La vodka est devenu très tôt un alcool très apprécié en Russie. Ivan le Terrible mit le monopole de l’Etat sur sa fabrication. Et ce fut le commencement de l’histoire de la vodka russe ! Elle fut distillée tout d’abord à Moscou (une première ’distillerie moscovite’ vit le jour et ce fut la ’Moskoskaya’).
On appelait l’eau-de-vie de bonne qualité « pennik », « eropheich » ou encore « larme de pain ». L’eau-de-vie de mauvaise qualité était « sivak », « brandikhlist » ou « la française de la 14e classe » (la catégorie inférieure des fonctionnaires dans la Table des rangs).
Tous ces termes méprisants sont appatus à partir de l’époque de Pierre le Grand car la qualité de la vodka russe devenait de plus en plus mauvaise. Catherine II, la reine russe, très inquiète par ce problème et surtout par la baisse des bénéfices, décide d’autoriser les nobles de distiller l’eau-de-vie dans leurs domaines. Ce fut l’époque où la boisson était de qualité unique et d’une pureté exceptionnelle.
Pour la noblesse russe, il en allait de l’honneur familial de distiller une vodka de très bonne qualité. C’était à cette période que la méthode de rectification par le charbon de bois a été inventé. Cependant la recette moderne de la vodka russe doit son existence à Dmitry Ivanovitch Mendeleyev, le célèbre chimiste créateur de la Table périodique. Ce fut lui qui a decouvert, que la proportion idéale de l’eau et de l’alcool dans la vodka, est de 40 degrés. En 1894 le gouvernement russe a délivré un brevet pour la vodka de Mendeleyev qui a reçu le nom « Moskovskaya Osobaya » (« la spéciale de Moscou »).
Le standard de 40° degrés a distingué à la fois la vodka russe des autres boissons alcoolisées d’Europe, dans lesquelles la proportion de l’alcool était soit moins importante ou excédait le « milieu juste » selon Mendeleyev. En outre, en Russie pour la fabrication on utilisait le seigle tandis qu’en Europe on distillait l’eau-de-vie essentiellement avec de la betterave ou des pommes de terre. Même Friedrich Engels a remarqué que la vodka de seigle donne bien plus mal aux cheveux, que celle des pommes de terre. C’était l’eau douce des rivières Russes qui bonifiait ce caractère à la vodka.
En Russie on buvait la vodka à la mode Russe - par les« charkas » (c’est à dire 150 g. à la fois. Dix « charkas » constituaient une « stopa ». Au XVIIIe siècle la « stopa » fut remplacée par la « shtof » (1,23 litres). La « moitié de litre » moderne est d’origine la moitié de la « shtof ». On vendait la vodka selon le poids, pas selon le volume, pour que la falsification soit impossible. Un seau de vodka devait peser 30 livres, l’augmentation du poids témoignait de l’eau ajoutée.
Dans la cuisine nationale russe, la vodka accompagne à merveille les plats gras de viande et les plats salés de poisson. On la recommande pour accompagner le jambon, la viande salée, les crêpes blinis (avec de l’huile, de la crème fraîche et du caviar), ainsi que les pelmeni. On boit aussi la vodka avec le caviar de saumon, le balik, le poisson salé et fumé. La vodka Russe se marie parfaitement avec les hors-d’œuvres de légumes, et en particulier le chou fermenté, les concombres, les champignons salés, les tomates et même les pastèques salées.

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