La Fédération de Russie possède les huitièmes réserves mondiales de pétrole, les premières réserves de gaz naturel et les deuxièmes réserves de charbon au monde. Elle est au premier rang mondial des exportations de gaz naturel, compte parmi les plus gros exportateurs de pétrole et occupe le troisième rang mondial pour la consommation d’énergie.
L’énergie représente les deux cinquièmes des exportations russes et plus de 10 % du produit intérieur brut (PIB) du pays.
Les réserves avérées de pétrole russe s’élèvent à 48,6 milliards de barils, mais l’équipement vieillit et les réserves s’épuisent à une cadence supérieure à celle de la découverte de nouveaux gisements. Les analystes estiment qu’il est nécessaire d’augmenter les investissements étrangers et que les pouvoirs publics devraient mettre en place un code fiscal pour les entreprises clair et intelligible ainsi qu’un système de partage de la production.
Dans un projet commun avec l’entreprise américaine Conoco, Loukoil assemble une flotte de pétroliers brise-glace qui achemineront le pétrole en provenance des vastes réserves du nord-ouest du bassin de Timan-Petchora à travers l’océan Arctique.
Plusieurs compagnies pétrolières ont des activités dans la Fédération de Russie dont Agip, BP, British Gas, ChevronTexaco, Statoil, Conoco, ExxonMobil, Neste Oy, Norsk Hydro, Marathon, McDermott, Mitsubishi, Mitsui, Royal Dutch/Shell et TotalFinaElf. Selon des sociétés d’investissement moscovites, le pétrole représente environ 50 p. cent des 22 milliards de dollars (21 milliards d’euros) d’investissement prévus dans le secteur industriel russe.
L’exploration pétrolière est particulièrement importante dans une zone située juste au sud de la Fédération de Russie. En 1993, la compagnie pétrolière Chevron (devenue depuis Chevron Texaco) a acheté le champ de Tengiz, au Kazakstan. En moins de huit ans, après avoir investi 4 milliards de dollars (4 milliards d’euros) dans le projet, un groupement dirigé par ChevronTexaco a ouvert un oléoduc de 1 580 km reliant Tengiz à Novorossisk dans le Territoire de Krasnodar, sur la mer Noire, dans le sud de la Russie. BP a un grand projet dans la région de la mer Caspienne et ExxonMobil possède des participations à Tengiz et en Azerbaïdjan.
Parmi les projets de construction d’oléoducs en cours figurent le réseau d’oléoducs de la Baltique et un oléoduc qui irait jusqu’en Chine. Le gazoduc Blue Stream alimente la Turquie en gaz naturel. La résolution d’un conflit entre la Fédération de Russie et l’Ukraine permettra la construction d’un oléoduc qui contournera le territoire ukrainien ; un oléoduc reliant Iamal (nord de la Sibérie) à l’Europe via la Biélorussie est également prévu.
La mer Caspienne, qui contiendrait 110 milliards de barils de pétrole, est une mer intérieure bordée par la Fédération de Russie, l’Iran, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan et le Kazakstan. Son énorme production ne peut être chargée sur des pétroliers qu’à condition d’être d’abord acheminée par oléoduc jusqu’à la mer Noire, la Méditerranée ou le golfe Persique.
Les États-Unis ont financé la construction d’un oléoduc de 1750 km qui acheminera un million de barils/jour depuis Bakou, en Azerbaïdjan, jusqu’au port turc de Ceyhan, sur la Méditerranée, en passant par la Géorgie. L’oléoduc contourne entièrement l’Iran mais passe près de la frontière qui sépare l’Azerbaïdjan de l’Arménie. Entré en service le 25 mai 2005 en Azerbaïdjan, un nouvel oléoduc géant Baku-Tbilissi-Ceyhan (Azerbaïdjan-Géorgie-Turquie) à vocation stratégique reliera la mer Caspienne à la Méditerranée en limitant l’emprise de la Russie sur les exportations de pétrole du Caucase.
Sans compter les difficultés géographiques et techniques, les experts du secteur reconnaissent que cet oléoduc traverse un territoire disputé dans une région où les atteintes aux droits humains sont très fréquentes.
Au milieu de 2001, un navire de guerre et un avion de combat iraniens ont éloigné sous la menace un navire de recherche de la compagnie pétrolière British Petroleum (BP) d’une zone de la mer Caspienne revendiquée par l’Iran et l’Azerbaïdjan. BP aurait cessé de prospecter dans la région.
Mais il y a un bémol pour les USA : il est peu probable que l’Azerbaïdjan ait assez de ressources pour assurer dans les 20-25 ans à venir les 50 millions de tonnes par an requis pour remplir cet oléoduc... Et le prochain oléoduc de transit Samsun-Ceyhan, qui doit acheminer le pétrole russe et kazakh vers les marchés de consommation méditerranéens, sera construit aux alentours de 2010.
L’intérêt de la Russie pour la région de la Caspienne est à la fois stratégique et économique : la Fédération de Russie veut garder une influence sur ces nouveaux pays voisins. La Fédération de Russie a donné son accord pour la construction d’un réacteur nucléaire d’un coût de 800 millions de dollars (758 millions d’euros) en Iran et a signé récemment pour une durée de cinq ans un accord commercial de 40 milliards de dollars (38 milliards d’euros) avec l’Irak. Les vastes ressources pétrolières et minérales de la Russie devraient profiter très largement aux populations locales.
L’expérience de l’Afrique, de l’Asie et d’autres régions du monde montre toutefois nettement que les industries extractives entraînent souvent des conflits avec les communautés autochtones. En outre, quand les entreprises prospectent dans des zones de conflit, il arrive qu’elles deviennent la cible de groupes d’opposition armée. Lorsqu’elles ont fait appel à des sociétés de sécurité privées ou publiques pour protéger leur personnel et leurs biens, elles ont parfois été impliquées dans des atteintes aux droits humains.