Le 6 juin, les présidents russe et américain ont eu une conversation téléphonique. George W. Bush a téléphoné à son homologue russe pour lui annoncé que la Russie était dorénavant considérée par les Etats-Unis comme une économie de marché.
« Une futilité mais agréable. Les commentaires retenus du ministre de l’Economie russe, Guerman Gref, montrent que cette décision doit en effet être placée dans le rang des futilités agréables. L’événement a été qualifié par le ministre « comme une sorte de signe, de symbole en reconnaissance des réformes qui ont actuellement cours en Russie » » écrit le journal Vremia Novosteï.
Cependant, la reconnaissance américaine a une conséquence concrète : les produits russes ne pourront plus faire l’objet de mesures antidumping américaines. Aux Etats-Unis, une dizaine de sanctions sont en vigueur contre des produits russes, notamment le métal et les produits chimiques en provenance de Russie. Le coût de ces sanctions est estimé à 1,5 milliard de dollars par an. « Les entreprises américaines pouvaient facilement obtenir de leur gouvernement l’application de telles sanctions puisque l’économie russe n’était pas considérée comme une économie de marché » écrit le journal Vedomosti.
Un an auparavant, les autorités russes avaient demandé au ministère du Commerce américain de reconnaître une économie de marché en Russie en démontrant que tous les signes d’une telle économie étaient présents : conversion des devises, marché libre de l’emploi, investissements étrangers, privatisation des entreprises. C’est dorénavant chose faite. « Les entreprises russes auront plus de possibilité pour entrer sur le marché américain, pour les citoyens, de nouveaux emplois seront créés, enfin l’économie russe connaîtra une croissance de son PIB » a estimé Guerman Gref.
Le signe délivré par l’administration américaine alors que les Européens ont également annoncé qu’ils reconnaîtraient bientôt l’économie russe comme une économie de marché donne également un nouveau coup de pouce à la Russie sur sa longue route pour entrer à l’Organisation mondiale du commerce.
Kommersant, Vremia Novosteï 7-06-02