Des milliers de personnes sont venues rendre hommage à la journaliste.
Pour Poutine, Anna Politkovskaïa n’a joué qu’un rôle "insignifiant" en Russie.
Les propos du président Poutine soulèvent de nombreuses réactions. Les propos de Vladimir Poutine sur la journaliste russe assassinée, Anna Politkovskaïa, dont il a jugé le rôle "insignifiant", ont suscité la stupéfaction mercredi à Moscou. "Oui, effectivement, cette journaliste a été une critique acerbe du pouvoir russe. Mais (...) sa capacité d’influence sur la vie politique du pays, en Russie, était extrêmement insignifiante", a déclaré mardi le président russe.
"C’est une grave erreur du président", a déclaré (à 18 mois de l’élection présidentielle) le chef de l’Union des Journalistes de Russie Vsevolod Bogdanov. "Il s’est trompé dans son appréciation du rôle de Politkovskaïa dans la société russe, beaucoup de gens ne sont pas de son avis et les milliers de personnes venues à son enterrement le prouvent", a-t-il ajouté.
"Ce meurtre cause à la Russie (...) plus de dégâts et de dommages que ses publications", avait ajouté le président. Pour le politologue Sergueï Markov, proche du Kremlin, "Poutine a assez clairement et précisément exprimé sa pensée, c’est-à-dire que le pouvoir russe n’avait pas intérêt à tuer Politkovskaïa" et que "donc le commanditaire de ce meurtre" doit être "recherché parmi ceux qui veulent nuire au pouvoir".
Pour M. Markov, le président visait le milliardaire russe controversé "Boris Berezovski", en exil, et Léonid "Nevzline", l’un des principaux associés de Mikhaïl Khodorkovski, ex-patron du géant pétrolier russe Ioukos condamné à huit ans de prison. Pour lui, M. Poutine s’est défendu "contre une massive campagne de relations publiques destinée à montrer primo que c’était une journaliste influente et deuxièmement que le pouvoir russe avait intérêt à la tuer" et à ces deux affirmations M. Poutine "a dit ce n’est pas vrai".
Qu’ils l’aient lue ou pas, connue ou pas, les Moscovites interrogés dans la rue au lendemain de son assassinat se montraient concernés par cet événement. "Cela dépasse toutes les limites, on tue les journalistes honnêtes, de vrais journalistes. Je suis persuadée que le pouvoir ne fera rien et que ce crime sera impuni", avait déclaré Olga Victorovna, 50 ans.
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