Maxime Gorki (Alexeï Maximovitch Pechkov) est né le 16 Mars 1868 à Nijni-Novgorod, Russie.
Son père meurt quand il a trois ans. C’est sur l’évocation de cette mort que s’ouvre Enfance, premier volume d’une trilogie autobiographique. Il connut la misère et le travail à huit ans. Sa mère le confie à ses grands-parents maternels, se remarie avec un homme violent et peu scrupuleux, et meurt à son tour quand l’enfant a dix ans.
La grand-mère est l’être le plus proche du cœur du jeune Alexeï. Quant au grand-père, c’est un homme dur, marqué par la religion, mais qui a des accès de tendresse envers l’enfant à qui il aime raconter des histoires. Après la mort de sa mère, l’enfant doit vivre "en gagnant son pain”, (second volume de la trilogie).
Il n’a que dix ans. Il fait toutes sortes de métiers, de coursier chez un peintre en icônes à débardeur ou boulanger à Kazan, ville dans laquelle il est parti vivre, faire « ses universités », (troisième volet de la trilogie), universités de la misère, et de l’apprentissage politique d’un autodidacte.
A seize ans, il quitta sa ville natale.
Tour à tour plongeur, docker et veilleur de nuit, il expérimenta de front l’envers de la vie russe et adhéra aux idées révolutionnaires de la classe ouvrière. Cerné par la misère, il s’embarqua dans une errance dans le Sud, où il vécut de petits travaux, tout en publiant des récits dans la presse provinciale.
En 1887, âgé de 19 ans, il tente de se suicider. Cette tentative de suicide sera à l’origine de la tuberculose qu’il développera. Il parcourt à pied une partie de la Russie, vit en vagabond et quelques temps ouvrier pour la construction du chemin de fer. Enfin il s’installe à Tiflis.
En 1892, il publie une première nouvelle Makar Tchoudra dans un journal. A cette occasion, il prend le pseudonyme de Gorki (« amer » en russe). Les héros de ses premiers récits sont des vagabonds, des débardeurs, trimardeurs et marginaux de toutes sortes. Il devient très vite un écrivain reconnu, notamment dans le milieu étudiant, et une personnalité admirée par tous ceux qui refusent le régime tsariste.
En 1895, le succès de Tchelkach , paru dans une revue de Saint-Petersbourg fut immédiat. Par ce récit empathique sur la vie laborieuse, Gorki initia un genre littéraire qui l’établit comme le porte-parole des classes populaires.
Il participe activement à la lutte contre le gouvernement, écrit des tracts, est emprisonné, puis assigné à résidence. Malgré la censure, ses premières pièces de théâtre (Les petits-bourgeois et surtout Les bas-fonds) sont jouées avec un immense succès au Théâtre d’Art de Moscou.
A l’aube du nouveau siècle, il se tourna vers l’écriture de pièces et de romans traitant de la montée du capitalisme russe. Adhérent aux thèses marxistes, il fit don de la majorité des ses revenus au parti bolchévik.
Il est nommé à l’Académie, mais la nomination est annulée pour raisons politiques. En signe de solidarité, Tchekhov et Korolenko démissionnent. En 1905, le jour même du « dimanche sanglant », Gorki rédige et publie un « appel à tous les citoyens russes et à l’opinion publique des états européens ». Il est aussitôt emprisonné. Libéré, il part en janvier 1906 pour l’Europe et les Etats-Unis, où il connaît de nombreuses difficultés. Il ne revient d’exil qu’en 1913, après plusieurs années passées à Capri.
Certains différends avec Lénine et les bolcheviks se font sentir dès avant la Révolution d’Octobre. Il quitta la Russie et vécut en exil jusqu’à l’amnistie de 1913. De retour, il soutiendra Lénine, s’élevant ensuite contre la prise dictatoriale de 1917.
En 1928, à 60 ans, il fait un retour triomphal en URSS où il devient l’écrivain officiel et fêté du régime. Il écrit à cette période des œuvres de propagande d’un terrible manque de perspicacité, comme Le canal de la mer blanche. Ses désillusions successives face à l’Union Soviétique l’incitèrent à émigrer en Italie de 1928 à 1936.
Il retourna finalement en URSS où il mourut le 18 juin 1936 à Moscou. Selon certains, il aurait peut-être été assassiné sur l’ordre de Staline : le dictateur aurait craint que l’écrivain ne reparte en exil et ne dénonce librement ce qui était en train de se produire dans ce pays où il était à la fois un prisonnier et une légende vivante.

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