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St-Pétersbourg

Le Cavalier de bronze

Le Cavalier de bronze se trouve là où il devait être, sur la place des Décembristes (ancienne place du Sénat). Catherine II l’inaugurera en 1782, pour le vingtième anniversaire de son règne avec la formule : ’A Pierre premier, Catherine seconde, 1782’.

Falconet avait besoin d’un grand pays, d’un grand projet et d’un grand mécène. Sculpteur réputé, élève de Jean-Baptiste Lemoyne, protégé de Madame de Pompadour et travaillant à l’atelier de la Manufacture de Sèvres, cet homme, à cinquante ans, décide de « quitter son paisible foyer, la maison qu’il a lui-même bâtie, les arbres qu’il a plantés, le jardin qu’il cultivait de ses propres mains » pour aller à Saint-Pétersbourg. Aujourd’hui, il est difficile d’imaginer St-Pétersbourg sans ce monument. Le Cavalier de bronze se trouve là où il devait être, sur la place des Décembristes (ancienne place du Sénat).

Au début de 1768, Falconet commença à travailler sur le monument. Il voulait saisir l’instant précis où, vigoureusement tenu par son cavalier, le cheval fougueux se cabre. Pour le « rocher escarpé », on découvrit à Lakhta, aux environs de Pétersbourg, une grosse roche appelée Tonnerre, qu’une légende rattachait au tsar : c’est en effet de là qu’observant le pays, Pierre le Grand aurait choisi l’emplacement de sa capitale. Pas moins de quatre cents hommes se relayèrent pendant neuf mois pour tirer cet énorme bloc posé sur une charrette de cuivre, qui se déplaçait à l’aide de boules roulant sur des chêneaux. Catherine II en personne vint assister à l’opération, et fit frapper une médaille commémorative de l’événement en 1770, année de la mise en place du piédestal. Remodelé d’après un dessin de Velten, le monolithe fut considérablement réduit. Il fallut encore douze ans pour que le monument soit entièrement réalisé, représentant finalement un cavalier sur un cheval cabré, gravissant une montagne escarpée, avec un serpent tentant d’arrêter les pas du cheval. On veut voir dans le serpent le symbole de l’envie, « mais cette idée n’est pas heureuse car, dans le fait, ce n’est pas l’envie qu’un souverain peut redouter : ceux qui rampent ne sont pas ses ennemis », remarquait Madame de Staël. En réalité, le serpent servait à équilibrer le monument. Catherine II l’inaugurera en 1782, pour le vingtième anniversaire de son règne avec la formule : « A Pierre premier, Catherine seconde, 1782 ». L’inscription figure en russe du côté de l’Amirauté et en latin du côté du Sénat :

Petro primo Caterina secunda MDCCLXXXII En quatre mots, « l’impératrice a su dire ceci : Tu étais grand, je suis grande. Tu avais du génie, j’ai du génie. Tu étais puissant, je suis puissante. »


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