Le pouvoir russe garde les bonnes habitudes de l’époque tsariste. Lorsque le chef d’Etat arrive dans une région, il faut faire place nette et neutraliser les voix protestataires.
Ce principe dit du "village Potemkine" a encore été mis en pratique par les autorités locales pour accueillir Poutine dans la ville minière d’Anjero-Soudjensk. Les militants de la Confédération sibérienne du travail (SKT) avait prévu un meeting de protestation pour le 20 août, jour d’arrivée du Président russe. Ils ont prévenu les autorités municipales dans les délais légaux, mais celles-ci ont refusé d’autoriser le rassemblement. Le maire de la ville, Ivchin, a proposé des négociations au dirigeant de la section locale de la SKT, Volodia Vorobiov.
Celles-ci ont eu lieu à une semaine de l’arrivée de Poutine et le maire s’est engagé à donner satisfaction à une liste de revendications, en échange de la levée du meeting.
Mais, la veille des "festivités", aucune mesure n’avait encore été prise pour satisfaire les revendications. Les syndicalistes de la SKT locale, réunis en assemblée générale, ont donc voté pour le maintien du meeting, qu’il soit ou non autorisé.
Et aujourd’hui, 20 août, une heure avant le début du meeting, Vorobiov a été arrêté en sortant de chez lui. Nous sommes sans nouvelles de lui pour le moment.
En son absence, le meeting se déroule néanmoins, avec un fort risque d’intervention policière musclée. Le meeting est consacré à la réforme du système de gestion communale des logements (qui consiste en sa privatisation feutrée et en une augmentation drastique des charges communales). Les revendications sont les suivantes :
l’augmentation du salaire minimum au niveau du minimum vital, de façon à ce que les salariés puissent payer les charges.
correspondance entre les tarifs communaux et la qualité des services.
contrôle financier indépendant de l’organisation chargée de la gestion communale des logements.
augmentation des subsides fédéraux (diminués récemment) au système de gestion communale des logements.
Les revendications soumises plus spécifiquement à la Municipalité (et qu’elle a finalement ignorées) étaient les suivantes :
panneau d’affichage dans la ville pour les organisations politiques et syndicales.
transparence dans la gestion du système de gestion communale des logements.
Pendant le mois précédant la tenue du meeting Vorobiov et les autres leaders de la SKT local ont subi une lourde pression de la part de la police, du FSB, des fonctionnaires du pouvoir régional (région de Kémérovo) et local. Il est actuellement retenu dans un lieu inconnu. Pour les lecteurs du "Messager", Vorobiov est un militant connu. Il est venu en France en juin 2002 à l’invitation de SUD-PTT. Il a participé, avec deux autres délégués de Russie, à la réunion syndicale internationale tenue à Paris le 1er juillet, dans le cadre de la préparation du Forum social européen.
Vous pouvez adressez vos messages de protestation à :
1)Gouverneur de la région de Kémérovo, Aman Touleev, fax : (007-3842) 23-31-56
2)Maire d’Anjero-Soudjensk, V.A.Ivchin, fax : (007-38453) 2-34-56, e-mail : adm@asf.ru
3)Copie pour Volodia : risok78@mailru.com
Contact pour cet article Carine Clément groupe-est@attac.org