Lors de la réunion traditionnelle de Vladimir Poutine avec le gouvernement, les ministres ont eu une mauvaise surprise. Le Président leur a annoncé qu’il n’était pas satisfait par le plan gouvernemental du développement économique du pays jusqu’en 2004.
Selon le Président, « les deux scénarios, l ’un optimiste, l’autre pessimiste, ne garantissent pas au pays une réduction de son retard par rapport aux principaux pays développés ». Ces deux scénarios prévoient, selon la variante optimiste, une croissance de 4,5% du PIB, contre 2,5% si, selon la version pessimiste, les prix du pétrole descendent à moins de 16$ le baril. « La modestie des pronostics gouvernementaux est compréhensible : le cabinet des ministres observe avec inquiétude les prix du pétrole qui, actuellement, dépendent moins de la politique russe et de l’OPEK que de la conjoncture politique internationale, aujourd’hui déterminée par les Etats-Unis » note le journal Nezavissimaïa gazeta. « Or, le gouvernement n’a pas encore trouvé autre chose que le pétrole pour assurer la croissance » ajoute le quotidien. « Cette croissance est insuffisante et, bien qu’elle soit positive, nous ne devons pas nous en satisfaire mais construire des plans plus ambitieux » a décrété Vladimir Poutine. Le gouvernement est appelé à revoir ses pronostics pour proposer au Président une vision plus radieuse de l’avenir. « Une transformation de la politique économique du pouvoir vers une avancée libérale est en train de mûrir. En d’autres termes, la croissance économique devra être assurée en liquidant les restes du socialisme soviétique. La victime des mesures pour sauver la croissance sera le financement des pouvoirs publics, des avantages sociaux et des dépenses budgétaires » souligne le journal Kommersant. Il semble que le Président se soit plié à l’avis de son conseiller économique, l’ultra-libéral Andreï Illiaronov, qui appelle à réduire les dépenses du budget fédéral jusqu’à 12% du PIB alors qu’actuellement elles représentent 35% du PIB. Il faudra donc s’attendre à ce que la politique gouvernementale prenne une tournure beaucoup plus libérale. Toutefois, le journal Nezavissimaïa gazeta remarque que si le gouvernement peut inscrire dans son programme une croissance plus forte, celle-ci ne pourra avoir réellement lieu sans une profonde révision du système économique du pays, une tâche que ce gouvernement a, pour l’instant, du mal à remplir. Les dernières statistiques montrent, en effet, un stagnation de l’économie ces derniers mois. Une situation qui ne peux réjouir le présidente et si elle se poursuit, « un remaniement gouvernemental deviendrait indispensable et inévitable » selon le journal Nezavissimaïa gazeta.
Nezavissimaïa gazeta, Kommersant 9-04-02