L’heure de gloire de la Russie a sonné. Elle glisse à présent sur la vague du succès et déclenche les passions. L’union sacrée avec les Etats-Unis contre le terrorisme a incontestablement fait d’elle un partenaire évident et inévitable pour la communauté internationale.
"La Russie est des nôtres" pourrait-elle se dire. Les dirigeants d’Etat se bousculent aux portes du Kremlin ; les messages de bienveillance à l’égard de la Russie se multiplient.
La réunion du forum économique international (WEF) qui s’est déroulé le 30 octobre à Moscou a confirmé les ardeurs amicales des nouveaux partenaires de la Russie. "Depuis le 11 septembre, la Russie est devenue partie intégrante de la communauté internationale" déclarait Klaus Schwab, le président du forum.
Vladimir Poutine joue sur du velours. Lors du forum, Il n’a plus été question pour lui de répondre à "who’s Mr Putin", de justifier la guerre en Tchétchénie ou la fuite des capitaux mais de noter la croissance économique de la Russie, de vanter les réformes en cours, de souligner les résultats déjà obtenus et de conforter les hommes d’affaires ou les investisseurs dans l’idée que leur intérêt à l’égard de la Russie est parfaitement opportun. Opportuns seraient également les 100 milliards de dollars d’investissements annuels indispensables à la Russie. "Notre pays est très prometteur et est le marché du futur. C’est pourquoi nous devons créer pour les entrepreneurs étrangers les conditions qui leur permettent de se sentir ici chez eux" a déclaré le chef de l’Etat russe devant l’auditoire du forum. Ce sentiment serait déjà présent. Vladimir Poutine s’est appuyé sur le fait très récent que la compagnie pétrolière américaine Exxon a décidé d’investir dans les 7 ou 8 prochaines années 12 à 15 milliards de dollars dans le projet d’extraction de pétrole Sakhaline II et 30 milliards de dollars jusqu’en 2030.
La Russie ne compte plus sur de nouveaux crédits et anticipe le remboursement des anciens, prévoit un budget 2002 excédentaire malgré la chute des prix du pétrole, réforme sa fiscalité pour activer les investissements, entame une débureaucratisation difficile de son administration... Vladimir Poutine a présenté une Russie qui change et qui chemine vers un avenir prometteur. "Nous serons heureux" répond le chef d’Etat russe à la question de savoir comment voyait-il l’avenir de son pays en 2010.
"L’intervention de Vladimir Poutine au forum est une véritable opération publicitaire" conclut le journal Vremia MN.
Vremia MN ; Vremia Novosteï ; Kommersant ; Vedomosti ; Nezavissimaia gazeta 31/10/01