L’année franco-russe 2004 s’est achevée avec le séminaire bilatéral sur l’efficacité énergétique, marqué par le déplacement à Moscou de M. Patrick Devedjian, ministre de l’industrie.
L’efficacité énergétique en Russie est certes très en retrait par rapport aux pays industriels occidentaux, que les « crises pétrolières » ont contraints à s’adapter : globalement, l’intensité énergétique de la Russie est 2,6 fois supérieure à celle des Etats-Unis, 3,5 fois supérieure à celle de la France. Chacun a en tête l’exemple de fenêtres ouvertes pour rafraîchir des logements ou des bureaux surchauffés. Les économies d’énergie sont donc souvent citées comme la première ressource énergétique du pays. Qui plus est, la consommation d’énergie augmente rapidement, au point que, selon certaines estimations pessimistes, si rien n’était fait, la Russie pourrait perdre sa capacité exportatrice dans ce secteur en 2015. Il y là de quoi inquiéter le premier producteur de pétrole au monde.
La prise de conscience est en train d’intervenir. Le séminaire de décembre y a manifestement contribué.
Le vice-ministre russe de l’industrie et de l’énergie a ainsi indiqué que l’objectif officiel était de diviser par deux la consommation énergétique dans l’industrie d’ici 2020. Dans les services municipaux, le potentiel d’économies serait de l’ordre de 25 à 30 MTEP.
Une fois les objectifs posés, reste à déterminer les moyens de les atteindre. Les possibilités offertes par la mise en œuvre du protocole de Kyoto, que la Russie a ratifié en 2004, peuvent jouer un rôle d’incitation, de même que les politiques publiques. L’expérience de la France, en particulier celle accumulée par l’ADEME, a naturellement été mise en avant. La Russie dispose déjà de centres régionaux d’économies d’énergie, mais force est de reconnaître qu’une vraie politique, appuyée sur des instruments réellement opérationnels, fait défaut.
Dans les services collectifs, les politiques publiques, assises sur des outils de financement performants, peuvent s’avérer très efficaces - dès lors que l’on peut travailler dans la durée, avec des opérateurs techniquement compétents et des collectivités locales déterminées à réussir. Dans l’industrie, le calcul est très directement financier : le coût de l’investissement est comparé à la rentabilité de toute une gamme d’autres investissements possibles. Et cette comparaison risque d’être défavorable tant que les prix de l’énergie (ou plus précisément du gaz) seront faibles en Russie. Ce qui renvoie à un débat qu’ont bien connu les négociateurs européens de l’accession de la Russie à l’Organisation Mondiale du Commerce.....