste à activer les formes d’intégration : coopération au niveau de la production, des activités d’investissement, des structures industrielles et financières communes. Une attention particulière sera portée aux efforts de rapprochement entre les législations nationales, du commerce extérieur, fiscales et douanières des divers Etats - membres de la CEI.
Du fait de leur situation géopolitique, les pays de la Communauté se sont retrouvés aux premières lignes de la lutte contre le terrorisme international et l’extrémisme, la mafia transnationale de la drogue, qui défient le monde entier. Cela nous place face à l’exigence d’unir les efforts pour riposter aux menaces globales qui pèsent sur la sécurité, dans la continuité des actions entreprises par la communauté internationale.
Nous déclarons une nouvelle fois la volonté de nos pays de poursuivre la mise en oeuvre, sur une base juridique, d’un ensemble de mesures conjointes pour contrer le terrorisme international ainsi que les attaques de la drogue, qui représentent une menace directe pour tous les Etats - membres de la CEI. Nous allons relever l’efficacité et l’organisation du travail réalisé par les organes de sécurité et les services secrets, apporter une aide réelle au Centre antiterroriste de la CEI.
Nous saluons ce qui est fait pour résister à l’offensive du terrorisme international, notamment la création de Forces collectives de déploiement rapide dans la région de sécurité collective de l’Asie centrale.
Nous confirmons que les pays de la Communauté sont prêts à participer activement aux efforts déployés par la communauté mondiale en vue de constituer un système global de sécurité, capable de faire barrage aux nouveaux défis et menaces.
Nous considérons comme une contribution importante à la garantie de la sécurité la coopération multilatérale, militaire et militaro-technologique, entre les Etats intéressés, notamment le renforcement du Système unifié de défense antiaérienne de la CEI.
Nous chercherons à obtenir aussi vite que possible le règlement pacifique des conflits armés sur le territoire des Etats - membres, sur la base des normes universelles et des principes du droit international, en engageant plus pleinement le potentiel de paix de la Communauté.
Tout en rendant hommage aux efforts déployés par la Fédération de Russie, qui joue le rôle de chef de file dans les opérations de maintien de la paix dans l’espace de la CEI, nous avons l’intention d’aller vers une répartition plus juste du "fardeau du maintien de la paix", conformément aux engagements pris.
Nous jugeons indispensable de donner un caractère systémique à la collaboration des pays de la CEI dans la lutte contre le crime, en ciblant le crime organisé, le trafic de stupéfiants et d’armes, l’immigration clandestine et le commerce des hommes, le blanchiment des revenus illicites.
Nous continuerons, à l’avenir également, d’accorder une grande attention à la coopération en matière de respect des droits fondamentaux et des libertés de l’homme, en conformité avec les principes universels et les normes du droit international, les documents de l’ONU et de l’OSCE.
Nous constatons la nécessité d’élargir et d’approfondir la collaboration dans le secteur humanitaire à l’intérieur de la CEI - dans les domaines de l’éducation, de la culture, de la science, des échanges d’information - ce qui constituera en fin de compte une garantie de la bonne santé spirituelle, morale et physique de la génération montante. La préservation et le soutien de la langue russe en tant que langue véhiculaire entre les différentes nations sont une préoccupation générale de tous les pays intéressés à développer les processus d’intégration dans le cadre de la CEI.
Nous pensons que la question de la collaboration entre les unions interétatiques présentes dans l’espace communautaire revêt une importance particulière pour l’avenir de la CEI. Il importe, dans le contexte présent, que ces unions revêtent un caractère ouvert et soient transparentes les unes pour les autres.
Nous soutenons l’idée de former, à l’intérieur de la CEI, un espace juridique tourné vers les standards internationaux dans le domaine des relations interétatiques et dans le secteur des relations entre l’Etat et le citoyen.
Nous voulons arriver à créer un mécanisme efficace pour la réalisation des décisions et ententes intervenues dans le cadre de la CEI, en gardant en ligne de mire la responsabilité accrue des Etats - membres pour le respect des engagements pris.
En confirmant notre attachement au développement dynamique de la Communauté, nous prenons appui sur la volonté de millions d’hommes qui sont liés par les noeuds séculaires de l’amitié, de la coopération et de l’assistance mutuelle. Nos peuples veulent voir dans la Communauté une zone de stabilité et de sécurité, de concorde entre les nations, une région de développement politique, économique, social, scientifique et technique stable, occupant la place qui lui revient au sein de la communauté internationale.
Nous, chefs des Etats - membres de la CEI, sommes fermement décidés à faire tout ce qui dépend de nous pour que ces espoirs se concrétisent.