Lors de la visite de Jean Pierre Joullet, le président du club de Paris, le vice-Premier ministre russe chargé des Finances, Alexeï Koudrine, a déclaré que la Russie voulait rembourser avant terme une partie de sa dette au club de Paris.
" Nous allons diminuer le pic des remboursements en tenant compte des possibilités de notre budget " a déclaré Alexeï Koudrine. Selon le journal Internet Gazeta.ru, la Russie doit actuellement au club de Paris 34,8 milliards de dollars. Le pic des paiements dont parle le vice-Premier ministre intervient en 2003, année où la Russie devra débourser près de 19 milliards de dollars.
Alexeï Koudrine a précisé que pour l’heure le volume et les délais des remboursements ne sont pas discutés. Prochainement, le Club de Paris devrait recevoir une proposition officielle de la part des autorités russes.
Selon le journal Kommersant, sur un plan tactique, ce geste de bonne volonté est particulièrement bien pensé : en réponse aux critiques de créditeurs étrangers qui ont reproché à la Russie, au début de l’année 2001, de ne pas vouloir rembourser le Club de Paris, la Russie prouve finalement toute sa discipline de paiement et sa solvabilité. En gagnant de la sorte la confiance et la bienveillance de ses créditeurs, poursuit le quotidien, la Russie pourrait obtenir de ces derniers, en cas de conjoncture économique défavorable, des crédits plus aisément. Au demeurant, il semble que cette tactique soit déjà employée avec le Fonds monétaire international.
En octobre de cette année, la Russie a annoncé le remboursement anticipé des crédits du FMI qu’elle a contractés en 1998 afin de soutenir le rouble, soit 2,7 sur 4,8 milliards de dollars. En outre, une semaine auparavant la Russie a transféré au FMI sans difficultés 1 milliard de dollars.
A présent que les prix mondiaux du pétrole menacent l’équilibre du budget russe, Alexeï Koudrine sollicite le FMI afin de recevoir, en cas de besoin, un crédit dit de sécurité afin d’honorer sa dette envers le Club de Paris.
Selon l’ex-ministre des Finances, Mikhaïl Zadornov, le FMI n’accepterait l’octroi d’un crédit que dans le cas d’une balance des paiements négative. " Notre balance des paiements ne peut souffrir que si le prix du baril de pétrole atteint 12$ " déclare-t-il.
Selon le journal Vedomosti, en cas d’absence de crédit du FMI, la partie russe proposerait au club de Paris de rembourser sa dette en marchandises ou par le biais d’un échange " dette contre investissements ". Pour ce faire, la Russie devra obtenir l’accord de chacun des membres du Club.
Kommersant ; Vedomosti 24/10/01 ; Gazeta.ru 25/10/01