La construction d’un gazoduc sous la mer Baltique va changer la carte politique de l’Europe et représente une démonstration de force économico-énergétique de Moscou. En construisant un gazoduc sous la mer, qui contournera les pays baltes et la Pologne, la Russie pourra imposer des prix de gaz de monopole pour avoir une influence sur la politique de ses voisins baltes, ukrainiens et polonais.
Les relations russo-ukrainiennes se sont refroidies après la révolution ’orange’ en Ukraine fin 2004 qui a porté au pouvoir le président Viktor Iouchtchenko. Le projet du gazoduc doit fournir une alternative au transit du gaz russe par l’Europe de l’Est et avant tout l’Ukraine. Le président russe s’est félicité de la signature du contrat "avec un partenaire stable", en rappelant qu’un projet de création d’un consortium gazier avec l’Ukraine n’avait pas marché parce que Kiev jugeait "non opportune la poursuite de ce partenariat".
La nouvelle alliance entre la Russie et l’Allemagne, appelée aujourd’hui ’alliance énergétique’ qui représentera plus de 4 milliards d’euros d’investissements, a été signé le 8 septembre 2005 à Berlin par le groupe gazier russe Gazprom et les allemands BASF et EON, en présence du président russe Vladimir Poutine et du chancelier Gerhard Schröder. MM. Poutine et Schröder qui se tutoient et parlent allemand entre eux entretiennent des relations amicales de longue date. L’Allemagne assure avec ce projet une grande partie de son approvisionnement énergétique sur des décennies.
Gazprom compte mettre en service ce nouveau gazoduc en 2010 avec un volume de 27 milliards de m3 par an dans un premier temps, qui pourra être porté à terme à 55 mds de m3.
Le gazoduc dit nord-européen doit être construit sur près de 3.000 km, dont 1.189 km sous la mer Baltique. Il doit relier sur sa partie terrestre le système unifié d’oléducs russes au port russe de Vyborg, puis via la mer Baltique, à Greifswald en Allemagne.