L’administration des Etats-Unis d’Amérique a annoncé, aujourd’hui qu’elle se retirerait, dans six mois, du Traité de défense antimissile de 1972.
Le Traité accorde effectivement le droit à chaque partie d’en sortir en cas de circonstances exceptionnelles. Les dirigeants des Etats-Unis en avait parlé à maintes reprises, et cette initiative n’a pas été, pour nous, une surprise. Mais nous jugeons cette décision erronée.
Nul n’ignore que la Russie, de même que les USA, possède depuis longtemps, à la différence des autres puissances nucléaires, un système efficace pour contrer la défense antimissile. C’est pourquoi je peux affirmer en toute certitude que la décision prise par le Président des Etats-Unis n’engendre pas de menace pour la sécurité nationale de la Fédération de Russie.
Notre pays n’a toutefois pas accepté la proposition insistante des Etats-Unis de se retirer ensemble du Traité ABM et a fait tout ce qui était en son pouvoir pour sauvegarder ce traité. Je continue à penser, aujourd’hui encore, qu’une telle attitude est juste et fondée. Ce faisant, la Russie était mue, avant tout, par le souci de préserver et de consolider les bases juridiques internationales dans le domaine du désarmement et de la non prolifération des armes de destruction massive.
Le Traité de défense antimissile constitue justement l’un des murs porteurs du système juridique en ce domaine. Ce système est le fruit d’efforts conjugués tout au long des dernières décennies.
Selon notre conviction, l’évolution de la situation dans le monde actuel dicte impérativement une certaine logique d’action.
Aujourd’hui, alors que le monde est confronté à des menaces nouvelles, on ne peut admettre de vide juridique dans le secteur de la stabilité stratégique, on ne peut torpiller les régimes de non prolifération des armes de destruction massive.
J’estime que le niveau actuel des relations bilatérales entre la Fédération de Russie et les Etats-Unis doit être non seulement maintenu, mais doit aussi servir à élaborer au plus vite de nouveaux cadres pour les relations stratégiques.
Parallèlement au problème de la défense antimissile, une importance particulière est également conférée, dans ces conditions, à l’argumentation juridique des ententes obtenues concernant de nouvelles réductions majeures, irréversibles et vérifiables des armements stratégiques offensifs, réduction qui pourrait atteindre, selon nous, le niveau de 1.500 ou 2.000 charges nucléaires pour chaque partie.
Je voudrais relever, pour conclure, que la Russie continuera, à l’avenir également, de suivre résolument, dans les affaires internationales, sa politique de principe visant à renforcer la stabilité stratégique et la sécurité internationale.

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