La démarche à faire pour s’approcher de cette nouvelle religion était clairement exposée par Tolstoï, qui tâchait lui-même de la réaliser dans sa vie et ses actions : travail manuel, de préférence à la campagne ; libération de toutes les passions, sobriété, pureté et patience, bonté et soumission, amour pour les hommes et les animaux.
Léon Nikolaïévitch Tolstoï est reconnu comme l’un des plus grands écrivains russes, avec ’Guerre et Paix’ et ’Anna Karénine’, best-sellers mondiaux. Né le 9 septembre 1828 dans la haute bourgeoisie russe, à Iasnaïa-Poliana, domaine de sa famille, gouvernement de Toula.
Il appartenait à la plus haute noblesse de l’empire ; le nom des Tolstoï apparaît souvent avec honneur dans l’histoire militaire et diplomatique de la Russie. Son grand-père avait été maréchal de la Cour et ambassadeur à Paris auprès de Napoléon. Son père, officier, fut fait prisonnier par les Français, en 1814 ; rentré en Russie après 1815, il quitta l’armée et vécut en gentilhomme campagnard dans ses domaines.
Léon Tolstoï fit ses études à l’Université de Kazan. En 1851, il choisit, pour faire son service, un régiment du Caucase, où son frère occupait déjà un grade. C’est alors qu’il écrivit son premier ouvrage ’Enfance’, puis ’les Cosaques’. De sa campagne en Crimée, il tira son troisième ouvrage : ’Sébastopol’. Démissionnaire après la paix, il voyagea en Allemagne, en Suisse, en France, puis il rentra à Iasnaïa-Poliana, et ne cessa guère d’y vivre pendant tout le reste de sa longue existence. Il publia un certain nombre de nouvelles, puis ses grands ouvrages : ’La Guerre et la paix’ (achevé en 1872), ’Anna Karénine’(1877)et ’Résurrection’(1900).
Cependant une révolution morale et religieuse se faisait dans l’esprit de Tolstoï. Ses conversations avec des paysans mystiques tels que Sutaïev et Bondarev, lui inspirèrent un grand nombre de brochures ou d’articles. Il voulait, mais sa femme s’y opposa ainsi que ses enfants, distribuer ses terres aux paysans.
Il fabriquait lui-même presque tout ce dont il avait besoin, comme vêtements, chaussures, etc. Sa religion parut subversive et le Saint-Synode excommunia Tolstoï, en 1901. Mais il continua à répandre en Russie ses théories, et à mener personnellement la vie d’un moujik. Il créa une école à Iasnaïa Poliana ; ses principes éducatifs étaient exposés dans une revue pédagogique qu’il publia lui-même à partir de 1862 et à laquelle il donna le nom de la propriété.
L’année de la création de la revue, le romancier, désireux de trouver une certaine stabilité, épousa Sophie Andreïevna Bers, issue d’une famille moscovite cultivée. Il passa les quinze années qui suivirent à élever ses treize enfants, à gérer sa propriété et à travailler à ses œuvres.
Terriblement tourmenté par la contradiction entre le contenu de ses enseignements et le mode de vie que sa fortune personnelle lui assurait - mais aussi par les querelles incessantes l’opposant à son épouse - Tolstoï quitta une nuit le domicile conjugal, accompagné de son médecin privé. Trois jours plus tard, il tomba malade ; une pneumonie l’emporta le 7 novembre 1910, alors qu’il se trouvait dans une petite gare, loin de sa demeure.

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