Les Serbes défenseurs de la Yougoslavie, défenseurs de leur liberté sur leurs propres terres et du même droit à l’autodétermination que celui invoqué par les
Slovènes, les Croates, les musulmans ou les Macédoniens, furent déclarés agresseurs par les Etats-Unis et l’Union européenne et punis par l’embargo.
Message de Dobritsa Tchossitch à P.-M. Gallois à l’occasion du 2e anniversaire de l’agression de l’OTAN contre la Serbie
Le 24 mars 2001, à la Maison de la Chimie, à Paris, a eu lieu une soirée commémorative de l’agression de la Serbie par l’OTAN, organisée autour et en l’honneur du général Pierre-Marie Gallois, dont deux nouveaux ouvrages, "Réquisitoire" et "Ecrits de guerre" (L’Age d’Homme) sont parus pour l’occasion.
La magistrale conférence du Général sur "le mondialisme contre les nations" sera éditée à L’Age d’Homme, avec les messages d’amitié reçus à cette occasion, dont ceux du Président de la RF de Yougoslavie, M. Vojislav Kostunica, et de Dobritsa Tchossitch, le plus grand écrivain serbe vivant. Voici le très bel hommage que ce dernier a adressé à Pierre-Marie Gallois.
************************************************************
Dans les tribulations que nous autres Serbes avons traversées, au moment où la France elle-même, en l’amitié de qui nous nous étions le plus opiniâtrement fiés, nous avait trahis, nous avons vu se ranger à nos côtés un très grand ami : Pierre-Marie Gallois. Ce temps d’épreuve pour la raison politique et la conscience européennes fut
aussi l’époque d’un exploit, exploit de dévouement vis-à-vis d’un peuple petit et ancien, puni d’enfermement et de mépris pour avoir dit non à l’Union européenne et aux Etats-Unis au moment où ceux-ci ont voulu fouler aux pieds les droits élémentaires des hommes et des nations.
L’amitié de Pierre-Marie Gallois et d’un petit nombre de
Français clairvoyants et dotés de conscience, qui avaient compris l’essence du malheur des Serbes après le démantèlement de la Yougoslavie, cette amitié, nous la considérons comme l’une de nos victoires en ces temps de défaites qui n’ont toujours pas trouvé leur
terme.
Nous avons traversé un siècle de bestialité, de trahison et
d’illusion, où les hommes les plus puissants étaient ceux qui avaient fait le plus de mal aux peuples et aux gens. Mais en ce même XXe siècle, les personnages les plus précieux furent ceux qui s’opposèrent au mal et qui entrèrent en lutte contre le destin. L’un de ces personnages, rares parmi les intellectuels d’Europe, est
Pierre-Marie Gallois.
Si les puissants furent vaincus par leur propre pouvoir, ces
derniers, les hommes d’élection, ne furent pas pour autant couronnées par l’Histoire. Nombre d’entre eux n’en furent que des victimes. Le monde issu de leur lutte nous persuade qu’ils ont surtout "pourchassé le vent", selon la vision shakespearienne de la destinée humaine.
Car, de la tyrannie, le mal a migré pour s’insinuer dans la
démocratie. Les deux parties du monde ont interverti leurs rôles : c’est l’Occident désormais qui incarne cet enfer sur terre hier encore situé à l’Est. Mais une grande part de l’humanité n’a pas encore jugé utile de reconnaître cette réalité et d’en tirer les conséquences existentielles. L’un des rares Européens à avoir saisi
les périls et les maux annoncés par cette grande révolution de la société est Pierre-Marie Gallois.
En écrivant l’épilogue de ce colossal renversement, engendré par l’effondrement du monde bipolaire, en dénonçant les nouveaux esclavagistes, les illusionnistes et les nihilistes, le géopolitologue français Pierre-Marie Gallois a démasqué la stratégie du néo-impérialisme et la tromperie de l’idéologie des droits de l’homme, servant de camouflage aux nouveaux maîtres du monde, les Etats-Unis et l’Allemagne, dont le peuple serbe a été la première
proie en Europe.
Poursuivant leurs objectifs stratégiques, les Etats-Unis et l’Union européenne, à l’aide de leurs services d’intoxication et de leurs médias, ont déformé la vérité sur les réalités yougoslaves et serbes, de telle sorte qu’une guerre civile voulue et provoquée par des
sécessionnistes - Slovènes et Croates d’abord, musulmans ensuite, soutenus par l’Europe allemande et par les Etats islamiques - a pu être définie comme une agression serbe. Les Serbes défenseurs de la Yougoslavie, défenseurs de leur liberté sur leurs propres terres et du même droit à l’autodétermination que celui invoqué par les
Slovènes, les Croates, les musulmans ou les Macédoniens, furent déclarés agresseurs par les Etats-Unis et l’Union européenne et punis par l’embargo. En faisant passer la victime pour le bourreau, on a criminalisé cette fin de siècle et toute la culture politique de notre temps. Parmi les rares Européens à avoir pris la défense de la
liberté, des droits et de la justice pour le peuple serbe, le plus déterminé et le plus courageux fut ce grand Français, Pierre-Marie Gallois. Il fut un allié plus précieux pour le peuple serbe en cette fin de XXe siècle que ne l’avait été Victor Hugo un siècle plus tôt.
Au cours de l’histoire, on a souvent commis de grands crimes au nom d’un grand bien ; dans le monde actuel, de grandes forfaitures et injustices sont commises au nom des droits de l’homme. Depuis les Croisades, qui donnèrent lieu à des razzias, bien des guerres européennes furent couvertes par des causes sacrées et morales. Au
moment où les hommes se mettaient à tuer, il leur fallait aussitôt mentir pour justifier la tuerie. C’est ainsi que, le 24 mars de la dernière année du XXe siècle, l’Alliance occidentale déclencha une mini-guerre mondiale contre la seule Serbie, soi-disant pour prévenir une "catastrophe humanitaire" menaçant les Albanais au Kosovo-Métochie. A ce prétexte "moral", l’orgueilleux chef de guerre occidental, le président américain Clinton, a encore ajouté la
nécessité de "préserver la crédibilité de l’OTAN". Voilà des mobiles qui rappellent indubitablement ceux du déclencheur de la Seconde guerre mondiale. La puissance militaire occidentale, en bombardant la Serbie, a bombardé l’Europe ; l’Europe s’est donc bombardée elle-même.
Au Kosovo, l’Alliance occidentale a sacrifié les fleurons
de la civilisation chrétienne et byzantine à la barbarie tribale.
L’issue de cette agression commise au nom des principes humanitaires est aussi catastrophique pour les prédateurs que pour leurs victimes : la prévention de la "catastrophe humanitaire" s’est soldée par l’occupation du Kosovo-Métochie, par l’expulsion à caractère génocide
des Serbes de leurs foyers immémoriaux, par la destruction de centaines de villages, d’églises, de ponts et l’assassinat de quelques milliers de civils serbes, parmi lesquels un grand nombre d’enfants. Aucun Européen n’a fait ce qu’a fait Pierre-Marie Gallois en défendant l’Europe contre elle-même, abrutie et ivre de jubilation
sur la tragédie d’un monde s’était effondré.
La débâcle politique de l’Europe dans les Balkans n’est pas encore près de s’achever. Les Albanais, soutenus par les services secrets américains, étendent leur agression contre la Serbie et la Macédoine dans le but de créer une grande Albanie. Au nom de l’humanitarisme otanesque, il est interdit aux Serbes de se défendre contre les
agresseurs et les assassins, tout juste leur permet-on d’esquiver avec modération. Au nom de l’idéologie des droits de l’homme et de l’intangibilité des frontières, dans un pays qui fut le théâtre d’une guerre génocide, on impose par l’occupation et le chantage un semblant de société multiethnique. On prétend l’imposer aussi bien au
Kosovo, où les Albanais assassinent quotidiennement les quelques Serbes encore présents, qu’en Bosnie où Musulmans, Serbes et Croates sont condamnés à cohabiter dans la haine et la crainte mutuelles et sous occupation étrangère. Les chantres du mondialisme et de la globalisation considèrent ces situations comme des étapes sur le chemin de la liberté. L’un des rares penseurs politiques en Europe à
considérer ces situations comme des étapes sur la voie de l’esclavage est Pierre-Marie Gallois.
Convaincu que Pierre-Marie Gallois incarne la France qui a donné à l’Europe le visage de la liberté en même temps que la vertu du doute, cette France dont mon peuple a été l’allié au cours de deux guerres mondiales où nous avons lutté ensemble pour notre liberté et le droit à notre identité, cette France à qui mon peuple a élevé un monument d’amour, moi, écrivain serbe, j’adresse à Pierre-Marie Gallois l’expression de ma profonde reconnaissance pour son amitié vis-à-vis du peuple serbe et pour son dévouement sans faille à des valeurs qui confèrent à la vie humaine un sens supérieur.
Dobritsa Tchossitch