Fils du Grand Joupan (prince) de Serbie, le jeune Ratzko fut attiré par la vie monastique et s’enfuit au Mont Athos. Quand on le rattrape, il refuse de rentrer au palais paternel. Son père accepte alors qu’il reste au monastère. Le jeune homme entreprend de traduire en slavon serbe de nombreux textes patristiques et liturgiques.
Sous son influence, son père quitte à son tour la grandeur de ce monde et abdique ayant eu soin de confier la principauté à l’un de ses fils.
Avec son fils moine, il fonde le monastère serbe de Chilandar au Mont-Athos pour les moines serbes. La Serbie était divisée en factions hostiles. On fait appel à saint Sava qui ramène la paix. Il revient dans le pays, fonde le monastère de Studenitsa et complète l’évangélisation et la pacification de la Serbie avant de revenir au Mont-Athos.
Saint Sava au Mont-Athos
La péninsule Athos en Chalcidique, en Grèce a reçu le nom à l’exemple de la montagne homonyme qui se lève brusquement à son bout, au-dessus de la mer d’Egée. En étant depuis des siècles la réceptacle des moines, cette péninsule est appelée Saint Mont. Dans le saint mont sont éparsés les monastères, les ’skytes’1 et les cellules solitaires des moines et un de vingt monastères est le monastère serbe, Chilandar.
Mentionné pour la première fois comme le monastère grec en 1076. le roi bysantin Aleksije III le donne au grand-duc serbe Stefan Nemanja, son fils Rastko et au peuple serbe. Les dernierès milles années le monastère Chilandar était et est encore la fortune de la culture et de la spiritualité serbe et européenne, là sont crées et conservées les richesses du monde chrétien, son histoire et sa tradition. C’était le centre d’alphabétisation pendant des siècles, le lieu où on préservait les reliques chrétiennes, les fresques d’une beauté suprême et les icônes miraculeuses, les croix magnifiques enchaînés d’or et d’argent, les manuscrits médiévaux, les chartes et les statuts ecclésiastiques. Dans l’assemblage du monastère se trouvaient, entre autres, l’église principale Saborna, dédiée à ,vavédenie’ de la Vierge, construite le début du XIVème siècle, quelques petites églises, le Temple des saints Archanges, la bibliothèque, le palais Blanc et les autres palais, l’hôpital, ,l’iguménaria’, la salle à manger et, bien sûr, le Trésor.
Le patriarche de Constantinople le nomme, en 1220, premier archevêque de l’Eglise serbe autocéphale, archevêché de Pecs. Père de la Serbie orthodoxe, il reçut un tel culte que les Turcs ottomans brûlèrent ses reliques pour ruiner le patriotisme serbe.
Aujourd’hui, les partisans des courants nationalistes serbes dans l’Église serbe orthodoxe s’appellent ’les svetosavtsi’ (ou fidèles de Saint Sava, le fondateur de l’Église serbe).