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2006




Les mass médias russes d’aujourd’hui

29 - 30 mars 2006

Les mass médias russes sont la vitrine de la Russie ainsi qu’un indicateur de ses libertés politiques et de son bien-être socio-culturel.

UNIVERSITE DE PARIS-SORBONNE (PARISIV)
Centre Malesherbes
CENTRE DE RECHERCHES SUR LES LITTERATURES ET CIVILISATIONS SLAVES
108, bd Malesherbes

COLLOQUE INTERNATIONAL "LES MASS MEDIAS RUSSES D’AUJOURD’HUI"

Centre de Recherches sur les Littératures et Civilisations Slaves
UFR d’Etudes Slaves

Ce colloque international qu’organise le centre de Recherches sur les Littératures et Civilisations Slaves de l’Université Paris-Sorbonne, "Les Mass Médias Russes d’Aujourd’hui" aura lieu les 29 et 30 mars 2006 à l’Institut d’Etudes Slaves (9, rue Michelet Paris 6e ) de 10 heures à 17 heures . Ce colloque devait avoir lieu à l’origine à la Salle des Actes en Sorbonne mais suite aux évènements survenus là-bas, nous avons été amenés à changer d’endroit.

Ce colloque réunira de nombreux chercheurs, journalistes et professionnels des médias de Russie, d’Europe et des Etats-Unis et nous permettra de débattre de ce thème très actuel.

La société du XXIe siècle est, plus que jamais, une société de l’information, c’est pourquoi l’étudier en faisant fi des formes, des principes et des particularités de ses médias est impossible. Les mass médias russes sont la vitrine de la Russie ainsi qu’un indicateur de ses libertés politiques et de son bien-être socio-culturel.

Les médias russes ont leur histoire qu’il faut prendre en compte pour analyser les traits spécifiques de leur pratique de la communication. Sans remonter à un passé lointain, nous pouvons distinguer plusieurs modèles de fonctionnement qui sont déterminés par un facteur commun : des relations étroites et réciproques entre les médias et le pouvoir.

Le premier modèle - le modèle soviétique - est celui de l’autoritarisme, qui ne prend fin qu’avec les premières années de la Perestroïka et l’apparition de la pratique de la Glastnost’.

Le deuxième modèle est celui du journalisme libre, libre vis-à-vis de l’Etat et des structures financières. Il correspond aux années 1990-1995 et était qualifié à l’époque de « quatrième pouvoir ». C’est à cette époque que sont apparus la très médiatique radio « L’Echo de Moscou » (« Ekho Moskvy ») qui est toujours aussi populaire aujourd’hui ainsi que le journal « L’indépendant » (« Nezavissimaja Gazeta »).

Mais les médias n’ont pu survivre longtemps dans les conditions de libre marché et ne tardèrent pas à tomber entre les mains, non plus du parti, mais de puissants groupes financiers qui se mirent à dicter leur politique. Les années 1996-2000 correspondent au modèle de type corporatif et autoritaire lié à ce que l’on a appelé les « guerres de l’information ».

Depuis l’année 2000, l’on assiste à un retour en force de la composante étatique dans les médias qui dure jusqu’à présent. Ainsi, l’Etat est devenu propriétaire de très grandes entreprises de télévision et de deux chaînes « supranationales »,ORT et RTR, dont la diffusion couvre l’ensemble du territoire de l’ex-URSS tandis qu’au niveau local, dans les régions, les médias dépendent financièrement des autorités locales.

Néanmoins, à partir de cette même année, la société s’est mise à donner des signes d’une grande désaffection liée à une grande lassitude à l’égard des médias trop politisés. Les spectateurs de télévision et les lecteurs se sont détournés des programmes et des journaux politiques, ce qui a eu pour effet la fleuraison des médias de divertissement, de « bas étage » ou « de boulevard », selon l’expression en usage ou encore, pour employer un terme plus neutre, des médias à visée purement commerciale. C’est aujourd’hui le seul modèle journalistique rentable.

Analyser le développement actuel des médias à la lumière de leur évolution historique représente l’un des grands objectifs de ce colloque.

Les médias russes actuels constituent un domaine remarquable par la richesse de leur variété et par la rapidité de leur évolution constante. Leur développement est lié aussi bien aux enjeux politiques qu’économiques. Les concepts de liberté de la presse et de l’opinion, largement reconnus par tous de nous jours, ont conduit à une croissance rapide des médias qui sont aujourd’hui, bien supérieurs quantativement aux médias soviétiques. Les médias sont devenu une branche importante de l’industrie : une média-industrie. De puissantes corporations médiatiques sont nées que l’on peut dissocier en deux catégories : celles motivées par les contingences politiques et celles vouées à la gestion d’intérêts purement commerciaux. Les médias de divertissement s’affirment de plus en plus comme possédant une vocation culturelle permettant le développement de domaines voisins. C’est ainsi que la télévision joue un rôle unique dans la renaissance du cinéma russe. Le film La 9e Compagnie (Devjataja Rota) de F. Bondartchuk, produit par la chaîne STS Média en 2005 en est un exemple éclatant.

Un des autres axes proposés pour notre colloque est l’analyse des médias comme nouvelle industrie de création culturelle.

Ces dernières années, la restructuration des médias s’est adaptée à l’évolution de la société et a transformé le consommateur type des ces mêmes médias : le lecteur de naguère est devenu aujourd’hui spectateur.

Cependant, la presse russe conserve toujours un lectorat nombreux, même si les tirages sont en nette diminution. Trois types de presse se partagent le marché. Le premier est constitué par les journaux à caractère politique et sociétal, appelés les « journaux pour tous » (« gazety dlja vsex ») qui visent un très large public, en pratique polyvalents, universels et non-spécialisés. Le deuxième type regroupe les éditions thématiques, spécialisées. Enfin, le troisième rassemble les journaux des partis politiques.

L’ensemble de cette presse écrite mérite l’attention des chercheurs par la spécificité de ses techniques de communication notamment en ce qui concerne les stratégies de communication dans la presse régionale. Il y a là un matériau considérable à étudier d’un double point de vue analytique et théorique. Il permettra de mettre à jour et de décrire les genres et les procédés nouveaux récemment apparus dans les médias russes.

La télévision, quant à elle, fera l’objet d’une section à part dans le colloque, et notamment l’étude comparée des chaînes d’Etat et des chaînes privées ainsi que des chaînes moscovites et régionales.

Aujourd’hui, la télévision est devenue la première source d’information pour la majorité de la population. Près de 40% des Russes regardent quotidiennement le journal télévisé sur des chaînes émettant de Moscou (à titre de comparaison, les lecteurs de la presse quotidienne ne dépassent pas les 20% de la population). Le véritable espace d’information russe commun à tous est l’espace télévisuel. Quelles sont les émissions les plus populaires et pourquoi le sont-elles ? Qu’est-ce qui distingue la télévision russe de la télévision occidentale ? Utilise-t-elle le modèle européen ou le modèle américain ? Quelles sont les parts de programmes accordées respectivement à l’information et au divertissement sur le « petit écran » ? Existe-t-il une spécificité de la pratique de la télévision dans le PAR (Paysage Audiovisuel Russe) et quelle serait-elle ?
Une autre section du colloque sera consacrée à cette innovation importante qu’est le journalisme électronique. Internet constitue, en Russie comme ailleurs, une véritable révolution sociétale au niveau de l’information et de la communication. Internet joue le premier rôle dans la mondialisation de l’information en permettant l’échange des informations dans le monde entier et créant ainsi un nouvel cyber-espace informatif. Il existe aujourd’hui en Russie des centaines d’éditions électroniques et la plupart des journaux ont leur version en ligne. L’Internet russe possède un genre, un style et une poétique qui lui sont propres. C’est ainsi que, par exemple, les journaux électroniques sont fondés sur le principe du renouvellement constant du matériau. La fin d’un événement entraîne à son tour la disparition du matériau avec lui. Les journaux électroniques sont donc de véritables hypertextes. Grâce à eux, le lecteur acquiert les compétences de l’auteur lui-même, celles du collecteur de l’information. La lecture de l’information devient enquête et ouvre de nouvelles possibilités pour la réception et l’appréciation.

Il convient cependant de noter que l’accès à Internet reste limité en Russie, en premier lieu pour des raisons financières. En 2005, l’on comptait environ 10 millions d’internautes dont 4,5 millions avaient un accès à domicile. Cela crée des rapports et des configurations particulières au sein du Web russe que le chercheur se doit de prendre en compte.

L’objectif de notre colloque est donc de présenter et de décrire le paysage médiatique russe actuel ainsi que d’analyser la spécificité des techniques russes de communication en comparaison avec leurs homologues occidentaux mais aussi dans le contexte de leur propre histoire.

Le thème choisi pour ce colloque international organisé par le Centre de recherches sur les littératures et civilisations slaves se trouve au carrefour de plusieurs disciplines : la culturologie, la linguistique, la théorie et la pratique du journalisme, la psychologie sociale, l’histoire, la politologie, la sociologie et l’économie. C’est pourquoi, nous invitons un large cercle de spécialistes de réputation internationale représentant des disciplines et des approches diverses à participer à ce travail commun. Aux côtés des théoriciens, une large place sera faite aux praticiens, aux journalistes des trois médias : télévision, radio et presse écrite.

Nous espérons que ce colloque nous aidera à mieux comprendre la société russe, ses aspirations et ses exigences dans le domaine des médias, l’originalité de son mode de production et de réception de l’information et qu’il nous aidera, enfin, à mieux décrire les principes de communication grâce auxquels l’espace informatif et médiatique de nos deux pays pourrait fonctionner dans la réciprocité.

Nora Buhks
Organisateur du Colloque
Professeur à l’Université Paris-Sorbonne
Directeur du Centre de Recherches sur les
Littératures et Civilisations Slaves


PROGRAMME

Suite aux évènements survenus en Sorbonne, nous sommes obligés de changer de lieu pour le déroulement du colloque. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser et de bien noter les différentes adresses indiquées ci-dessous :

Journée du 29 mars 2006 à l’Institut d’Etudes Slaves
9, rue Michelet
Paris 6e
( M° Port-Royal)

- 10h : Allocution de M. BREUILLARD et de Mme BUHKS

Président de séance : Marie MENDRAS (Politologue au CNRS, enseignante à l’Institut d’Etudes Politiques, Sciences-Po Paris)

- 10h 30 : Alexey VENEDIKTOV (Rédacteur en chef de la radio L’écho de Moscou) :
Les changements de la situation de la presse écrite

- 11h : Anna KACHKAEVA (Professeur à MGU, journaliste, responsable de la rédaction de Radio Liberty à Moscou)
Deux télévisions, deux pays : quelle Russie montre-t-on à la télévision régionale ?

- 11h30 : DISCUSSION

Président de séance : Alexandre RODNANSKY (Président de la chaîne STS Media)

- 11h 45 h : Alexandre AKOPOV (Producteur, dirige actuellement le groupe TV AMedia)
La télévision et le cinéma russes aujourd’hui

- 12h 15 : Véronique JOBERT (Professeur à Paris IV)
Le journal Novaja Gazeta : le journal des « sujets qui fâchent »

- 12h 45 : DISCUSSION

- 13h-14h30 : DEJEUNER

Président de la séance : Nora BUHKS (Professeur à Paris IV)

- 14h 30 : Alexander MELIKHOV (Ecrivain, journaliste)
Communismes, nationalismes, libéralisme- une concurrence de rêve

- 15h : DISCUSSION

- 15h 15- 16h 15 : Gleb PAVLOVSKY (Conseiller politique, président de la Fondation de la Politique Effective, rédacteur en chef et éditeur du Journal Russe, professeur à l’Université de Moscou à la Haute Ecole d’Economie)
Le krach de l’information réelle dans le discours public russe

- 16h 15 : DISCUSSION

- 17h : Fin de la première journée
Journée du 30 mars 2006 au Centre Culturel de la Russie , 61, rue Boissière Paris 16e (M° Boissière/ Victor Hugo )

Président de la séance : Véronique JOBERT (Professeur à Paris IV)

- 10h : Arina BORODINA (Journaliste à Kommersant)
La télévision indépendante NTV : son rôle et sa politique dans les médias russes actuels

- 10h30 : Elena PENSKAYA (Professeur à la Haute Ecole d’Economie à Moscou)
Presse écrite et presse électronique : concurrence ou partenariat

- 11h : DISCUSSION

- 11h15 : Nora BUHKS (Professeur à Paris IV)
“Každyj ohotnik želajet znat’ gde sidit fazan” ou l’information comme telle

- 12h : Vladimir KHANUMYAN (Rédacteur en chef de la chaîne TV STS Media Régionale)
La sémiotique du quotidien à la télévision

- 12h 30h : DISCUSSION

- 13h - 14h 30 : DEJEUNER

Président de séance : Alexey VENEDIKTOV (Rédacteur en chef de la radio l’Echo de Moscou)

- 15h : Peter VAIL (Journaliste, écrivain, rédacteur en chef de la rédaction russe de la Radio Liberty à Prague)
Tradition et intonation : la Radio Liberté sur le marché de l’information en Russie

- 15h 30 : DISCUSSION

- 16h- 16h 45 : Alexandre RODNANSKY (Président de la chaîne STS Media)

Le rôle de la télévision de divertissement dans le processus de la transformation de la société

- 16h 45 : DISCUSSION

- 17h30 : CLOTURE DU COLLOQUE

Les participants et les auditeurs du colloque sont conviés à un buffet déjeuner à midi la deuxième journée du colloque.




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