Malgré les défis auxquels le Kosovo et l’ensemble de la région sont toujours confrontés, le Conseil de sécurité s’est félicité de l’intention du Secrétaire général de nommer un Envoyé spécial chargé de diriger le processus politique de détermination du statut futur du Kosovo (Serbie-et-Monténégro).
LE CONSEIL DE SÉCURITÉ ESTIME QU’IL EST TEMPS D’ENTAMER LE PROCESSUS DE DÉFINITION DU STATUT FUTUR DU KOSOVO
Cette position figure dans une déclaration présidentielle que le Conseil a rendue publique, ce matin, après avoir entendu le Premier Ministre de la Serbie, Vojislav Kostunica ; Kai Eide, l’Envoyé spécial du Secrétaire général chargé d’évaluer, par le biais de consultations avec les parties, les intervenants sur le terrain et la communauté internationale, si le moment est venu de lancer un tel processus ; et Soren Jessen-Petersen, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK).
Kai Eide a prévenu le Conseil qu’il n’y aurait jamais de « bon moment » pour traiter du statut futur du Kosovo, signalant que les positions des parties restaient diamétralement opposées. Il est peu probable, a-t-il néanmoins insisté, que de nouveaux résultats tangibles soient obtenus dans l’application des normes, en retardant la définition du statut futur. Dans sa déclaration présidentielle, le Conseil souligne d’ailleurs que l’application de ces normes doit continuer pendant le processus relatif au statut futur. Il met un accent particulier sur la protection des minorités, la poursuite du processus de décentralisation, la mise en place de conditions propices aux retours durables, et la promotion de la réconciliation.
Le règlement de la situation au Kosovo ne pourra effectivement pas se limiter à la définition de son statut, a acquiescé le Représentant spécial du Secrétaire général qui a cité six domaines prioritaires à savoir le renforcement des efforts dans le domaine économique ; l’appui à la réforme des institutions provisoires ; le transfert des compétences de la MINUK à de nouveaux Ministères de l’intérieur et de la justice ; la restructuration de la Mission en prévision du lancement du processus de définition du statut, et le maintien d’un climat de sécurité pour tous.
Exhorté à faciliter l’application des normes et à démontrer son engagement, Belgrade, a répondu, par la voix de son Premier Ministre qui a surtout précisé le cadre dans lequel le processus de définition du statut futur doit s’inscrire. Vojislav Kostunica a d’abord appelé au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Serbie-et-Monténégro, « conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité ».
Le démantèlement d’un État démocratique et la modification de ses frontières contre sa volonté ne sont pas des options à envisager, a-t-il affirmé au Conseil, signalant qu’il s’agirait là d’un cas sans précédent dans les pratiques des Nations Unies.
Le Premier Ministre a confirmé que son pays est disposé à garantir une autonomie substantielle au Kosovo et à Metohija au sein de l’État de Serbie-et-Monténégro, et a jugé que le processus relatif au statut futur du Kosovo aurait de meilleures chances de succès s’il s’inscrivait dans le cadre de discussions directes entre les représentants des deux parties.